29.05.2008
Frittata aux orties pour Fabienne

Frittata aux orties
Anne l'avait promis à notre amie Fabienne (http://savoureusesaveur.canalblog.com); nous devions absolument lui communiquer la recette de mon frittata. Je m'exécute donc avec un peu de retard, mais avec le plus grand plaisir.
Comme souvent, lorsque les Jardins de Pomone participent à des événements où la cuisine, l'écologie et la convivialité se rencontrent, j'avais proposé aux visiteurs de notre stand, dimanche dernier à la journée "Nature admise" de Gembloux, la dégustation d'une de mes préparations. (http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/5911935/nature-admise-plantes-aromatiques-comprises)
Chaque fois, je prends un plaisir de potache à faire goûter aux gens une frittata, ma foi, très appétissante, mais dont je me garde bien de leur renseigner l'ingrédient légume vert. Et dans presque la totalité des cas, ils adorent et en redemandent! Mais quelle n'est pas leur surprise lorsque je leur révèle quelques instants après qu'ils viennent de manger ... des orties !
Eh oui, je l'avoue, j'adore de mettre le diable à la table du bon dieu avec des ingrédients insolites comme l'ortie, le chardon-marie, le chardon-roland, l'arroche, la patience des moines, le chénopode, le chiendent, le laiteron, le pissenlit, la primevère vraie, le coquelicot ... et vous révéler ainsi progressivement tous les trésors du formidable garde-manger naturel qui nous entoure. (Avec cette réserve importante quand-même qu'il n'est pas permis de récolter ces espèces hors-commerce n'importe où!)
Ce que je tente de démontrer ainsi, avec une pointe de provocation, c'est combien nous sommes victimes de nos préjugés alimentaires et combien notre alimentation conventionnelle est inutilement banale. Bien sûr, la majorité d'entre vous savent que les orties se mangent, et même que c'est fort bon pour la santé. Mais combien, même bien informés, peuvent affirmer avoir mangé des orties au moins une petite fois dans leur vie?
Prêt(e)s à faire un essai ? Voici la recette de ma frittata aux orties.
Bien chlorophyllement vôtre,
José
Ingrédients
(pour 6 personnes)
10 oeufs frais
250 gr de feuilles d'ortiesIl faut récolter la cimes des tiges d'ortie blanche (petite ortie)ou d'ortie dioïque (grande ortie) en gardant le bourgeon terminal et les 4 premières feuilles. Cette récolte doit être prelevée à au moins 30 mètres de la route, sur un terrain ouvert et non pollué. L'idéal est de préserver une colonie d'orties installée spontanément dans un coin du jardin et de les couper régulièrement, de manière à faire revenir de jeunes pousses, spécialement savoureuses.
3 échalotes
50 gr de parmesan râpé
50 gr de fromage râpé (type gruyère, comté ou emmenthal)
200 gr de lardons fumés
75 gr de tomates mi-confites
3 pincées de piment d'Espelette (en poudre)
Sel/poivre
Préparation
Avec des gants ou une pince de cuisine, plongez les orties dans une grande bassine contenant de l'eau chaude. (En quelques dizaines de secondes, elles auront perdu tout leur pouvoir urticant.)
Lavez les ensuite à l'eau froide.
Amenez à ébullition une grande casserole d'eau. Dès les premiers bouillons, plongez-y les orties.
Laissez-les pocher pendant deux à trois minutes. Egouttez-les, puis réduisez-les au blender (pas trop, il ne faut que cela devienne une bouillie!) ou mieux, hachez-les comme des épinards.
Eliminez un maximum d'eau en les pressant.
Dans un grand saladier, battez les oeufs en omelette; incorporez-y le sel et poivre, les orties, le piment, les tomates, les échalotes hâchées et les deux fromages.
Chauffez la poêle (de préférence avec une poignée amovible; c'est plus pratique pour terminer la cuisson au four). Faites revenir les lardons dans 20 gr de beurre, puis versez-y la préparation.
Faites prendre sur feu moyen pendant 4 minutes. Ensuite, poursuivez le cuisson au four à 180° C. Il faut laisser gonfler l'appareil comme un soufflé pendant 40 min. environ.



