16.01.2012
Cours de jardinage potager bio : préparons le printemps du micro-potager !

Les samedis 28/1, 11/2 et 3/3/2012, l'asbl Les Jardins de Pomone dispensera 3 cours de jardinage potager bio spécialement adressés à toutes celles et ceux qui - habitant en ville ou dans sa périphérie - souhaitent néanmoins cultiver quelques légumes hors du commun ou des plantes aromatiques culinaires dans leur jardin ou sur leur balcon, pour leur propre consommation familiale.
Ces trois cours seront donnés au profit de la Ferme Nos Pilifs, une louable entreprise de Travail Adapté qui occupe près de 150 personnes handicapées dans des activités variées comme la manutention, l'entreprise de jardins, la pépinière, l'estaminet, l'épicerie et la ferme d'animation.
Amoureux du jardinage, nous vous proposons de soutenir ensemble cette sympathique entreprise qui oeuvre avec efficacité pour l'intégration de la personne handicapée dans notre société. Comment ? En vous inscrivant dès à présent à une ou plusieurs formations de votre choix dans le vaste programme de formation 2012 organisé par Nos Pilifs ! Et vous pourrez en profiter pour découvrir une des plus belles et plus vastes jardineries de la région bruxelloise.
C'est avec plaisir qu'Anne et José retrouveront sur place les Amis, Membres et sympathisants des Jardins de Pomone. Si le coeur vous en dit, soyez des nôtres pour aider une bonne cause !
Voici le programme et les informations pratiques pour votre inscription. Veuillez noter que les réservations ce font uniquement par mail adressé directement à la Ferme Nos Pilifs, qui gère l'organisation et accueille l'événement :
- Samedi 28 janvier 2012, de 14h00 à 16h00
Réussir ses semis de printemps
Cultiver soi-même la différence alimentaire : une clé d'accès à l'alimentation saine, durable et agréable - La graine, semence de vie intégrée dans la Nature
- Samedi 11 février 2012, de 14h00 à 16h00
Préparation et entretien du sol au potager
Un important volet sera consacré au compostage et aux amendements organiques
- Samedi 3 mars 2012, de 14h00 à 16h00
Pourquoi et comment cultiver sans pesticides
Les acteurs innombrables de l'équilibre biologique au service de l'environnement et du jardinier
- C'est où ?
Rendez-vous au centre de la cour de la Ferme
Cliquez ici pour accéder au plan d'accès
347, Trasserweg 1120 Bruxelles (Neder-over-Hembeek)
- C'est combien ?
Le prix des ateliers est fixé à 10 euros par personne, incluant un bon d'achat de 5 euros valable pendant un an à la jardinerie de la Ferme Nos Pilifs
- Comment faut-il s'inscrire ?
En adressant votre demande de participation uniquement par mail à l'adresse électronique ci-après.
A très bientôt !
Anne et José

(Crédit photographique : Saveurs paysannes)
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05.01.2012
KALOUPILÉ ou "FEUILLE DE CARI" : plante aromatique culinaire

Le Kaloupilé ou Cari
Ce sont les feuilles qui sont consommées pour leur pouvoir aromatique (ou plus exactement les folioles, parties du limbe d'une feuille composée).
Des versants de l'Himalaya jusqu'au Sri Lanka, du Golfe d'Oman au Golfe du Bengale, la cuisine populaire indienne ne serait pas ce qu'elle est sans la "feuille de cari" ('Curry leaf' des Anglais) ou kaloupilé. C'est une des plantes aromatiques les plus utilisées dans tout le subcontinent indien. Elle est également très présente dans la cuisine thaïlandaise, dans les cuisines birmane, malaise et vietnamienne.
Le kaloupilé - plus souvent désigné sous le nom de "cari" ou de "curry" - est notamment un des ingrédients de base de tous les "curries" traditionnels (le mot "curry" étant alors utilisé dans son sens le plus propre, c'est-à-dire celui qui désigne un mélange d'épices et non un plante.)
