02/02/2009

Manger des pâquerettes ! Et pourquoi pas ?

20080520 069 Pâquerette

Cuisine des fleurs :

Manger des pâquerettes! Et pourquoi pas ?

On ne se rend pas toujours bien compte de l'immense diversité végétale de ce que nous mangions il y a encore cent ans. Depuis, quelle monotonie croissante, quelle banalité congrue dans notre alimention ! Si nous ne réagissons pas, nous en seront réduit à quelques dizaines de légumes "sélectionnés" issus de variétés de légumes hybrides F1, par ailleurs bourrés de substances pesticides - invisibles certes, mais oh combien dangereuses pour notre santé.

Pour sortir de la banalité, la cuisine des fleurs offre une alternative intéressante à ceux qui - comme moi - aime sortir des "autoroutes à péage" d'un consommation alimentaire standardisée, malsaine et écologiquement insoutenable dont je prédis - avec tant d'autres - la faillite à moyen terme. Nous sommes de plus en plus nombreux à aimer la cuisine des fleurs, et cet intérêt va bien au delà d'une tendance de mode.

J'imagine que plusieurs d'entre vous se diront que c'est vraiment pas la saison, qu'il n'y a pas de fleurs en hiver, et que mon propos est anachronique. Détrompez-vous, il est une fleur comestible particulièrement rustique et universellement connue qui - si elle est surtout abondante vers Pâques - peut fleurir pratiquement toute l'année. Qui ne connaît pas les petites fleurs blanches au coeur jaune de la pâquerette ?  Qui n'en a pas cueilli quand il était enfant ?

Le nom scientifique de la pâquerette vivace est Bellis perennis Linné. Elle appartient à la famille botanique des astéracées. Dans la langue vernaculaire, on l'appelle souvent "petite marguerite de Pâques".

La pâquerette est si avide de la lumière qu'elle croit et fleurit en direction du soleil; c'est ce que l'on appelle un plante phototrope

Oui, bien sûr, cette vivace est très menue et discrète en cette saison. Ses petites rosettes se protègent dans les herbes des pâturages roussies par le gel, et si vous prenez le temps de les observer, vous pourrez apercevoir de petites fleurs en boutons qui n'attendent qu'un peu d'ensoleillement prolongé pour s'épanouir en colonie dans les prés, les clairières et les pelouses (sauf si l'on a répandu de l'herbicide sélectif dessus pour détruire cette prétendue "mauvaise herbe"). Lorsque les fleurs s'ouvrent et que le temps est froid, elles présentent la particularité des pétales ne sont pas uniformément blancs et que leurs extrémités peuvent se teinter d'une couleur rouge vineuse.

Dans les campagnes, et pendant des siècles, nos ancêtres n'ont pas hésité à consommer les feuilles et les fleurs de cette petite plante sauvage, et ils s'en portaient plutôt bien. Tonique, la pâquerette a aussi des propriétés calmante, dépurative et très rafraîchissante. Une autre de ses vertus est de combattre la constipation.

En cuisine, on peut consommer la pâquerette - crue ou cuite - comme un légume vert. Jadis, les feuilles entraient dans la préparation de potages aux herbes. Les fleurs servaient à la préparation de bonbons et de friandises. On les utilise aujourd'hui pour garnir les plats avec originalité. 

Quant au goût - s'il déconcerte pour son peu d'analogie avec les légumes que nous consommons habituellement - il est franchement doux et agréable. Personnellement, c'est crue et ciselée dans la salade, que j'apprécie le plus les fleurs et les petites feuilles. Mais je me souviens avec plaisir du jour où - à Ustariz -j'avais consommé un pigeonneau cuit au four après avoir été farci.  Comme je me délectais, je me suis bien sûr enquis de la nature de la farce, et à ma grande surprise, j'ai appris que c'était - pour l'essentiel - un mélange de feuilles et de fleurs de pâquerettes hachées.

Je ne voudrais pas faire l'apologie de la pâquerette sans cependant vous mettre en garde. Cette charmante petite plante sauvage, très résistante au piétinement, pousse parfois dans des sols beaucoup trop pollués, comme des talus des bords de route par exemple. Il ne faut jamais les récolter à de tels endroits; pas davantage dans les prairies où paisent régulièrement des vaches, des chevaux ou des ovins.