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28.05.2008
Brève rencontre avec François Couplan

Brève rencontre avec François Couplan
Avant-hier, lundi 26 mai 2008, avait lieu dans un quartier historique de Bruxelles, l'inauguration officielle d'un nouveau restaurant dont la carte annonce de "petites sauvageries" valorisant des ingrédients végétaux atypiques, sains et goûteux qu'Anne et moi apprécions tout spécialement. Dans l'immeuble même où l'enseigne du "Loup galant" avait su se construire une réputation gastronique appréciable, s'ouvrait un restaurant très innovant et fort prometteur baptisé "Nicolas et Pimprenelle". La pimprenelle : tout un symbole ... qui ne nous a pas échappé et a forcé d'emblée notre curiosité et notre sympathie !

Aux fourneaux de cette nouvelle enseigne, on retrouve une valeur sûre de la gastronomie bruxelloise en la personne du jovial et talentueux Nicolas Leveaux, le chef Eurotoque qui a déjà apporté le concours de sa cuisine savoureuse, innovante et saine à des établissements de prestige, tels "Le Barbizon", "Le Prévôt" ou "Agastache & Tonka". Pour ses pairs - et parmi eux notre ami Claude Pohlig qui le connaît bien - Nicolas est un authentique spécialiste des légumes anciens, de la cuisine des fleurs et des plantes sauvages. Pas étonnant dès lors qu'Anne et moi ayons suivi l'événement avec énormément d'intérêt.
Sa spécialisation, Nicolas la doit au moins en partie à un personnage attachant et extraordinaire : l'ethnobotaniste et écrivain français de renommée internationale François Couplan, le mentor de Marc Veyrat lui-même.
Veyrat, qui est un des cuisiniers étoilés très médiatisés que l'on sait, n'hésite pas à renforcer le succès commercial qu'il mérite en recourant à certaines formes de cabotinage. Mais il ne faut pas s'y tromper; il détient un authentique génie, et ce n'est pas un insensé. A propos de François Couplan, il a déclaré un jour sans ambage : "François est le plus grand botaniste du monde, celui qui m'a permis de progresser dans mon métier et de m'apporter une image complètement inédite". Une juste reconnaissance rendue au savant par le premier en vue des grands chefs auxquels François Couplan prodigue volontiers enseignements et conseils.
François Couplan, c'est à la fois le grand amoureux de la nature spontanée et le premier spécialiste mondial des plantes sauvages comestibles. Tel que je le perçois, je présenterais aussi volontiers ce scientifique comme un philosophe et un humaniste, mais je soupçonne fort que l'idée même de revendiquer de telles qualifications ne l'a jamais effleuré. C'est un homme simple, au sens noble du terme, un homme qui observe, qui réfléchit, qui sait, qui sait aussi qu'il ne sait pas ... et veut apprendre chaque jour.