Le nom scientifique du kaloupilé est Murraya koenigii Sprenger. Cette plante se présente sous la forme d'un petit arbre tropical dont la taille, assez variable dépasse rarement 5 m. Il est fort apparenté avec le citronnier ou l'oranger (famille botanique des rutacées). Dans son aire de répartition, il est à la fois très présent à l'état sauvage et à l'état domestique. Dans les jardins, il est apprécié et fréquent comme plante ornementale.
Abondant et bon marché en dans les pays où il pousse naturellement, on trouve les feuilles fraîches du kaloupilé sur tous les marchés locaux. En Occident, par contre, on ne trouvera généralement que des feuilles séchées dont l'essentiel de l'arôme s'est perdu. (A Bruxelles en particulier, trouver des feuilles fraîches n'est pas vraiment une sinécure. En tous les cas, pas chez Colruyt, Carrefour, Delhaize et consorts ...! Mieux vaut s'orienter directement vers les commerces asiatiques de gros et demi-gros du centre de la ville qui fournissent la branche asiatique du secteur Horeca.)
Sauf en pot et en serre, il n'est pas sérieusement envisageable de cultiver cette plante tropicale - au parfum et au goût rappelant le curry - dans nos régions. (Alternativement, je rappelle par contre aux plus de 2000 visiteurs de nos potagers cet été qui l'on découverte in situ, et aux autres, qu'il existe une plante de garrigue d'excellente rusticité, qui peut parfois remplacer le kaloupilé. Il s'agit de l'hélichryse d'Italie, plus connue sous ses noms populaires de "plante-curry" et "herbe-au-curry" (Helichrysum italicum [Roth] Guisone). Mais il faut bien en convenir, le parfum et la saveur de l'hélichryse, très agréables, sont nettement moins accentués que ceux du kaloupilé.

Photo ci-dessus : feuillage de l'hélichryse d'italie, dite "herbe-au-curry" ou "plante curry"
Il ne faut pas confondre le kaloupilé (feuilles de cari), arbuste exotique, avec l'hélichryse (herbe-au-curry), petite plante lamiacée méditerranéenne remarquablement rustique dans nos régions tempérées. Botaniquement très différentes, ces deux espèces ont cependant en commun un parfum de curry.
Photo ci-dessous : fleurs (non écloses) de l'hélichryse d'italie, dite "herbe-au-curry" ou "plante curry"

La feuille de kaloupilès ou cari est une feuille dite "composée", c'est-à-dire formée de folioles (ou petites feuilles; une douzaine dans son cas ) formant ensemble, avec le pétiole et sa base, une feuille véritable. Ce sont évidemment les folioles qui sont le plus appréciés en cuisine.
La feuille de cari est vert brillant, plus foncée au-dessus qu'en-dessous. Elle ressemble assez bien à une feuille de laurier-sauce. C'est l'ingrédient essentiel de la préparation des célèbres mélanges d'épices indiens connus sous les noms de "curry de Madras" et de "massalas".
NB : La distinction - utile, mais pas assez respectée - qui serait à faire entre un "curry" et un "massala" est que le premier est une poudre, tandis que le second est une pâte humide. Dans les deux cas, on retrouve généralement les épices suivantes en proportions très variables selon les régions : asa foetida ou fenouil - cannelle - clou de girofle - coriandre (en graines) - cumin - curcuma - fénugrec - gingembre - moutarde - poivre noir du Kerala ... A noter aussi que le terme cari (et ses variantes, kari ou kaari) provient de la langue vernaculaire du Tamil Nadu, Etat du sud de l'Inde, et qu'il désigne au sens premier la sauce qui accompagne le riz.
Les feuilles fraîches sont utilisées par les autochtones pour rehausser tous les plats de viande épicés et les curries.
Les feuilles séchées, que l'ont trouve parfois dans nos commerces occidentaux, n'ont presque plus de goût. Dans le meilleur des cas, elles sont emballées sous vide, ce qui leur conserve quand même un peu de leur couleur verte et de leur arôme.
