16/11/2007

LE CHICON : Une chicorée endive (Cichorium intybus) déclinée dans toute sa belgitude

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Photo : Racines de chicon prêtes pour l'ensilage  (Copyright: les Jardins de Pomone)

Nouvelle expérience pour les Jardins de Pomone en 2007. Cet hiver, Anne et moi produirons nos propres chicons. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on aime pas les « hydroponiques », ni les variétés issues d’une sélection intensive dont la principale caractéristique est d’avoir perdu toute amertume naturelle, c’est  à dire … le vrai goût du chicon. Cette amertume, bien utilisée, est ce qu’il y a de plus valable dans ce gros bourgeon de légume, tant sur le plan gastronomique que sur celui de la diététique. Pourriez-vous imaginer un succulent Faisan à la brabançonne garni avec des chicons totalement dépourvus de leur bon goût sauvage naturel ? Faut quand-même pas lâcher la proie pour l’ombre ! Si on les laisse faire sans résister, les distributeurs de légumes « agrotechnologiques » nous feront manger de la roquette au goût de fraise, ou des brocolis saveur ketchup en nous faisant croire que c’est meilleur.

Mais revenons à nos chicons !  Les vrais ...

Dès la fin mars, nous avons semé nos graines dans un sol limoneux, mais bien humifère. La variété que nous avons choisie est le « Mechelse vroege ».  Pour nos amis français – N’est-ce pas Lalita ! Je ne sais pas pourquoi je pense d’abord à toi ! – cela se traduit du flamand en endive Witloof « Hâtive de Malines ». Cette variété produit des chicons assez volumineux, bien denses et de forme plutôt  allongée.Les rangs de semis sont espacés d’une trentaine de centimètres. Au fur et à mesure de leur croissance (+/- 8 mois), il faut éclaircir les plants à 10 cm au moins, afin de favoriser le développement bien en profondeur des racines.

A la mi-novembre, donc exactement en cette saison, on pratique l’opération d’arrachage, c’est-à-dire déterrer les longues racines (à la fourche de préférence).

Ensuite, avec un grand couteau bien tranchant, on élimine le feuillage en coupant à 3 cm du collet (au maximum). Puis on tranche la pointe principale de chaque racine à une hauteur telle que la section reste inférieure à 2 cm de diamètre. (Il faut couper aussi les racines secondaires.)

Les racines ainsi apprêtées sont alors stockées en cave jusqu’au mois de décembre.

Début décembre, nous procéderons à l’ensilage (= la mise en silo) des racines dans une fosse creusée dans notre serre. Celles-ci sont placées bien droites, l’une à côté de l’autre, comme un régiment de petits soldats au garde-à-vous. Lorsque le silo est plein, on le recouvre d’un mélange de bon terrau alourdi avec du sable (1/3 de terreau universel horticole – pas celui pour les géraniums ou les cactus bien sûr ! – et 2/3 de sable du rhin assez gros). On termine avec une bonne couche de paille pour l’isolation, surmontée d’une bâche opaque. Le sol de couverture du silo (épaisseur : 15-20 cm), alourdi par le sable, assurera une pression plus forte sur le bourgeon qui jaillira du collet de la racine au bout de 2 à 3 semaines; le chicon sera alors bien serré et pointu, c’est à dire parfaitement réussi. 

Dans cette opération que l’on appelle le forçage, outre la constitution du sol de couverture préconisé ci-dessus, deux autres conditions sont déterminantes. Tout d’abord, il faut maintenir constamment la température du silo entre 14 et 20°C. Ensuite, il faut que toute la culture soit totalement et constamment à l’abri de la lumière, sinon les chicons verdissent en quelques heures … et n’en sont plus ! 

Avec tout l’amour qu’Anne met à vouloir faire parfaitement les choses, je suis sûr que, cette année, nos chicons seront merveilleux de forme et de goût, et que j’aurai plaisir à en vous reparler. Je lui demanderai – très poliment, mais avec toute l’insistance requise – de vous communiquer ses meilleures recettes. Quant à moi, je communiquerai mon cahier d’observation à ceux que cela intéresse plus spécialement.

Partager, c'est déjà vivre mieux …

16:48 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (11)

Commentaires

Avec tout ça, je ne vois vraiment pas qui pourrait ne pas aimer les chicons ! Ah, si tout pouvait nous être expliqué comme ça !

Écrit par : Christophe | 17/11/2007

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merci d'être passés sur mon blog, je viens de découvrir le votre et je suis ravi de l'idée : ersonnellement, j'essaye de consommer intelligemment, mais sans tomber dans le marketing inverse (prix exorbitants du bio...)mais c'est si difficile de faire la part des choses! Alors merci pour vos conseils, et de nous faire découvrir plein de légumes et fruits!

Écrit par : aurelia | 18/11/2007

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Merci pour votre message sur mon blog grâce auquel je découvre le votre. C'est une bonne idée de nous faire découvrir ou redecouvir certains légumes que l'on utilise peu ou pas !
Bonne continuation et bonne chance avec vos chicons.
Bonne soirée.

Écrit par : Annie | 18/11/2007

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Après avoir vu ton commentaire... Maintenant que je suis allée sur ton blog, je sais ce que tu fais.
C'est très intéressant de te lire et de découvrir ton blog.

Écrit par : mamina | 18/11/2007

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De vrai lègumes !!!! J'adore

Écrit par : pom d'api | 19/11/2007

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Alors là, bravo ! Tu me donne envie d'en faire l'an prochain ! En plus, avec tes explications, je comprends tout !
Merci d'avoir ouvert ce blog ! Allez, je passe à la recette d'Anne ! :-))

Écrit par : lalita | 19/11/2007

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Bonsoir,
J'habite le nord ouest de Bruxelles, je cherche tout simplement où me procurer des plants de chicons, question de faire un essai ? Vous connaissez une filière ? merci pour votre attention, meilleures salutations.
Henri

Écrit par : Henri | 13/11/2008

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Je suis très heureuse des informations reçues sur votre site. Découvertes intéressantes.
Ds vos photos quel est ce légume bleu qui semble appartenir à la famille des courges? Elles sont très belles.
Mercibc! Bravo! Je vs encourage à continuer!

Écrit par : Lise | 28/02/2010

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Courge bleue ........, son nom, qui accompagnent les chirons. Je suis Québécoise. Merci.

Écrit par : Lise | 28/02/2010

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Bonjour Lise,

Merci pour ta visite et ton commentaire.

La courge bleutée qui apparaît sur la photo à côté des racines de chicon est appelée Potiron bleu de Hongrie. Notre association partage chaque année les graines de cette variété et de centaines d'autres avec ses membres. - 12 variétés potagères différentes et gratuites offertes à chaque affiliation, histoire de cultiver ensemble la différence dans nos jardins ou sur nos balcons pour échapper à la "malbouffe" commercialisée et sauver les anciennes variétés de légumes de la disparition.

Écrit par : José | 28/02/2010

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Vos explications sont vraiment pertinentes et intéressantes, belle démarche.

Écrit par : Endives | 22/11/2010

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