06/12/2007

OGM: Mon coup de gueule de la Saint-Nicolas

OGM : mon coup de gueule de la Saint-Nicolas
OGM j'en veux pas

Vous le savez, Anne et moi militons en faveur de la protection et la promotion de la biodiversité alimentaire. Dans ce combat, je n’ai encore fait, sur ce jeune blog, que quelques rares allusions aux OGM (cf. mes premiers posts, début du mois de novembre 2007).   

Sur cette problématique particulière de la plus haute importance, nous constituons cependant depuis des années un dossier qui a pris des proportions énormes. A nous deux, qui ne sommes pas des scientifiques, il est difficile de gérer autant d’informations et de désinformations de manière à pouvoir en tirer des conclusions indépendantes avec toute la probité morale et intellectuelle convenable. Rien ne nous fera pourtant renoncer à poursuivre notre propre information et à la partager...   

Nous refusons d’emblée que la volonté de quelques plutocrates à l'humanisme plus que douteux veuille nous servir de raison collective.

En matière d’introduction ou non d’OGM en Europe, l’application du principe de précaution nous paraît  la mesure la plus minimaliste à respecter absolument. Cette notion fait désormais partie du Droit international, mais est fort peu et très mal répercutée dans la pratique. 

Anne et moi resterons dès à présent très attentifs aux opinions de ceux d’entre vous qui partagent nos préoccupations et veulent … RÉAGIR . Nous sollicitons grandement vos réactions personnelles pour enrichir nos réflexions dans un débat constructif.  

Les grossières manipulations de l’opinion, les fourberies du discours politique, les pressions, les retournements de situation que nous constatons nous excèdent au plus au point.  

Alerte, alerte, alerte !!!

Je l’ai écrit souvent et je le répète, tout est mis en œuvre pour que nous consommions, partout en Europe et dans le monde, des OGM contre notre gré et à notre insu.

Des produits transgéniques américains interdits en Europe ont déjà été introduits dans l’Union l’année dernière, laquelle a mis plusieurs mois, non pas à s’en apercevoir, mais à l’admettre officiellement.

Réaction aux States : Oh sorry … simple erreur à l’embarquement! Un maïs vaut bien l’autre, non ! On vous fera une ristourne et on en parle plus …Surtout ne pas paniquer l’opinion, c’est malsain. 

Vous y croyez, vous !  Par respect pour cette planète que nous empruntons à nos enfants - comme l’a écrit joliment Saint-Exupéry - cessons de nous comporter en moutons de Panurge et bousculons un peu nos bergers malveillants et/ou incompétents. Réagissons … pour nos enfants ! 

L’Union européenne, embarrassée, divisée et sans cesse harcelée par l’administration nord-américaine, l’OMC et les lobbyistes véreux stipendiés par quelques grandes multinationales cède du terrain. Le président Bush, ce champion de la démocratie, se fout de nos états d’âme … « Ils boufferont ce que mes ‘ amis’ veulent qu’ils bouffent. »  

Certains d’entre nous auront certainement suivi cet automne le « Grenelle de l’environnement » en France, et peut-être l’ont-ils vécu comme nous, en passant d’un grand sceptisme au départ à un véritable espoir concrétisé dans un discours de clôture mémorable prononcé par le président Sarkozy en personne. (Soit dit en passant, il a soufflé médiatiquement, au dernier moment, le résultat obtenu à grand peine par le pauvre Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, de l'Environnement et du Développement durables, qu’il avait laissé se « démerder » sur les sujets les plus délicats pendant plusieurs semaines au sein d'une assemblée échaudée. 

Si vous aussi, vous avez ressenti à ce moment un espoir de changement de ligne politique envers les OGM, oubliez tout ! Vous avez été aussi naïfs que nous.

Le gouvernement Sarkozy – ce Nicolas pas saint du tout et passablement démagogue qui a « compris ce que veulent les Français » (lesquels et combien ?) retourne doucement sa veste avec un maximum de discrétion. Il a manifestement été rappelé à l’ordre par ses puissants commanditaires d’Outre-Atlantique, dont l’agent le plus avancé au sein de son gouvernement est Christine Lagarde, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi. (C’est elle qui a contribué à la ‘démission spontanée’ d’Alain Juppé, éphémère ‘super ministre de l’écologie’ qui tentait d’échapper aux injonctions de Washington et des milieux d’affaires américains pour mieux rencontrer les aspirations de la majorité des Français.)