Ayant été informé quelques jours auparavant que Monsieur Couplan serait à Bruxelles à l'occasion de l'inauguration du nouveau restaurant de son ancien stagiaire Nicolas Leveaux, j'ai voulu le rencontrer et lui poser quelques questions que m'avait suscité la lecture de son dernier livre : "La nature nous sauvera". (Albin Michel, Paris, 2008)
Ce livre consigne les entretiens de François Couplan avec Patrice van Eersel, un interlocuteur qui le soumet à des batteries de questions très élaborées auxquelles les réponses semblent jaillir toutes seules, claires et pertinentes. Malgré l'empreinte insensée et outrageusement abusive que l' "homo economicus" exerce sur la Nature, nous vivons encore dans un formidable garde-manger végétal avec lequel nos comportements stéréotypés et banalisés de consommation nous a fait perdre le contact. François Couplan n'hésite pas à démontrer que les grands drames de l'humanité, comme la famine, la guerre, la pollution et l'anéantissement catastrophique de la biodiversité, ont une cause commune: l'appariton de l'agriculture, il y a plus de 10.000 ans ! Constat qui dérange ... mais qui !?
Je vous recommande absolument la lecture de ce livre. Même si beaucoup d'entre nous, après l'avoir lu, accepterons sans doute la conclusion pratique suggérée par l'ethnobotaniste pour sortir de la crise écologique - qui est de renouer avec une art de vivre "paléolithique" -, ils n'auront peut-être pas l'audace et la détermination de pousser l'expérimentation aussi loin que François Couplan lui-même. Cet homme ne fait pas de concessions à ses convictions, et assume quotidiennement sa condition de "sauvage post-moderne". Ni vous ni moi ne pourrions sans doute nous engager aussi inconditionnellement. Mais les réflexions individuelles que ce livre suggérera, et le seul fait que nous acceptions enfin l'idée que l'usage des plantes sauvages a une place tout à fait justifiée dans notre alimentation, nous aura déjà fait franchir un pas important vers un type de consommation qui puisse s'inscrire dans la durabilité naturelle.
Ce lundi matin, lorsque François Couplan a fait son entrée chez Nicolas et Pimprenelle, il avait un peu de retard. Tiens, tiens ... j'ai souri en m'apercevant que, comme moi, il ne portait pas de bracelet-montre. Impatient, je l'ai abordé très vite, lui laissant à peine le temps de s'installer derrière la table de rencontre installée pour lui et la pile de livres qu'il s'apprêtait à dédicacer. En fait, je redoutais un peu de sa part une attitude défensive et formelle qu'adopte volontiers les célébrités lorsque qu'elles se trouvent face à un public non différencié.
Mais lorsque, après m'être présenté, je lui ai soumis les premières questions que m'avait suscité la lecture de son dernier livre, il m'a tout de suite rassuré et mis en confiance. Il écoute avec attention, pose des questions, répond calmement et clairement. Et au fur et à mesure d'un dialogue de plus en plus passionné et chaleureux, il sort toutes sortes de petits papiers de ses poches pour prendre rapidement des notes.
Je n'ai pas vu le temps passer. Après trois quarts d'heure, j'ai pris congé de l'ethnobotaniste dont les connaissances et les idées me fascinent. Et je suis reparti ... pour rejoindre mes plants de tomates anciennes.
Ce n'est qu'en remontant dans la voiture que je me suis rendu compte d'une chose étonnante qui m'avait échappé pendant que nous parlions. Pour marquer mon respect envers cet homme que je vénère, je l'avais abordé en adoptant le vouvoiement. Lorsque je l'ai quitté, nous nous tutoiyons déjà depuis un certain temps à mon insu. Il va sans dire que nous nous sommes promis de nous recontacter, et que je ne me ferai certainement pas prendre en défaut.
Bien chlorophyllement vôtre,
José

14:19 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
27.05.2008
"Nature admise", plantes aromatiques comprises

A propos de la journée "Nature admise" à Gembloux ...
Anne et moi vous l'avions annoncé, nous participions dimanche 25/5, en plein centre de Gembloux, sur un site étonnamment calme et verdoyant en milieu urbain, à un grand rendez-vous des amoureux et des défenseurs de la nature, des jardins, des potagers, et des sentiers bordés de multiples plantes sauvages ... bref, de la biodiversité.