Finalement, comme sa culture ne présente aucune difficulté, il n'est pas utopique de faire pousser la pâquerette à un endroit bien ensoleillé du potager. Vous aurez plus de garantie sanitaire, et elles se multiplieront rapidement, au point de devenir parfois franchement envahissantes si vous n'en consommez pas assez.

Allons, encore un légume de retrouvé.

Bien chlorophyllement dévoué,

José 

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04/11/2008

Crosnes du Japon à la crème et aux truffes

2007 11 08 002 Crosne du Japon

Crosnes du Japon à la crème et aux truffes

(Pour 4 personnes)

Temps de préparation : 20 minutes

 

Ingrédients :

800 gr de crosnes

 2 poignées de gros sel marin

10 cl de crème fraîche liquide

1 petite truffe fraîche du Périgord

Sel, poivre

 

Préparation :

Lavez les crosnes sous un filet d’eau . (En raison de l’aspect annelé des petits tubercules, un petite brosse à champignon vous facilitera le travail.)

Placez les crosnes dans un essuie de cuisine, couvrez avec une poignée de gros sel marin, refermez l’essuie et malaxez son contenu de manière à « abraser » la fine peau qui enveloppe les crosnes.

Rincez à nouveau les crosnes, égouttez-les sans les essuyer.

Plongez-les ensuite dans une caserolle d’eau bouillante et faite cuire pendant 10 à 12 minutes.

Pendant ce temps, faites chauffer dans un poêlon, à feu très doux, la crème fraîche en y incorporant la truffe hâchée et en assaisonnnant selon votre goût (poivre, sel, …).

Lorsque la cuisson des crosnes s’achève (il faut qu’ils restent légèrement fermes !), égouttez-les, et nappez-les avec la sauce.

 

Cette préparation truffée accompagne idéalement une côte de veau grillée ou poêlée.

 

 

Estouffade aux carottes "Chantenay", navets, "plates de Florenville" et jambonneau en croûte moutardée

20081011 040 Jambonneau en croute moutardée

 

Estouffade aux carottes "de Chantenay", navets, "plates de Florenville" et jambonneau en croûte moutardée

 

Le temps est gris et pluvieux, la température médiocre. Aussitôt nos goûts se portent vers d'autres types de préparations culinaires, et les bons petits plats cuits "à l'étouffée" nous font plus spécialement envie depuis quelques jours.
 
Dans la recette que je vous propose aujourd'hui, je vais vous faire découvrir deux ingrédients-légumes fort intéressants pour les cordons bleus : la carotte "Chantenay" et la pomme de terre "Plate de Florenville".

 

20081011 015 Carotte Chantenay & Navet

La carotte "Chantenay à coeur rouge" est une très vieille variété potagère française, longtemps spécialité de Chantenay-sur-Loire, dans la périphérie nantaise. C'est un carotte demi-longue appréciée et appréciable pour son bon goût. Petite et trapue, elle ne s'épluche pas, se consomme entière après une cuisson très rapide.

 

20081011 003 Pomme de terre Plate de Florenville

 

La pomme de terre de "Plate de Florenville" est un produit de terroir non labellisé fort réputé en Belgique pour sa chair ferme, jaunâtre, d'un goût fin et délicat. Il s'agit d'un variété de type "rosa" cultivée dans les terres sablonneuses d'une zone jurassique de la province du Luxembourg. Cette pomme de terre est incomparable lorsqu'elle entre dans la préparation des plats "al touffaye", expression wallone équivalente au français "à l'étouffée" ou "estouffade".


Ingrédients

(Pour 4 pers.)
 
500 gr de carottes (de votre choix)
8 navets (choisissez-les tous d'un même calibre)
750 gr de pommesde terre (fermes gardant bien à la cuisson, telle la "plate de Florenville")
1 gros oignon haché + 2 échalotes hachées
2 éclats d'ail (non épluchés)
3 feuilles de laurier
2 branches de thym
1 branche de sarriette

1,5 L de bouillon de volaille
1,5 dl de vin blanc sec

2 à 3 c à S de moutarde à l'ancienne

2 c à S de parmesan fraîchement rapé


Huile d'olive
Sel/poivre
 
2 jambonneaux légèrement fumés et précuits

 

Préparation

 

Lavez les carottes, épluchez les navets et coupez-les en 4.
Epluchez le pommes de terre, coupez-les en deux si elles sont trop volumineuses.
Dans une casserole en fonte (style Le Creuset), faites revenir l'oignon et l'échalote dans l'huile d'olive jusqu'à ce qu'ils deviennent translucides. Ajoutez-y les carottes, les navets et les pommes de terre, ainsi que les aromatiques. Faites en sorte que les légumes soient bien enrobés d'huile d'olive, remuez consciencieusement.
Incorporez le vin blanc et 1/3 du bouillon.
Amenez à ébullition.
Salez et poivrer.
 
