22/11/2008

Puisque la Biodiversité nous veut du bien ...

Biodiversité Pomone MG_3465

Une photo d'Alexandre Bibaut prise dans les jardins de Pomone

 

Puisque la biodiversité nous veut du bien ... ensemble, (re)créons des potagers !

 

 

La biodiversité : c’est quoi au juste?


Biodiversité ! Tout le monde en parle, et pourtant sa définition reste un peu hasardeuse. C’est un néologisme apparu dès la fin des années ’80 formé par la contraction des termes « diversité
biologique
».

La biodiversité est constituée par l’ensemble des innombrables organismes vivants considérés dans leurs interactions à partir d’un support commun, le sol. Faune, flore, micro-organismes, tout ce qui vit ne se perpétue qu’en associations équilibrées avec une multitude d’autres organismes vivants.

Le sol, support de la biodiversité, est évidemment de nature variable, notamment en fonction des éléments physiques et chimiques présents à un endroit donné. Selon ses caractéristiques locales propres, il constitue un biotope particulier (par exemple : les dunes côtières, le marais, l’alpage, la forêt tropicale, la tourbière …) auquel est lié une biodiversité spécifique.Ce sont ces différents types de biodiversités spécifiques que l’on nomme biocénoses.

L’homme tient évidemment une place dans l’expression globale de vie produite par la biodiversité; il ne saurait vivre harmonieusement et durablement dans la carence ou en
l’absence de cette diversité complexe. Autrement dit, l’homme ne vit pas face à la Nature, mais dans la Nature, et il doit assumer loyalement son lien de vassalité envers elle. C’est la
condition de sa propre survie
. La recherche de développement économique nous a souvent fait perdre le sens de cette loi naturelle fondamentale.

La biodiversité est un legs biologique et culturel de dimension planétaire : elle permet une adaptibilité rapide aux inévitables modifications de l’environnement et garantit notre sécurité
alimentaire à long terme
. Pour les écologistes, elle est «patrimoine de l’humanité ».

 

biodiversite_humour

"Homo homini lupus" (Plaute, Ansinaria, II) - "L'homme est un loup pour l'homme"


Où en est-on concrètement dans le respect de la biodiversité ?

Un constat simple et rassurant s’impose, surtout en Europe : aujourd’hui, la biodiversité, envisagée sous l’angle de l’alimentation, fait l’objet d’un large consensus citoyen refusant les OGM (ou en tous cas leur banalisation) et soucieux de voir l’indispensable production agricole s’inscrire dans des limites volontaires qui préservent l’équilibre naturel et autorisent le développement durable.


La "révolution verte" : un assaut terroriste de la biodiversité

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’agriculture européenne s’est remodelée très rapidement sur le modèle ultra-performant que les libérateurs américains avaient déjà adopté
outre-Atlantique. Monocultures demesurées, moyens mécaniques titanesques, traitements intensifs des sols à l’aide de la soi-disant miraculeuse «trinité NPK» des engrais chimiques (azote, phosphore, potassium), épandages massifs et pulvérisations répétées d’innombrables pesticides à l’innocuité affirmée mais jamais démontrée. C’est ce modèle impressionnant d’agriculture que l’on a appelé la «Révolution verte»; tout y a été sacrifié au rendement économique et à la production quantitative. Résultat : après seulement deux générations d’agriculteurs adeptes de ces méthodes intensives, bien des terres arables ont vu leur biodiversité durablement anéantie et sont devenues incultes. C’est pourtant au nom du progrès scientifique que ces terres avaient été exploitées de la sorte. Un dicton plein de dépit traduit cet échec ciglant « La terre a enrichi le père pour appauvrir le fils ». Une grande proportion de terres de cultures sont passées de ce fait à la spéculation immobilière.

Ce qui est certain, c’est que la biodiversité a payé et paye encore un tribut insoutenable aux méthodes agricoles initiées par la «Révolution verte». L’essor de cette dernière correspond à une disparition accélérée de très nombreuses espèces vivantes.


OGM : un nouveau péril pour la biodiversité

Le premier légume OGM est apparu dans un laboratoire américain en 1994. C’était une tomate qui se révéla d’un goût si abominable que même les consommateurs américains, pourtant peu experts en saveurs raffinées, n’en ont pas voulu. De fait, la tomate codée « Flavr-SavrMD » (puis plus commercialement « McGregor ») avait été mise au point grâce à un gène de poisson susceptible d’empêcher que le fruit ne puisse ramollir par la dégradation (naturelle) des pectines de ses parois, ce qui en augmentait considérablement la fermeté et la conservation. Les apprentis sorciers qui, au nom du progrès, n’avaient pas pris en compte l’insurmontable goût de métal oxydé qu’elle rendrait à la « dégustation », ont connu une solide déconvenue et un échec financier considérable. Mais, il faut aussi le dire, ils ont réussi
depuis à mieux contrôler ces effets indésirables. Et les Etats-Unis ont fait de la commercialisation croissante de variétés transgéniques un char de combat économique qui part à la conquête de la monde. Nous ne pouvons pas tolérer que cette nouvelle génération de produits agricoles puisse nous être imposée à notre insu où contre notre gré !