La plupart d'entre vous le savez depuis longtemps, Anne et moi sommes de fervents collectionneurs de légumes anciens et promoteurs bénévoles et passionnés de leur réintroduction dans une alimentation quotidienne plus saine et plus diversifiée. Comme le thème des légumes proprement dits était déjà bien illustré sur le stand du CTH (Centre de Technique Horticole) et animé avec compétence par Mr Gricourt, nous avons choisi la complémentarité et proposé exclusivement ce jour-là au public, sur le stand des Jardins de Pomone, l'illustration de la biodiversité insoupçonnée des plantes aromatiques et de leurs vertus.
Parmi de très nombreuses variétés de thyms, de sauges, de menthes, d'oseilles, d'agastaches, d'hysopes, de sarriettes, d'origan, etc... présentées, les visiteurs ont été très spécialement intrigués par la plante-sucre, le stévia, et nous avons été assaillis de questions à son propos.

A propos du stévia , et à la demande générale, j'ai donc promis de lui consacrer un prochain billet sur ce blog. Cette plante de la famille des lamiacées, botaniquement originaire du Paraguay, offre des avantages révolutionnaires dans l'alimentation, mais dérange à ce point les lobbies du sucre et de l'aspartame qu'ils ont tout fait pour que vous en ignoriez encore longtemps le nom, l'existence et les avantages.

Dans le magnifique espace vert des Closières, nous avons eu l'agréable surprise et le bonheur de rencontrer de nombreux d'entre vous dans le courant de cette journée, et nous les remercions tout spécialement pour le soutien sympathique, répété et engagé qu'ils manifestent à notre "Croisade verte".
Merci notamment à l'attachante Fabienne (http://savoureusesaveur.canalblog.com) et à son "José" (et oui, j'ai un homonyme bien plus sympathique encore que je ne pourrais l'être dans mes meilleurs jours!), à Kiki et à Stef, à Maurice et son épouse, ... qui malgré la météo peu clémente annoncée (à tort!) pour la journée et le ciel (vraiment!) menaçant de la matinée , n'ont pas hésité à faire une long déplacement pour nous retrouver au milieu de nos aromatiques.

Merci aussi à ces centaines de randonneurs anonymes, qui ont participé aux visites guidées du site, et qui, toutes générations confondues, se sont dites enthousiasmées et prêtes à partager notre idéal, à valoriser la biodiversité qui nous veut du bien.
Pour la réussite, tant didactique que conviviale, de cette journée, Anne et moi voulons exprimez aussi des remerciements particuliers à :
Eric Van Poelvoorde, le dynamique et entreprenant échevin de la ville de Gembloux,
Pascaline Leruth, jeune ingénieur agronome, éco-conseillère au Service de l'Environnement et de l'Energie, dont, depuis plusieurs semaines, nous avons pu éprouver la disponibilité et l'efficacité, toutes deux à la hauteur de son immense gentillesse.

Christelle Vanden Berghe, animatrice des Jardins partagés, qui nous a fort touché par la générosité et le réalisme qu'elle associe adroitement dans la réalisation de son projet social.
Olivier Guillitte, co-organisateur de la journée, le sympatique barbu à la proue de NATAGORA, association oh combien active dans la protection de la Nature. (http://www.natagora.be)
MM. Lahy et Compère, de la Société Royale Horticole de Gembloux.
Mr. Jansen, chercheur au Département Lutte biologique et Ressources phytogénétiques du CRA-W (Centre wallon de recherches agronomiques), qui nous a épaté avec ses connaissances sur les coccinelles et les syrphes, ces précieux insectes auxiliaires de la lutte contre les pucerons. (http://labecotox@cra.wallonie.be)

Mr. Gricourt, du Centre de Technique Horticole, qui en matière d'essais maraîchers, a pour vocation de développer une collaboration bénéfique entre les milieux de l'enseignement, de la recherche appliquée et des horticulteurs professionnels. (http://www.cthgx.be)
Un grand merci aussi à tous ceux qui ont contribués au bon déroulement de cette journée Nature admise, sans que nous en ayons retenu le nom, mais avec lesquels nous espérons pouvoir faire plus amplement connaissance à l'occasion d'une nouvelle édition de cet événement très, très réussi.
Bien chlorophyllement et cordialement vôtre,
José
16:22 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
L'écologie politique !? L'espoir d'une assiette saine ?