En cuisine, on peut aussi nouer quelques feuilles avec du fil alimentaire (comme pour le classique "bouquet garni"). Ce bouquet parfumera délicieusement des légumes cuits à la vapeur; en soupe ou en ragoûts. On peu aussi l'ajouter à l'eau de cuisson du riz ou dans une marinade relevée.
En médecine ayurvédique, outre les feuilles largement consommées pour lutter contre la constipation et les coliques, on utilise ausi l'écorce du kaloupilès (la vraie, pas du "bois de cagette", comme me l'écrivait plaisamment il y a quelques jours une charmante lectrice provençale de ce blog à propos des produits Ducros !) pour aider à une bonne digestion. Une tisane d'écorce, de racine ou de feuilles fait également baisser la tension. C'est très objectivement constaté en ce qui me concerne, et je ne m'en prive pas.
Votre bien chlorophyllement dévoué,
José

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27.12.2011
FLEURS DE TILLEUL et AUBIER: "Que toujours vive le tilleul en Baronnies"

Un petite escapade d'automne plus qu'agréable nous a ramené, Anne et moi, dans la Drôme provençale. Comme base de notre séjour, nous avions choisi le petit village de Buis-les Baronnies. Et ce choix ne devait pas grand-chose au hasard. Le territoire des Baronnies, c'est un véritable petit paradis où abondent les plantes aromatiques, médicinales, tinctoriales d'une part; vignes, oliviers, arbres fruitiers, platanes et tilleuls d'autres part. Bref, vraiment pas de quoi laisser indifférents les amoureux de la Nature ... à plus forte raison s'ils sont curieux et gourmands !
Accueillis par Christiane et Bruno Quidet, deux grands passionnés de cuisine, nous avons logé à la Maison d'Aurette, dont les chambres d'hôtes sont parmi les plus recommandables de la région. On n'aurait pas pu faire de meilleur choix. Outre tous les équipements de confort matériel (jusqu'à une bibliothèque en chambre), la gentillesse et la disponibilité de Christiane et Bruno nous a beaucoup surpris, plu et touché. Quant à la cuisine servie à la table d'hôtes, elle était délectable et pleine d'authencité. Nous n'oublierons pas de sitôt les fameuses "Courgettes de Madame Flammarion" préparées spécialement par Bruno...

Deux matinées par semaine, la vie de Buis-les-Baronnies est rythmée par son marché provençal. On y trouve de tout : alimentation, fleurs, plantes, vêtements, livres, disques ..., dans une ambiance colorée et festive qui n'a pas d'équivalent dans le Nord. Ici, les marchands ambulants sont souvent de tous petits producteurs locaux qui n'ont que quelques légumes ou fruits à écouler, la plupart de saison et issus de la culture biologique à des prix très modérés.



Mais ces deux marchés hebdomadaires - s'ils sont aussi fort fréquentés par les touristes n'ont - à proprement parler - qu'une vocation locale. A Buis, il n'y a pas d'hypermarchés ni de superettes, et la ménagère autochtone remplit son panier de provisons d'une manière beaucoup plus éco-responsable et moins "matraquée" que ses consoeurs des grandes cités, réduites à faire leurs achats en "mégazone" de chalandise urbaine ou péri-urbaine.
Pourtant, une fois par an, le troisième samedi du mois de juillet, le marché de Buis-les-Baronnies devient le plus important marché au monde avec une grande spécialité locale : le TILLEUL !
- Ah oui, me direz-vous, Buis c'est assez proche de Carpentras. Et la fleur séchée du tilleul de Carpentras, c'est la plus parfumée et la plus convoitée au monde. (C'est d'ailleurs ce que j'ai cru moi-même fort longtemps. Mais c'est une erreur, presque une usurpation !) Les Buxois se feront un plaisr de vous corriger. Excusez du peu ! Le tilleul officinal de Carpentras, cela n'existe pas ! Oui, il y a bien des tilleuls autour de Carpentras, mais cela ne donne pas le produit d'excellence des Baronnies.