Pour vous permettre de juger vous-même de la nouvelle trahison qui se prépare, voici le communiqué publié par Greenpeace en ce jour de fête de saint Nicolas :

Paris, France — Le 06/12/07. Suite à la remise en cause par le gouvernement de la décision du Grenelle d'activer au niveau européen la clause de sauvegarde sur la culture du maïs MON810, décision sur laquelle s'étaient pourtant engagés le président de la République, le ministre d'Etat et la secrétaire d'Etat, les associations de l'Alliance pour la planète suspendent officiellement leur participation au processus de suivi du Grenelle tant que le dispositif de suivi à cinq collèges n'est pas rétabli. L'Alliance demande au Ministre d'Etat Jean-Louis Borloo d'organiser en urgence une réunion du groupe de contact inter collèges et de stopper un processus opaque et unilatéral qui sape les résultats du Grenelle. Pour rappel, le président de la République lui-même s'était engagé lors de son discours de clôture du Grenelle sur la poursuite de ce qu'il appelait « le dialogue à cinq » : « Le Grenelle n'est pas une fin, c'est un commencement. Et nous allons confier « aux cinq » le suivi de ce qui a été décidé en commun ».

« Déchets, forêts, publicité, éco-pastille, OGM… les premières mesures de suivi et de mise en œuvre du Grenelle conduisent à une remise en cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines. Ce résultat est évidemment lié au processus unilatéral choisi à ce stade par le gouvernement » déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole de l'Alliance pour la planète.

Ces dernières semaines, la plupart des participants au Grenelle ont demandé avec force et insistance au gouvernement d'associer des représentants des différents collèges à la phase de suivi, conformément aux étapes précédentes du Grenelle et aux assurances formelles données par le président de la République. En vain !

« L'Alliance demande au président de la République et au ministre d'Etat de remettre en marche la dynamique de travail collective et ainsi de restaurer la confiance » ajoute Yannick Jadot. 
 

(Communiqué Greenpeace France)  

(Pour un contexte élargi, suivez le lien ci-après) http://www.greenpeace.org/france/news/l-alliance-pour-la-planete-sus 

Bien chlorophyllement vôtre,  

José

23:46 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ogm

Commentaires

On se fiche de nous... Voici ce que j'ai reçu il y a quelques jours... Malgré ses effets de manches, le Grenelle de l'environnement n'aura été qu'une vaste farce...

Actuellement, le député Européen Dimas semble prêcher dans un désert de profits...

AFP - 18 h 03
BRUXELLES (AFP) - Le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas a confirmé publiquement pour la première fois jeudi son refus d'autoriser la culture de deux variétés de maïs transgénique dans l'UE, en invoquant des risques pour l'environnement.
"Le risque est trop élevé pour l'environnement" selon plusieurs études scientifiques récentes, a indiqué M. Dimas à Bruxelles.
"J'envisage de donner un avis négatif pour la demande d'autorisation", a-t-il ajouté, sans pouvoir dire à ce stade à quel moment le collège de la Commission européenne, très divisé sur la question et à qui la décision finale reviendra, se réunira pour trancher.
L'opposition de M. Dimas, qui est une première pour une telle demande, avait déjà filtré à la fin du mois dernier mais l'intéressé s'était jusqu'à présent refusé à en parler publiquement.
Le commissaire Dimas propose de rejeter les demandes d'autorisation de culture du maïs Bt 11 de la firme suisse Syngenta et du maïs 1507 de Pioneer, filiale de l'américain DuPont. Et ce bien que la culture de ces deux variétés ait reçu un avis favorable en 2005 de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA).
Selon une source européenne, M. Dimas veut invoquer le principe de précaution car d'autres études scientifiques ont exprimé des doutes sur les effets à long terme de ces OGM, notamment lorsqu'ils sont ingérés par des "organismes non ciblés" comme des oiseaux.
Le commissaire s'inquiète aussi de leur impact sur plusieurs espèces de papillons, notamment le Monarch, et d'autres insectes.
Les maïs Bt 11 sont des variétés qui ont été modifiées pour leur conférer une résistance aux principaux insectes nuisibles, entre autres la pyrale. Le maïs 1507 est quant à lui résistant à certains lépidoptères (papillons).
Les pays européens sont très divisés sur les OGM et les consommateurs souvent hostiles. Seul le maïs MON 810 du géant américain de l'agrochimie Monsanto est cultivé commercialement dans l'UE, à hauteur de 110.000 hectares, principalement en Espagne (75.000 ha) et en France (22.000 ha).
La question de l'autorisation de culture des maïs de Syngenta et DuPont divise les commissaires européens, dont certains redoutent de prêter le flanc à de nouvelles critiques devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ainsi qu'à des protestations, voire des mesures de rétorsion des Etats-Unis.
Depuis 2004, quinze OGM ont été autorisés dans l'UE, parmi eux les deux variétés de maïs aujourd'hui en question mais seulement à des fins d'importation pour l'alimentation animale et humaine ou de transformation pour l'industrie, mais non de culture.
La Commission n'a pas encore pris de décision sur les cas les plus controversés des demandes de culture d'OGM. Elle pourrait donner son feu vert à la culture d'une pomme de terre transgénique à des fins principalement industrielles dans les prochaines semaines.
L'embarras des Européens sur les OGM a encore été illustré fin octobre lors d'une réunion des ministres de l'Environnement de 27.
Ces derniers n'ont pas été en mesure de dégager une majorité, dans un sens ou un autre, sur l'opportunié de demander à l'Autriche de lever une interdiction d'importation sur le maïs de Monsanto (MON 810) pour l'alimentation humaine et animale, autorisé par l'UE depuis 1998.