Laissez mijoter à petit feu pendant 10 MIN, surveillez et ajoutez du bouillon par petites quantités.
Déposez les jambonneaux par dessus les ingrédients et laissez cuire encore 10 min. Faites en sorte qu'il reste toujours assez de liquide pour la cuisson.

Mélangez les 2 c à S de moutarde avec 2 c à S d'huile d'olive et le parmesan. A l'aide d'un pinceau de cuisine, enduisez les jambonneaux avec ce mélange. Déposez les jambonneaux dans un plat à four. Glissez le dans un four préchauffé à 180°C pendant 10min. maximum. Prolongez la cuisson de 2 à 3 min. sous le gril, afin d'obtenir une belle croûte sur vos pièces de viande.

 
A déguster bien chaud avec de la moutarde de Dijon et une bonne bière blonde.

 

Bon appétit !

Anne

 

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03/11/2008

Légumes oubliés : la TÉTRAGONE CORNUE

20080904 125 Tétragone cornue Desktop

Légumes-feuilles :

La TÉTRAGONE CORNUE

Nous sommes déjà début novembre, et j'étais fort surpris de constater ce matin combien d'espèces de fruits (oui, même des fraises blanches et des fraises caprons!) et de légumes réputées d' "été" étaient encore présentes au potager, et cela dans un état de fraîcheur et de vigueur remarquable.

Parmi elles, la tétragone cornue (Tetragonia tetragonioides, O. Kuntze), que beaucoup d'entre vous connaissent mieux sous le nom d' "épinard de Nouvelle-Zélande" ou  d' "épinard d'été". J'ai pu en faire ample récolte aujourd'hui, avec l'intention de les préparer dans les prochains jours.

C'est l'occasion de vous dire un mot au sujet de cet autre légume injustement oublié. J'en parle avec enthousiasme , parce que ces dernières années, j'en suis arrivé à l'apprécier bien davantage que les véritables épinards (Spinacia olearacea, Linné), tant pour des raisons de goût que de qualité diététique.

La tétragone cornue est une plante herbacée de la famille des Aizoacées, originaire de la Nouvelle-Zélande et de nombreuses îles de l'Océan atlantique. Mais elle est appréciée et cultivée depuis longtemps aussi à l'île de la Réunion, où les créoles la désigne très cocassement "brède tétragone" ou "zépinard".

Dans le monde occidental, la tétragone cornue est d'abord arrivée en Angleterre - dans la foulée des expéditions du navigateur James Cook (1728-1779) - avant de se répandre dans plusieurs pays du continent européen, dont la France à partir de 1810. Parfaitement acclimatée, la tétragone était jadis très fréquente dans nos potagers. A bien des égards, c'est un légume absolument remarquable, auquel sa richesse en vitamine C confère d'ailleurs des vertus redynamisantes fort intéressantes pour notre organisme. (Riche en sels minéraux, elle contient aussi les précieuses vitamines B1, B2 et PP).

Mais, comme tant d'autres légumes d'antan, la tétragone n'a pas trouvé grâce aux yeux des "Merchant adventurers" cupides qui organisent  (lisez "banalisent") nos chaînes d'approvisionnement vivrier selon les règles du plus gros profit ... financier. Je n'avais jamais vu ce légume dans aucun commerce avant qu'Anne et moi ayons décidé un beau jour de le cultivernous-même pour pouvoir le découvrir et le goûter.

C'est une plante très facile à cultiver, qui ne demande presque aucuns soins. D'une année à l'autre, elle se réensemence toute seule avec une aisance désinvolte. Elle s'étale fortement, formant un excellent couvre-sol durant l'été.