Cette confusion - pas tout à fait innocente - date de la seconde moitié du XIXème siècle, époque à laquelle le véritable tilleul des baronnies était acheminé sur des chariots vers la gare ferroviaire la plus proche, celle de la petite ville de Carpentras, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Buis.
Il faut savoir que le tilleul officinal des Baronnies - dit improprement "de Carpentras"est un produit de qualité réellement supérieure. Avec ses 2 à 5 fleurs par bractées, il donne une huile essentielle aux propriétés pharmacologiques remarquables : calmantes, antispasmodiques, voire très légèrement hypnotiques. Les arbres qui produisent ses fleurs appartiennent à une espèce particulière de tilleul que les botanistes appellent tilleul à grandes feuilles, ou plus scientifiquement tilia platyphyllos Scop. (Chez nous, en Belgique, les tilleuls que l'on rencontre parfois encore le long de quelques avenues, dans les parcs et à la campagne sont à de rares exceptions près, soit le tilleul à petite feuille -Tilia cordata Mill. -, soit le tilleul de Hollande -Tilia x europaea Hayne -.). Inutile de dire que celui qui est récolté sur les hauteurs de Buis et environs est de tous le plus délicieusement parfumé. Et pour cause ! Le terroir offre à ce bel arbre non seulement une ensoleillement exceptionnel et des vallées qui le protègent des fortes gelées en hiver, mais encore des emplacements fertiles en altitude où il échappe aux aléas des grandes canicules estivales. Dans ces conditions, le tilleul à grandes feuilles pourrait atteindre à maturité une taille de plus de 30 mètres de hauteur. Mais la pratique culturale locale ne le laisse plus dépasser 15 m, sans doute pour rendre les récoltes moins acrobatiques.
Dans les Baronnies de Haute-Provence, la présence du tilleul est fort ancienne, comme l'est la récolte de ses fleurs. Mais cette récolte n'était pas à proprement parler une réelle ressource économique pour le pays. Pendant fort longtemps, les paysans avaient majoritairement préféré la culture du mûrier en vue de l'élevage du ver à soie (sériciculture), ou celle d'une plante appelée la garance des teinturiers (De la racine de la garance, on pouvait extraire un beau colorant rouge). Ces deux matières premières étaient fort prisées par les grandes manufactures textiles du Lyonnais et, jusqu'au 19ème siècle, ont été les deux premiers atouts économiques de l'agriculture buxoise.
A partir de 1860, sous le Second Empire, une étrange maladie décime brutalement et à grande échelle les bombyx.(*). De nombreuses magnaneries (fermes d'élevage du ver à soie) doivent fermer leurs portes. La sériciculture périclite.
- Les bombyx sont ces papillons qui pondent leurs oeufs sur les feuilles des mûriers, et dont la chenille est le "ver à soie". Lorsque la nymphe de ce ver se transforme en chrysalide, elle émet une bave qui forme en séchant une fibre très fine et résistante dont elle confectionne son cocon. C'est ce cocon, constitué plusieurs milliers de mètres de fibre qui va être travaillé par l'homme pour être transformer en fil de soie.
Comme l'infortune vient rarement seule, à la même époque, la valeur marchande de la teinture de garance s'effondre, de plus en concurrencée par les colorants chimiques. La région serait sinistrée, s'il n'y avait ... les tilleuls des Baronnies. Quelle opportunité ! Les infusions de fleurs et d'aubier de tilleul (partie tendre du bois prélevée juste sous l'écorce, riche en protéines et connu depuis l'Antiquité pour ses nombreuses propriétés curatives) sont très à la mode à Paris et dans les grandes villes. La bougeoisie aisée en réclame encore et encore. Les prix explosent sur le marché. Pour les producteurs des Baronnies, c'est une aubaine. Buis s'enrichit rapidement, et avec elle les communes proches de Bénivay, Pierrelongue, Eygaliers, Plaisians, Sainte-Euphémie ... ).