L'écologie politique, le meilleur de l'héritage politique de mai 68 ?
Grande conférence écologique
Jeudi 4 juin à 20h30
En 2008 comme en 1968, nous voulons encore construire une société où l’émancipation de chacun est la condition de l’émancipation de tous. Aujourd’hui, ce projet toujours révolutionnaire passe moins que jamais par la confiscation du pouvoir de tous au profit de l’intérêt de quelques-uns, mais par la participation du plus grand nombre des habitants de la Terre à la mise en place d’une société écologique. S’il faut aujourd’hui oublier 68, c’est pour creuser une nouvelle brèche dans le mur de l’avenir. En refaisant le plein de l’énergie optimiste du commencement d’il y a quarante ans…
Par Dany Cohn-Bendit, co-président du Groupe des Verts au Parlement européen et co-fondateur du mouvement du 22 mars (1968).
Avec Josy Dubié et José Daras, sénateurs Ecolo, Benoit Lechat, étopia
Animé par Christophe Derenne, étopia
Lieu : Auditoire Janson (ULB - Université Libre de Bruxelles)
Organisée par

11:34 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.05.2008
Tagine comme là-bas, dis !

(pour 4 personnes)
12 ailes de poulet (ou pilons, ou cuisses, comme il vous plaît !)
600 gr de carottes coupées en gros tronçons
200 gr de pruneaux dénoyautés
1 gros oignon émincé
1 bâton de cannelle
3 doses de safran
2 pointes de couteau de cardamome en poudre
2 pointes de couteau de coriandre en poudre
1 c à c de mélange "4 épices"
4 c à S de miel
1 litre de bouillon de poulet
Sel /poivre
50 gr d'amandes mondées
25 gr de graines de sésame
Dans une sauteuse, faites revenir les morceaux de poulet avec du beurre clarifié jusquà ce qu'elles soient à peine colorées. Salez et poivrez (légèrement).
Faites blondir l'oignon émincé.
Versez dans votre plat de tajine les morceaux de poulet et les oignons. Saupoudrez avec le safran, salez et poivrez. Mélangez bien le tout, puis laissez revenir quelques instants encore. Ajoutez le bâton de cannelle, la cardamone, la coriandre et le mélange "4 épices".
Couvrez le tout avec le bouillon de poulet, puis laissez cuire 20 min. sur feu de bois dans votre plat à tajine. Couvrez avec le "chapeau".
A la fin de ce premier temps de cuisson, ajoutez le miel, puis faites à nouveau cuire pendant 15 min en mélangeant.
Ajoutez les carottes, puis laissez cuire une nouvelle fois pendant 15 min.Enfin, ajoutez les pruneaux et laissez cuire à nouveau pendant 15 min.
Avant de servir à table, faites grillez les amandes et les graines de sésame, que vous saupoudrez ensuite sur le plat.Bon appétit !Anne