En mai 2002, l’association écologiste Greenpeace a publié, à la demande de l’Union européenne, un document démontrant l’impossibilité pratique de faire coexister dans une même région des cultures trangéniques avec d’autres cultures, notamment parce que des contaminations génétiques étaient pratiquement inévitables.

Officiellement, il n’y a pas d’organismes génétiquement modifiés (OGM) cultivés en Europe, hormis le trop fameux maïs transgénique MON810 mis au point par la firme Monsanto. Mais la pression exercée par l’Administration et les milieux d’affaires américains sur l’Union européenne ne cesse de croître, et s’exerce simultanénément sur les plans diplomatique et économique.

Certains affirment que Nicolas Sarkozy, à la recherche de soutien international dans une course vers l’Élysée, a donné officieusement à l’administration Bush et à certains milieux d’affaires américains de solides garanties sur la politique qu’il mènerait sitôt élu en vue de faire lever le fameux moratoire de 1999 qui protège encore le consommateur européen contre l’introduction massive d’OGM dans l’Union. Effectivement, et contre l’avis d’une opinion publique majoritairement défavorable, la résistance des autorités européennes se relâche. Le disposif juridique est défaillant, et l’on peut deviner les futurs points de brèche.

Les OGM inondent déjà le marché européen de l’alimentation animale. Depuis quelques mois déjà, les produits de consommation alimentaire ne sont plus totalement exempt d’OGM.


Biodiversité - La menace pèse
La terre "planifiée" selon Monsanto, Syngenta, Bayer et consorts


Quoi qu’il en soit, remarquons simplement que, sitôt élu à la présidence, Nicolas Sarkozy a nommé au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, une certaine Christine Lagarde, brillante avocate et femme d’affaires française installée depuis plusieurs années aux États-Unis (Chicago), où elle présidait le comité exécutif du célèbre cabinet international d’avocats
d’affaires Baker&McKenzie, chargé notamment à plusieurs reprises de la défense des intérêts de grandes multinationales productrices d’OGM. Comment ne pas voir dans le «choix» du
nouveau président un gage de sa soumission aux exigences américaines ? Il est vrai que le dérapage électoral d’Alain Juppé à Bordeaux, lors des législatives du mois de juin 2007, a obligé Sarkozy à un remaniement. ministériel un mois seulement après la mise en place de son gouvernement. Si Christine Largarde a perdu ainsi le portefeuille de l’Agriculture, elle s’est aussitôt vu octroyer celui de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. Pour complaire aux visées économiques de Washington?

 

Gandhi

Le Mahatma GANDHI : "Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité"


De la perte de biodiversité aux légumes oubliés

Dans un rapport datant de 1998, les experts du FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) estimaient que 75% des variétés végétales qui entraient encore dans notre alimentation au tout début du XXème siècle étaient perdues. Ce qui revient à dire que trois légumes sur quatre ont disparu de nos assiettes en moins de cent ans.

Pour s’en convaincre, il suffit de compter le nombre de fruits et de légumes différents que propose à la vente votre supermarché. Vous constaterez que, toutes espèces et variétés confondues, ce nombre ne s’élève que très exceptionnellement jusqu'à 60, en ce compris des espèces exotiques, tels que les ananas, les bananes, les mangues … et bien d’autres. Quelle commune mesure entre ce chiffre de 60 et les 1200 variétés de salades que l’on pouvait
recenser dans les petits potagers d’avant la seconde guerre mondiale, les centaines de variétés, parfaitement rustiques, de poires, de pommes ou de prunes q ui embaumaient nos vergers, ou encore les plus de 2000 variétés fixées de tomates que perpétuaient certains jardiniers en prélevant et en conservant chaque année les graines avec soin?


Résistons : ensemble, créons des potagers

Depuis peu, dans un courant de réhabilitation de variétés potagères tombées en désuètude, un nombre croissant de personnes s’intéressent à la culture de légumes qualifiés d’«anciens » ou d’ «oubliés ». Des associations ou des entreprises spécialisées, comme « Kokopelli, Semailles, La ferme de Sainte Marthe, Biaugerme, les Graines Baumaux, … étoffent chaque année le choix des semences traditionnelles qu’ils proposent à leurs clients. Et il est donc possible à celui qui possède un petit potager, de cultiver lui-même des variétés de fruits et de légumes intéressants dont la grande distribution c’est totalement désintéressée depuis longtemps.