En cuisine, on consomme les feuilles de la tétragone crues ou cuites. Les petites feuilles jeunes des sommités de la plante sont un délice dans les salades. Ces feuilles sont plus charnues et moins fibreuses que celles des véritables épinards. Hachées, cette verdure est plus veloutée que l'épinard. Il n'est pas nécessaire d'y adjoindre de la crème fraîche pour que la structure devienne agréable au palais. Et puis, il a ce petit plus qui me plaît personnellement beaucoup : une discrète saveur marine, un petit goût subtilement iodé (comme sa lointaine cousine, la ficoïde glaciale).

La tétragone cornue se prépare comme les épinards, et accompagne judicieusement les viandes blanches. On les cuit au beurre, au jus. en potage ou on les fait simplement sauter dans une poêle avec un peu d'huile d'olive, une pointe d'ail et de l''échalote. (Pour les connaisseurs, il est d'usage d'ajouter quelques feuilles de petite oseille à celles de la tétragone.)

En conclusion, je ne peux qu'encourager ceux d'entre vous qui, légitimement soucieux de biodiversité, déciderons de cultiver dès le printemps prochain dans un coin de leur jardin cet excellent légume introuvable dans le commerce standard. Ceux-là découvrirons qu'ils s'offrent un plaisir bien grand et fort sain pour un minimum d'effort jardinier.

Vous voulez tenter l'expérience ? Des graines de qualité (elles ont la forme particulière d'une petite tête de "diable") sont commercialisées par Vilmorin-Clause. Le semis est assez dur à démarrer (avril), mais la capacité germinative peut être grandement améliorée si vous plongez les graines pendant 48 heures dans de l'eau tiède ou mieux, pendant 24 heures dans un peu de petit lait. (Ce "truc" un peu étrange de jardinier s'explique par la présence dans le lait d'un enzyme qui fait réagir le germe.). Après, la culture se fait quasimment toute seule, avec premières récoltes en juillet.

Votre bien chlorophyllement dévoué,

José

 

30/10/2008

Recette : Cardons farcis, salade de carottes à la marocaine

 

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Cardons farcis, salade de carotte à l'orange et aux pignons

 

Comme promis, voici une recette simple et délicieuse que je vous propose pour illustrer la cuisine du cardon, ce légume de saison qui fait son grand retour dans nos assiettes et que José vous a présenté hier sur ce blog. Il s'agit de "cardons farcis" cuits au four selon une recette inspirée et adaptée de Fatéma Hal, l'incontestable reine de la cuisine marocaine à Paris, où son restaurant "El Mansouria" ne désemplit jamais de gourmets enthousiastes. J'ai eu le plaisir de la rencontrer avec Marielleau mois de novembre 2007 à Bruxelles, et lui adresse ici mon souvenir le plus amical. 

 

Ingrédients

1 kg de cardons nettoyés bien tendres

400 gr de viande hachée

1 botte de persil plat

1 oignon

1 citron non traité

1 litre et demi d'eau

1 c à c de sel +  sel d'assaisonnement de la farce

2 oeufs

1 c à c de "Quatre épices"

1 c à c de poivre

5 c à S d'huile d'olive

1 c à S de beurre

Quelques petits cure-dents en bois

Pour la cuisson en "blanc-bouillon" prévoir une cuillère à soupe de farine délayée dans 3 c à S d'eau. Versez ce mélange dans l'eau bouillante avant d'y plonger les cardons.

 

Préparation

Lavez et hachez le persil. Epluchez l'oignon et hachez le finement. Pressez le citron.

Dans un casserolle, mettez l'eau, 1 cuillère à café de sel et faites bouillir. Ajoutez le jus de citron et la préparation de blanc-bouillon.

Épluchez-les et ôtez les fils. Otez également la fine "peau" qui recouvre le côté creux. Coupez-les en morceaux de 8 cm de long et plongez les dans l'eau citronnée bouillante. Laissez-les blanchir 25 minutes environ puis égouttez-les.

Pendant, ce temps, préparez la farce. Dans un saladier, mélangez la viande hachée, les oeufs battus, l'oignon haché, le reste du sel, les "quatre-épices" et le poivre.

Mélangez bien puis formez des petits rouleaux de 7 cm de long et placez-les dans la partie creuse des cardons. Utilisez un autre cardon comme couvercle et piquez un cure-dent pour maintenir l'ensemble. Poursuivez jusqu'à épuisement de la farce. (Avec un kilo de côtes de cardon, vous obtiendrez environ 12 portions, soit 3 par convives)

Préchauffez votre four à 210°C (thermostat 7). Beurrez un plat allant au four. Disposez-y les cardons farcis, puis nappez-les avec un peu d'huile d'olive. Enfournez le plat et faites cuire pendant 35-40 minutes.