Cette prospérité retrouvée grâce au tilleul, se renforcera encore pendant les décennies suivantes. En 1908, la production atteint le respectable niveau de 4 tonnes de fleurs de tilleul séchées vendues à haut prix.. A la veille de la seconde guerre mondiale, en 1939, cette production est déjà passée à 193 tonnes (près de 50 fois plus !!!). La guerre éclate. La France est occupée. Est-ce la fin de cette période de prospérité pour le tilleul des baronnies ? Non? Bien au contraire. Les denrées coloniales ne sont plus importées dans un pays sous occupation allemande. Les thés en provenance d'Asie font cruellement défaut ou sont hors de prix. On les remplace donc par d'autres produits, dont le tilleul. Finalement, la production buxoise de fleurs de tilleul ne cessera de croître jusqu'en 1958. Cette année-là, un record absolu est atteint : 400 tonnes ! Alors, progressivement, les prix vont chuter et la production va diminuer.
Les gros producteurs buxois de tilleul se reconvertissent peu à peu. Ainsi l'exemple célèbre de la famille Ducros, dont deux membres - Gilbert et Marc - créeront à partir de 1963 un florissant commerce d'épices et de plantes aromatiques culinaires conditionnées en petits flacons de verre d'un design nouveau et dont les produits envahiront tous les rayons de supermarchés à travers le monde. Qui ne connaît pas la marque Ducros aujourd'hui ? Il est vrai que cela n'a plus rien à voir avec les deux frères buxois, ni même avec la petite ville de Buis. Depuis l'an 2000, Ducros est devenu une filiale du géant américain McCormick, lequel a réalisé l'année dernière (2010) une chiffre d'affaire de ... 3,3 millards de dollars.
A défaut de produire encore en quantité, Buis a cependant su préserver la qualité artisanale traditionnelle de ses fleurs de tilleul. De nombreuses initiatives locales perpétuent d'ailleurs avec passion le savoir-faire de quelques petits producteurs et l'excellente image de marque acquise auprès d'une clientèle internationale de connaisseurs.
Parmi ces initiatives, une des plus marquantes et des plus folkloriques est la création d'une Confrérie des Chevaliers du Tilleul. Le premier chapitre s'est tenu avec faste le 2 juillet 1986. Pour être élevé au rang de dignitaire et de chevalier, il faut prêter le serment fameux :
UT SEMPER IN BARONNIS TILIA VIVAT
(Que toujours le tilleul vive en Baronnies.)
et boire le CASTILLOU, le noble breuvage des Chevaliers. Il va sans dire que ce breuvage est préparé avec des fleurs de tilleul. Si vous êtes en quête d'ardeur chevaleresque, en voici l'authentique recette :
Faire infuser 25g de fleurs séchées dans un litre d'eau bouillante, filtrer, laisser tiédir, ajouter 40g de sirop de cassis, 40g de sucre en poudre, le jus de 2 citrons, mélanger, laisser reposer et boire frais à la température de 4°C environ... une boisson délicieuse et rafraîchissante!
Votre bien cordialement dévoué,
José
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04.11.2011
Le BEAUJOLAIS NOUVEAU va arriver ... et les "Vieilles vignes" de Quincié aussi!

Vignobles, cépages et vins :
Le beaujolais nouveau va arriver ...
et les "Vieilles Vignes" de Quincié aussi
Le vin Beaujolais autrement ! Nos amis Annie et Jean Berthelot accompagneront Claudette et Patrick Verchère à Meeffe (commune de Wasseiges, Province de Liège) le samedi 26 novembre prochain, de 14 à 19h30, pour vous faire déguster gratuitement leurs meilleurs vins. (Voir détails dans cet article)
Fin octobre 2011, Anne et moi avons revécu le bonheur de traverser le Beaujolais et d'y découvrir en cette saison le plus escarpé des vignobles de France enchanté par le chatoiement de ses couleurs d'automne. Quel plaisir pour les yeux ! Et pour les sens aussi ! (La Revue du Vin de France ne l'a-t'il pas sublimé en le qualifiant du "plus sensuel des vignobles" ?