01:28 Publié dans VIANDES | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : recettes
22.05.2008
Biodiversité alimentaire et légumes anciens
Journée mondiale de la biodiversité
Ce jeudi 22 mai 2008 se tient la Journée internationale de la biodiversité décrétée par l'ONU (FAO). Le thème choisi pour être débattu et illustré cette année est essentiel , "La biodiversité et l'agriculture", qui doit montrer que la diversité biologique peut contribuer à une nourriture saine.
Le monde agricole doit rapidement et majoritairement prendre conscience de la part de responsabililité importante qu'il a pris dans la perte de biodiversité et travailler aujourd'hui solidairement à la respecter, la restaurer et l'entretenir. Il faut tous ensemble, agriculteurs compris, admettre nos erreurs du passé et préserver les espaces vitaux diversifiés pour sauver le plus grand nombre d'espèces animales et végétales de l'extinction .
Cette biodiversité, c'est la garantie silencieuse de survie de l'espèce humaine. Nos méthodes d'agriculture, nos choix alimentaires subséquents, ont une influence sur notre santé; encore faut-il qu'il qu'un véritable choix de produits sains et variés soit disponible pour tous.
Anne et moi croyons - avec nos amis du mouvement mondial SLOW FOOD lancé par le sociologue italien Carlo Petrini - que pour changer favorablement la situation, les consommateurs doivent sans attendre et de manière croissante favoriser les produits régionaux et écologiques. Ils soutiendraient ainsi la biodiversité, qui leur veut du bien.
Ce mouvement est amorcé et étonnamment chargé d'ampleur citoyenne, d'énergie et d'enthousiasme. Ce n'est cependant pas suffisant, puisque, hélas, on observe encore dans de nombreux pays une intensification des cultures au détriment de la diversité. (Je pleure de rage impuissante quand je vois ce qui ce passe au Brésil et en Argentine... Je fustige les pratiques agricoles de l'Espagne et de la Roumanie ... Oui, je sais, ça dérange ... mais qui ? Monsanto, Syngenta, Bayer ...???)
Les géants agrofinanciers mondiaux - arrogants et impérieux, parce qu'ils prétendent parler au nom de la science - mentent sans vergogne, nous trompent, nous cachent (de plus en plus mal) les enjeux de leurs stratégies et les manipulations planétaires ignobles qu'elles semblent justifier sans état d'âme à leur yeux. "Tenez les bêtes, ils mangeront ce qu'on leur donne au prix qu'on voudra bien leur faire !". (Catéchisme de l'anarcho-libéralisme: recommandation aux chefs d'Etats vassalisés)
NON ! Les consommateurs ne sont pas de moutons de Panurge, ni des esclaves ! Réapproprions-nous notre alimentation, laissée depuis trop longtemps aux mains d'irresponsables cupides.
Vive la biodiversité!
José
13:36 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
21.05.2008
Fraises au pastis, poivre du Kérala et fruits verts de cerfeuil musqué

Fraises au pastis, poivre du kérala et fruits verts de cerfeuil musqué
Les fraises sont de saison (les vraies fraises, pas celles qui affluent sur nos marchés en provenance de la "mer de plastic" d'Almeria dès le mois de février et dont les méthodes de culture sont plus que douteuses!). Comment ne pas aimer ce fruit lorsqu'il est vraiment mûr et parfumé. De sa plus simple déclinaison (un fruit saisi par la queue et savouré nature, sans sucre et sans chantilly, c'est déjà tout une bonheur gustatif!) aux préparations plus recherchées, la fraise à tout pour séduire le palais.
Dans la recette qui suit, j'ai voulu associer aux fraises plusieurs ingrédients, dont un particulièrement original et de saison: les fruits verts et les feuilles du cerfeuil musqué ou cerfeuil d'Espagne.
Lorsque je parle de cerfeuil, beaucoup d'entre vous penseront au cerfeuil officinal (Anthriscus cerefolium L. ) et se diront que cette association de goût est un peu bizarre. Pourtant, malgré son nom, la plante n'a pas le goût du cerfeuil officinal. Feuilles, fleurs, fruits et racines du cerfeuil musqué (Myrrhis odorata) rendent une douce et agréable saveur d'anis.
Si cet ingrédient aromatique non commercial vous inspire, je vous rappelle que José y a déjà consacré un billet dans lequel il proposait la recette d'une salade d'orange aromatisée avec les jeunes feuilles du cerfeuil musqué. Voici le lien direct vers ce billet:
http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/5693737/du-cerfeuil-musquE-dans-ma-salade-dorange
La floraison du cerfeuil musqué (de gracieuses ombelles garnies de minuscules petites fleurs blanches) a débuté il y a deux semaines à peine et a déjà produit une multitude de jeunes fruits verts érigés et tendres (voir photos ci-dessous).
Voici ma recette qui associe très originalement les fruits verts du cerfeuil musqué avec les fraises.
Ingrédients
(Pour 4 personnes)
500 gr de fraises
1/2 L de jus d'orange frais filtré
3 c à S de cassonade foncée
3 c à S de pastis (avec ou sans alcool, à votre choix)
12 grains de poivre du Kérala
1 briquette de crème à fouetter (très froide)
1 c à S de fruits verts de cerfeuil musqué
4 pointes de feuilles de cerfeuil musqué
Préparation
Placez un "cul de poule" (récipient) au frais, afin qu'il soit bien froid pour monter la crème en chantilly.
Lavez et équeutez les fraises, coupez-les en deux, mettez-les en attente.
Versez le jus d'orange dans un bol, incorporez-y la cassonade et le pastis. Bien mélanger pour faire dissoudre le sucre.
Pilez au mortier les graines de poivre du Kérala et incorporez la poudre obtenue au jus. Versez les fraises dans le bol contenant le jus. Mettez au frais pendant une heure.
Battez la crème en chantilly.
Répartissez les fraises dans 4 verres ou coupelles. Versez-y du jus de marinade jusqu'à mi-hauteur.
Avec une poche à douille, décorez avec la chantilly, parsemez avec les fruits verts du cerfeuil musqué et garnissez chaque verre ou coupelle avec un brin de cerfeuil.
Bon appétit!
Anne

