20/03/2009

Les fraises avant Pâques ...

 

Fraises espagnoles

 

Les fraises avant Pâques ?!?!?! Non merci ! Pas le coeur ...

 

Les "mers de plastic" d'Almeria, Huelva et autres sites de culture du genre illustrent la tendance dominante d'une agriculture où la recherche du profit financier justifie à peu près tout. Ce modèle de production aux nuisances multiformes n'est pas l'apanage de la seule Espagne, loin s'en faut. Mais dans ce pays, une classe d'agriculteurs que la cupidité pousse à l'inconscience, sévit notamment dans le domaine des tomates ... et des FRAISES.

C'est notre vieil ami Pierre - le sympathique jardinier barbu de Lamijardin  - qui vient de nous rappeler très à propos cette information qui peut déranger. Mais bon sang, combattons au moins solidairement l'ignorance des consommateurs !

Je vous reproduis ci-après un article vieux de presque deux ans déjà, issu de la plume (ou plutôt du clavier!) de Claude-Marie Vadrot. Il n'a rien perdu de son actualité, au contraire ...

Bien chlorophyllement vôtre,

José


Fraises espagnoles/ scandale écologique

Très instructif !


" D'ici à la mi‐juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...


Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1.500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16.000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi‐totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.


Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF‐France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Fraise culture Espagne


Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

 

Pesticides - Espagne

 

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans‐papiers sous‐payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver.

Mer de plactic


Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau. Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.  ... Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ...


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La production et l'exportation de la fraise espagnole, - l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril - représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises... "

PAR Claude‐Marie Vadrot
> > in  Politis jeudi 12 avril 2007
> > NB : N'hésitez pas à faire connaître ceci à vos amies et amis...

11:24 Publié dans FRUITS | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : fraises

Commentaires

....he bè...je mettrai mes proches au parfum!Beau w-end!

Écrit par : Zabou | 20/03/2009

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A noter qu'il y a aussi des fraises (gariguettes) de Provence en ce moment, elles sont vraisemblablement cultivées sous serre chauffée, ce qui est bof sur le plan écologique...

Écrit par : Tiuscha | 20/03/2009

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José, Merci pour cet article. Je n'achète jamais de fraises non-belges et toujours en saison. Il faut savoir avoir un peu de patience dans la vie.
Si tu le permets, je relaye cet article sur mon blog. OK pour toi?

Écrit par : Mark | 20/03/2009

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Un bon billet, mais j'ai pris des fraises l'autre jour, mais je n'ai pas vu d'où????

Écrit par : Eléonora | 22/03/2009

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Après les huiles frelatées, voici les fraises… Après les huiles frelatées d'Espagne en 1981 voici les fraises, ils n'ont vraiment rien de bon, à nous offrir. Personnellement, je n'utilise que des produits certifier biologiques. Ils sont plus chers, mais au moins je reste en santé. Merci, pour cet excellent article.

Amicalement, Fl♥rence du Canada

Écrit par : Cuisineflo | 22/03/2009

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Anne, José, J'adère tout à fait, je n'en ai pas encore acheté. Ni de framboises, ni de mûres, ni de .... Mais c'est pire que je ne pensais. Merci de nous avrertir comme tu le fais.

Écrit par : Mark | 28/03/2009

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j espère qu'un jour le vent tournera et que les gens preneront conscience qu'on est en train de s'autodétruire...merci pour ses informations détaillées!

Écrit par : Diana | 27/09/2009

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