Cette région produit tant de vin que Léon Daudet (Oui, le fils d'Alphonse, des "Lettres de mon moulin" !) en a stigmatisé l'abondance dans cette note humoristique :
"Lyon, capitale de la cuisine française, est parcourue en dehors de la Saône et du Rhône, par un troisième fleuve, celui du vin rouge, le Beaujolais, qui n'est jamais limoneux ou à sec."
Une des caractéristiques essentielles des vins du Beaujolais, c'est qu'ils sont élaborés à partir des raisins d'un seul et même cépage, rarement utilisé ailleurs pour obtenir du vin rouge : le gamay noir à jus blanc. Ce cépage fruité et juteux se prête particulièrement bien à la fameuse "méthode beaujolaise" de vinification, un technique locale probablement unique au monde qui se caractérise notamment par la macération carbonique de grappes entières, donc à cueillir manuellement.
Compte tenu de l'escarpement des côteaux (pour plus de la moitié du vignoble, la pente dépasse 20% !) et de la forte densité de plantation, le travail dans les vignes n'est pratiquement pas mécanisable et implique beaucoup de main-d'oeuvre. Quant aux vendanges, elles restent entièrement faites à la main. Il s'agit là de cueillir du raisin bien mûr et d'en garder le grain intact jusqu'au cuvage.
En appellations régionales, on trouve du Beaujolais qualifié officieusement de "tout court", et du Beaujolais-villages AOC. Pour cette seconde appellation, le nom de beaujolais est associé à celui de communes énumérées dans un vieux décret républicain de 1937.
Le vin du Beaujolais, c'est aussi 10 crus liés à des terroirs remarquables : Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié, Saint-Amour (La vente de ce dernier explose chaque année à la mi-février, pour la fête de Saint-Valentin ! Mais il n'a pas la distinction bien établie d'un Moulin-à-vent par exemple.)
Quoi qu'il en soit, ces aires de productions sont assez restreintes et plutôt réservées aux connaisseurs. La grande vedette médiatique des vins du beaujolais, c'est bien sûr le vin de primeur le plus populaire au monde : le BEAUJOLAIS NOUVEAU.
Parmi les vins de primeur, l'arrivée du BEAUJOLAIS NOUVEAU sur le marché s'est élévée en une soixantaine d'années au rang d'un véritable rite populaire de dégustation qui a pris au fil des ans une dimension internationale stupéfiante.
S'il est indubitable que cet engouement du public doit beaucoup aux techniques de marketing bien concertées et affinées pendant des décennies - avec les vicissitudes que l'on devine pour la qualité du produit -, il faut bien reconnaître que nous sommes majoritaires ici en Belgique à souscrire au moins une fois chaque année à ce rite dégustatif ... histoire de ne pas outrager Bacchus et notre part de culture française. Dès le troisième jeudi du mois de novembre, toutes les adresses gourmandes des grandes capitales affichent à l'unisson : "Le Beaujolais nouveau est arrivé !".
Autrement dit, en 2011, c'est le 17 novembre prochain que nous retrouverons ce vin jeune, léger et fruité dans tous les commerces et les restaurants, et qu'il sera difficile d'échapper à la tradition.
Ni Anne, ni moi ne nous déroberons à cet usage convivial partagé avec nos amis. Néanmoins, la qualité de ce vin primeur pour lequel la demande commerciale explose en même temps que l'offre laisse trop souvent à désirer. Et, il faut bien le dire, l'étiquette d'une bouteille n'est pas nécessairement la garantie d'un produit bien typé. Le vin nouveau du Beaujolais est un phénomène éphémère dont le véritable plaisir de le consommer dépend bien plus du savoir-faire de vignerons chevronnés que des mécanismes du marketing et de la normalisation par les coopératives.