Le poivre du Kérala (Inde) est un des plus prisés au monde, peut-être le meilleur. Je préfère le broyer dans un mortier que de le moudre.

Les jeunes fruits verts et tendres du cerfeuil muqué ont un agréable parfum d'anis.

Un plant de cerfeuil musqué (hauteur: 80 cm environ) surmonté de ses fruits
02:02 Publié dans DESSERTS | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : fraises, cerfeuil musque
19.05.2008
Cuisine indienne: menu "Bollywood", les prouesses d'Apolina

Apolina entre en lice ...
Cuisine indienne: menu "Bollywood", les prouesses d'Apolina
Cette semaine, Anne et moi avons essentiellement été occupés par la mise en place, en pleine terre, des 134 variétés de tomates anciennes que nous cultiverons cette saison. Cette grande tâche est traditionnelle à la mi-mai et nous avons pu l'effectuer, cette année, dans des conditions météo tout à fait favorables. "Pourvu que ça dure"; on pourra alors vous reparler bientôt ici de tomates vraiment exceptionnelles.
Mais il s'en trouve que, par conséquence, nous avons quelque peu négligé nos fidèles amis blogonautes. Et notamment, nous ne vous avions pas rendu compte du très exotique cours de cuisine indienne donné par Apolina le vendredi 9 mai dernier. Voici quelques lignes pour vous faire partager tout le plaisir que nous en avons ressenti. Pour le menu détaillé, je vous invite à le (re)découvrir dans mon précédent billet annonçant cette soirée "Bollywood".
http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post//bollywood-le-menu-indien-classique-dapolina
Cette soirée culinaire à l'École d'Arts SaSaSa a connu naturellement un franc succès. L'ambiance a été des plus joyeuses et des plus instructives, personne ne pouvant résister longtemps au charme d'Apolina et de sa cuisine exotique extraordinairement parfumée. (Il y avait notamment au menu une petite sauce au tamarin à vous faire damner tous les saints ... voire à amadouer la plus récalcitrante des belles-mères!)
Apolina, c'est la gentillesse, la disponibilité, mais aussi le savoir faire et le savoir expliquer. Elle a épaté son auditoire en lui faisant découvrir les caractéristiques et les vertus de la cuisine ayurvédique et la place qu'y tiennent les épices orientales.
Ainsi par exemple, la consommation abondante de curcuma protégerait les Indiens de la terrible maladie d'Alzheimer, qui fait des ravages croissants dans notre monde occidental. Autre exemple : les qualités exceptionnelles du Ghee, beurre clarifié indien, comme matière grasse de cuisson. Apolina vous en avait déjà communiqué la recette sur ce blog. Vous pourrez la retrouver sous le lien:
http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/5616565/beu...
Tous les participants se sont impliqués joyeusement dans la préparation des cinq services prévus au menu, et l'ambiance de la table autour de laquelle ils se sont rassemblés ensuite restera longtemps dans les mémoires. Voici quelques photos de cette soirée "Bollywood", en attendant - avec une impatience mal contenue - qu'Apolina publie les des recettes détaillées du menu. Histoire de pouvoir préparer ces délices à la maison pour séduire les amis.
Bien convivialement complice,
José