29.11.07 | 19h26
Des militants écologistes ont porté plainte jeudi contre X après la
découverte d'une parcelle de maïs OGM interdit par l'Union européenne
(UE) depuis 2005 dans un champ d'Ille-et-Vilaine.

"Une parcelle de maïs OGM de variété Bt 11 interdite en France et en
Europe a été localisée près de Hédé", à une vingtaine de kilomètres au
nord de Rennes, a annoncé le groupement des agriculteurs biologiques
d'Ille-et-Vilaine Agrobio 35, qui a porté plainte.


Le Bt 11 a été définitivement interdit le 22 novembre par le
Commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas qui le considère
comme trop risqué pour l'environnement. Autorisé à la consommation (et
donc à l'importation) par l'UE en 2004, il avait été interdit en 2005,
a précisé Mikael Laurent, membre du Collectif OGM 35, dont fait partie
Agrobio 35.


Le Conseil régional de Bretagne a demandé jeudi "que toute la lumière
soit faite sur cet événement grave pour notre environnement", estimant
qu'"une étape de plus venait d'être franchie dans la prolifération
incontrôlée des organismes génétiquement modifiés en Bretagne".


La découverte de cette parcelle de maïs OGM non autorisé de plus d'un
hectare, selon M. Laurent, intervient alors que depuis juin, des
écologistes tentent de localiser les trois parcelles de maïs MON810
(seul OGM autorisé dans l'UE) déclarées auprès des autorités en
Bretagne.



L'échantillon prélevé sur la parcelle a été testé par le Collectif OGM
35 avant d'être envoyé à un laboratoire spécialisé à Caen qui a
confirmé qu'il s'agissait du Bt 11. "Nous attendons désormais une
contre-expertise des services de l'Etat", a précisé M. Laurent.



Les Verts de Bretagne ont dénoncé jeudi des "actes irresponsables de
la part du semencier et du distributeur de la semence".

Paris, France — Le 30/11/07 - Selon la presse agricole, le projet de loi
relatif aux OGM promis par Nicolas Sarkozy à l'issue du Grenelle de
l'environnement a été transmis au Conseil d'Etat. Les associations de l'Alliance
pour la Planète s'étonnent de l'opacité de ce processus et s'indignent de
constater que ce soi-disant projet de loi ne prend absolument pas en compte les
recommandations du Grenelle.

« Si le projet de loi a été transmis au Conseil d'Etat dans le plus grand
secret, où sont donc passées les valeurs d'ouverture et de transparence qui
devaient être un des effets majeurs du Grenelle ? D'autre part, les éléments du
projet tels que décrits dans l'article de la presse agricole, ne garantissent à
aucun moment le droit et la liberté de produire et de consommer sans OGM. Bien
au contraire, ils légalisent la contamination génétique car le « sans OGM » ne
signifie pas un tout petit peu d'OGM (-de 0,9%) mais zéro OGM » explique Arnaud
Apoteker, chargé de campagne OGM à Greenpeace.

Par ailleurs, cet article fait état de la possibilité que le gouvernement
décide de ne pas activer la clause de sauvegarde sur la culture du maïs
génétiquement modifié MON810.

« Ce serait une trahison pure et simple. Jean Louis Borloo et la secrétaire
d'état à l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet se sont engagés à plusieurs
reprises à ce que cette clause de sauvegarde soit notifiée à la Commission
européenne d'ici la fin de ce mois. Le délai est maintenant arrivé à terme. Si
le gouvernement ne veut pas discréditer l'ensemble du processus Grenelle, il
doit immédiatement mettre en place cette clause de sauvegarde » renchérit Guy
Kastler, des Amis de la Terre.

Les associations de l'Alliance pour la planète demandent de toute urgence un
rendez-vous avec Jean Louis Borloo afin de clarifier à la fois la loi sur les
OGM et l'application de la clause de sauvegarde.

« Le flou actuel ne fait que profiter aux semenciers qui mettent tout en œuvre
pour pouvoir semer le maïs MON810 en 2008 malgré l'opposition du public et les
doutes de plus en plus nombreux sur son innocuité. Leur stratégie est de mettre
tout le monde devant le fait accompli, ce qui est totalement intolérable »
explique Chantal Jacquet du WWF/Good Planet.


Écrit par : L. Jégat | 07/12/2007

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