Direction Quincié
De Belleville sur la Saône, nous remontons vers le mont Brouilly par la route qui conduit à Beaujeu. Nous quittons cette route après Cercié, en direction de Quincié-en-Beaujolais. L'activité essentiellement viticole de ce petit village de près de 1200 habitants repose sur trois AOC : Beaujolais - Beaujolais-villages - Brouilly. Là et aux alentours subsiste encore une petite poignée de vignerons d'une race pour qui tradition, savoir-faire et travail bien fait prévalent sur les dérives modernisantes et des considérations commerciales fort soucieuses de promotionner le nom d'un produit plutôt que sa qualité authentique. Parmi ces vignerons qui ont travaillé avec passion, compétence et opiniâtreté, j'épingle les familles Pivot* et Berthelot.
Oui, Bernard Pivot, le célébre journaliste et critique littéraire de la télévison française ("Apostrophes", "Bouillon de cultures"), par ailleurs père de la redoutable "dictée" qui porte son nom et membre de l'Académie Goncourt (2004), appartient à cette famille. Et ce n'est certes pas par hasard que cet enfant du pays a publié un "Dictionnaire amoureux du Vin" (paru chez Plon, en 2006).
Annie et Jean Berthelot sont les propriétaires du domaine de Romarand, admirablement installé sur les hauteurs de Quincié. Leurs vignes dominent à l'arrière des imposantes bâtisses du domaine. Certaines ont plus de 130 ans d'âge et sont la fierté de ce sympathique couple "quinciaton" (merci Bernard!) aujourd'hui à la retraite qui s'est battu pendant des décennies pour protéger ce merveilleux patrimoine végétal qui leur permet de produire leur meilleur vin (à mon avis, d'ailleurs très partagé).
Jean Berthelot, propriétaire du domaine de Romarand, à Quincié-en-Beaujolais.
Robuste septuagénaire à l'oeil pétillant, toujours "bon pied, bon oeil et ... bonne fourchette" qui a fait honneur au métier de producteur-viticulteur de son terroir. Aujourd'hui, avec Claudette et Patrick Verchère, c'est une génération plus jeune qui a pris en charge de perpétuer les valeurs de leurs aînés.
Ces deux personnages attachants, Anne avait fait leur connaissance à l'occasion d'un séjour en chambres d'hôtes il y a 18 ans déjà. Quant à moi, cela fait déjà aussi 10 ans que je les admire pour leur travail intelligent, que j'apprécie leur courage, leur volonté assumée d'indépendance, leur gentillesse, leur art de vivre ... et leurs vins plaisants, sains et soignés. Si vous voulez loger au Romarand, nos vignerons vous accueilleront avec plaisir. Des quatre chambres d'hôtes coquettes et confortables à la grande table d'hôtes accueillante, il n'y a que quelques pas d'autant plus rapidement franchis que les odeurs parfumées de la cuisine sont irrésistibles. Annie est un cordon bleu hors-pair. Quant à Jean, dès qu'il aura quitté ses vignes ou son potager à la tombée du jour, il viendra vous retrouver devant le grand feu ouvert de la salle à manger et vous proposer de déguster ses vins étonnants, les plus jeunes servis selon la tradition dans l'emblématique "pot lyonnais" à gros fond (là-bas, on dit "gros cul", sans grossièreté !) de 46 cl servi dans les "bouchons". (Les "bouchons" sont ces petits restaurants typiques de la région lyonnaise où l'on peut consommer des plats locaux populaires comme les quenelles ou la cervelle de canut.)















































































































































