12:59 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
17.05.2008
NATURE ADMISE : les légumes d'antan et plantes aromatiques des jardins de Pomone

Gembloux - La maison du bailli, qui domine la petite ville
Anne et moi participerons activement dimanche prochain 25/5 à Gembloux, à un événement Nature exceptionnel organisé conjointement par le Service de l'Environnement de cette charmante petite ville et la section régionale de l'association NATAGORA.

Le beffroi de Gembloux, qui appartient désormais au Patrimoine mondial de l'Humanité établi par l'UNESCO
Parmi bien d'autres partenaires de la Journée Jardins Nature ouverts, nous viendront personnellement présenter au public la grande biodiversité insoupçonnée des légumes d'antan et des plantes aromatiques, ainsi que leur agréable et saine déclinaison en cuisine.
Gembloux: la célèbre Faculté universitaire des sciences agronomiques est installée dans un ancien monastère bénédictin.
Nous invitons chaleureusement tous nos amis et sympathisants à nous retrouver sous la tonnelle des Jardins de Pomone, qui sera dressée dans la Parc des Closières, où nous les accueilleront avec le plus grand plaisir.
A très bientôt,
José

19:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
15.05.2008
Soupe de FRAISES de chez Pomone

Copyright: Les Jardins de Pomone
Soupe de fraises de chez Pomone
Ingrédients
(pour 4 personnes)
500 gr de fraises
20 cl de Pineau des Charentes
20 cl de jus d'orange frais
10 feuilles de menthe + 4 feuilles ciselées
10 feuilles de basilic + 4 feuilles ciselées
20 gr de sucre cristalisé
1/2 gousse de vanille
Moulin à poivre noir
Préparation
Rincez la menthe et le basilic et effeuillez-le. Séchez-le dans du papier absorbant.
Filtrez le jus d'orange.
Versez le jus d'orange et le Pineau dans une casserole. Ajoutez la menthe, le basilic, le sucre et 5 tours de moulin à poivre. Coupez la gousse de vanille en deux dans le sens de la longueur. Avec la pointe d'un couteau, grattez l'intérieur, que vous ajoutez à la soupe. Bien mélanger le tout; amenez à ébullition. Dès le premier bouillon, éteignez la source de chaleur.
Laissez refroidir le jus obtenu.
Lavez et équeutez les fraises; coupez les en 4.
Dès que la soupe est froide, filtrez le tout. Versez la soupe dans un saladier; mettez-y les fraises. Placez votre récipient au frais pendant 3 heures.
Au moment de servir, ciselez les feuilles restantes de menthe et basilic, ajoutez-les à la soupe.
Versez la soupe dans des verrines bien froides.
Très rafraîchissant et tonifiant. Bon appétit, Anne
J'ai déjà servi ces verrines accompagnées d'une glace au yaourt ou de biscuits sablés.
Pourquoi du poivre dans un dessert me diriez-vous ? Le poivre, essentiellement le noir, a le pouvoir de rehausser le parfum des fraises.

Copyright: Les Jardins de Pomone
02:05 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note

















































































































































