Servez chaud, par exemple avec une salade de carottes à l'orange en accompagnement.

 

Salade de carottes à l'orange et aux pignons

Râpez 5 carottes; pressez deux oranges. Mettez le tout dans un saladier, mélanger et ajoutez-y 20 gr de pignons de pin, 1/2 c à café de cannelle, 1 c à soupe d'eau de fleur d'oranger. Mélangez à nouveau et disposez sur assiette dans un emporte-pièce.

 

Bon appétit !

Anne

 

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24/10/2008

TONDA DI CHIOGGIA : on a craqué pour une BETTERAVE

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"TONDA DI CHIOGGIA" : on a craqué pour une BETTERAVE !


 
En cuisine, tant à la maison qu'au restaurant, le succès de la betterave rouge ne se dément pas ces dernières années, et sa consommation est même en forte augmentation . Mais sa chair très foncée avec un arrière-goût plus ou moins terreux selon la variété, ne plaît pas à tout le monde, surtout chez les enfants.

Anne et moi apprécions fort la betterave crue, découpée en tranches très fines ou râpées. Pour cette utilisation, les betteraves classiques - rouge foncé et rondes - disponibles chez le légumier, ne sont pas - à notre avis - les plus adéquates.

 

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Passionnément soucieux  de biodiversité alimentaire potagère, nous avions donc opté depuis plusieurs années, pour une très ancienne variété de betterave rouge, la "Crapaudine", réputée pour son bon goût certes, mais presque jamais commercialisée. Contrairement à la majorité des autres betteraves rouges, la racine de cette variété n'est pas ronde, mais bien allongée et irrégulière à la manière d'une betterave sucrière. Rouge foncé également, sa chair laisse cependant apparaître un très léger marbrage blanc. A table, cette variété consommée crue plaisait généralement beaucoup à nos amis, même à plusieurs d'entre eux qui croyaient en arrivant ne pas aimer la betterave potagère.

Cette année, nous avons mis en culture une nouvelle variété, la "Tonda di Chioggia" ou "Ronde de Chioggia". Au potager, cette variété italienne est réputée plus sensible à sécheresse que ses cousines. Mais avec l'été pluvieux et sans canicule que nous avons connu cette année, pas de problème donc pour la bonne croissance de la "Tonda di Chioggia". Et la récolte est abondante.

 


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Lorsque nous l'avons goûtée pour la première fois en septembre dernier, nous avons véritablement "craqué" pour cette betterave, d'une part en raison de son bel aspect original, et d'autre part pour ses qualités de structure et de goût. En crudité, la "Tonda di Chioggia" n'a pas d'égale .. sauf la "Crapaudine", plus banalisée cependant à cause de sa couleur rouge foncé. Allons ! vous les créatrices de petits plats merveilleusement dressés, imaginez un peu quel parti vous pourriez tirer de cet ingrédient agréablement décalé d'aspect et de goût !

Si vous en avez la possibilité, faite l'expérience, la "Tonda di Chioggia" en vaut vraiment la peine. Foi de jardinier gourmand ...

 

Bien chlorophyllement et gastronomiquement vôtre,

José

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23/07/2008

Le PÂTISSON : bon pour la ligne, succulent pour les papilles

Pâtisson Croblanc P1080201.jpg

Bon pour la ligne, succulent pour les papilles :

 

Le Pâtisson


 

C'est le début de sa saison de récolte de cette courge à la forme si singulièrement aplatie, et vous devriez - avec un peu de vigilance - le rencontrer dès à présent à l'étal de votre marchand de fruits et légumes.

Si cette courge ne vous est pas trop familière, son bon goût, ses qualités nutritives et les innombrables préparations qu'elle permet mérite toute votre attention.

Le pâtisson est un légume-fruit des plus sympathiques, aussi souvent appelé "artichaut de Jérusalem", "bonnet de prêtre" ou "bonnet d'électeur". (Attention, l'appellation "artichaut de Jérusalem" peut prêter à confusion, parce qu'elle s'emploie aussi pour désigner ... le topinambour !) Les termes "pâtisson" et "bonnet" n'ont rien de botanique; ils font référence à la forme très particulière du fruit, qui ressemble un peu à un gâteau ancien ou à un couvre-chef d'une autre époque. Aujourd'hui, les enfants les appellent plus volontiers des "soucoupes volantes" ou des "satellites"; il faut évoluer.

Le pâtisson est une plante potagère qui appartient à la grande famille des plantes cucurbitacées, laquelle se divisent en un grand nombre d'espèces (plus de 100 !), dont quelques unes cultivées pour leurs fruits comestibles.

A ce titre, les GENRES les plus connus et usuels sont :

  • Citrullus (pastèques)
  • Cucumis (concombres et melons)
  • Cucurbita , qui nous intéresse ici, puisque c'est celui du pâtisson.

Le genre cucurbita comprend lui-même plusieurs ESPÈCES :

  •  Les giraumons et les potirons appartiennent à l'espèce Cucurbita maxima.
  •  L'espèce Cucurbita moschata est celle des courges musquées, comme la "Provençale", la "Napolitaine" ou la "Butternut".
  •  La célèbre courge de Siam, plus souvent appelée melon de Malabar, appartient à une espèce distincte, mais moins représentée: Cucurbita ficifolia.
  •  Quant au bénincasa, qui commence à être un peu connu des gourmets éclairés du monde occidental, il appartient à l'espèce Cerifera.

 

Enfin, l'espèce Cucurbita pepo regroupent les courges et courgettes proprement dites, parmi lesquelles il faut encore distinguer :

  • les citrouilles

 

  • les courges d'été (ou "courgettes", ce terme devant être utilisé pour qualifier une jeune courge immature, et non pas comme une catégorisation botanique.)

 

  • les courges d'hiver (de conservation)

 

  • et enfin, les pâtissons   (cucurbita pepo var. ovifera Alef.  )

 

Les variétés de pâtissons offrent différentes tailles et différentes couleurs. Je ne crois qu'il y ait de variété dont le fruit dépasserait 25 cm de diamètre; en tout cas, je n'en ai jamais vu. 

La couleur la plus connue est la blanche (variétés "Blanc" et "Croblanc "). Ce sont les pâtissons que vous trouverez le plus facilement sur le marché. Mais il existe aussi des pâtissons dont la peau est uniformément jaune, orange ou verte; d'autres dont la peau est striée ou mouchetée dans les combinaisons de ces 4 couleurs. La chair du fruit (les botanistes disent le "sarcocarpe" !) peut être blanche, jaune ou orangée. 

 

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Selon les variétés, le poids est très variable : il va de 10 gr environ ("Patty Pan", "Peter Pan", variétés à confire comme des cornichons) à plus de 2 kg ("Blanc", "Croblanc", "Griffe du diable").

De toute manière, le pâtisson est plus particulièrement délectable lorsqu'il est cueilli jeune, c'est-à-dire dans les variétés les plus grandes, lorsque son diamètre ne dépasse pas 8-10 centimètres (la largeur d'une main). A cette taille immature, il n'est généralement pas nécessaire de le peler et il peut être préparé dans sa peau. Cela permet de mettre en évidence, sur votre plat, sa forme singulière aplatie, bordée de 10 bosses. (Dans certaines variétés, ces bosses sont si accusées qu'on les qualifie alors de "griffes").

  

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Personnellement, Anne et moi préférons le pâtisson orange de taille moyenne. Nous l'avons cultivé à partir de graines qu'un ténor du Barreau - par amitié pour nous et sympathie pour nos projets - nous avait rapporté de l'île Maurice, où il est fort consommé et apprécié comme crudité ou comme petits farcis cuits au four. Cru, sa chair reste agréablement croquante et rend un délicat petit goût d'artichaut que les autres variétés n'offrent pas. A essayer absolument ! Cuits, ils se prêtent à la cuisson au four ou - en beignets - à la friture. C'est un ingrédient qui offre d'immense possibilité à votre créativité culinaire, et je suis bien curieux de lire sur le blog de Lavande les recettes que vous lui aurez proposées.

Composé à 95% d'eau, le pâtisson - comme la plupart des courges - est fort peu calorique. Il renferme peu de lipides, de protides et de sucres. Mais il contient en abondance la précieuse provitamine A (100 mg pour 100 gr) et de la vitamine C (20 mg pour 100).

Alors, dites-moi, qui à déjà préparé et mangé du pâtisson frais cette année ? Et quelle recette vous a séduit ?

Bien chlorophyllement à vous,

José

 

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