Pour ceux et celles qui ne disposent pas d’un potager, rappelons qu’un simple balcon permet de cultiver valablement en pots de nombreuses plantes aromatiques et quelques légumes introuvables dans le commerce. Ce type de culture «minimaliste» donne pourtant de bons résultats et peut procurer un réel sentiment de bonheur et de fierté à ceux qui s’y adonnent.

Enfin, pour ceux qui n’ont ni jardin, ni balcon, mais qui sont néanmoins soucieux de ladiversification de leur alimentation, il faut savoir qu’un nombre croissant de petits producteurs locaux vendent directement aux particuliers leurs récoltes de saison . Repérez-les, tentez de vous approvisionnez chez eux. Les prix modérés qu’ils pratiquent s’inscrivent généralement dans un rapport convivial fait de respect mutuel. Quant à la qualité alimentaire de ces ingrédients bio sans labels ni brevets, et à leurs saveurs … mmmh, qui dit mieux ?

Bien chlorophyllement vôtre !

José

13/10/2008

Les POIRES sont mûres !

20081011 070

Poires à cuire "Gieser Wildeman"

(Les Jardins de Pomone)

Fruits de saison :

Les POIRES sont mûres !

 

C'est la saison des poires et nos hypermarchés nous en proposent quelques variétés - mais avec de longues dents semble-t'il, parce qu'elles se conservent souvent assez mal sous emballage et détestent les manipulations - quelques variétés : Beurré hardy, Conférence, Crassane, Doyenné du Comice, Williams ... et c'est déjà à peu près tout !

 

Poire - fruit sur arbre 02

 

Moi le rebelle, l'adversaire rageur et irréductible des filières internationales de "malbouffe", le chercheur affamé de biodiversité alimentaire, je voudrais faire entrevoir ici à tous ceux d'entre vous qui l'ignore ou en doute l'incroyable patrimoine de variétés et l'immense palette de saveurs que les poires peuvent nous offrir.

Je vous avais déjà parlé sur ce blog du potager du roi à Versailles, et de Jean de La Quintinie (1626-1688), le génial agronome de Louis XIV. Ce Monsieur de La Quintinie aimait beaucoup les poiriers et avait sélectionné "quelques" variétés pour son royal patron. Excusez du peu !

Ambrette - Amiré-rouxBergamotte - Besi de la Motte - Beurré - Blanquette à longue queue - Bon-chrétien d'hiver - Bourdon - Bugi - Cassolette - Colmar - Crassane - Cuisse-Madame - Épine - Espargne - Fondante de Brest - Gros-Blanquet - Grosse musquée de Coué - Grosse-musc - Inconnue Chéneau - La Princesse - Lansac fin - Leschasserie - Louise-Bonne - Marquise - Martin-sec - Messire Jean - Musquat fleuri - Musquat Alleman - Musquat Robert (ou Poire de la Reine) - Non commune des défunts - Orange verte (ou Friolet) - Musquat ver - Pendar - Petit Blanquet - Petit Musquat - Petit Oin - Poire d'Ambre - Poire de Ronville (ou Martin Sire) - Poire de Vigne (ou Demoiselle) - Poire Madeleine - Poire Sans Peau - Portail - Pucelle de Flandre - Pucelle de Saintonge - Robine - Rousselelt - Rousseline - Saint Augustin - Saint Germain (ou Inconnue La Fare) - Saint Lezin - Satin vert - Sucré vert - Verte Longue - Virgoulé (*)

 (*) (Non, non, je n'ai pas perdu mon orthographe ! Les poiriers ci-dessus sont parfois cités dans leur orthographe "françoise" du XVIIème siècle.)

 

Poires en mélange

 

Cette liste des variétés recommandées par La Quintinie figure dans son fameux ouvrage : Instructions pour les jardins fruitiers et potagers (parution posthume, 1690). Beaucoup de ces variétés ont évidemment disparu aujourd'hui, mais quand-même, sans se prendre pour le "Roi-Soleil", on doit se dire que ... nous sommes nulle part aujourd'hui en termes de biodiversité !

Pour s'y retrouver parmi les poiriers, on peut les classer pratiquement en trois catégories :

 

      • les poires à couteau,

 

      • les poires à cuire,

 

      • les poires à poiré.

 

 

Poire Hortensia

 

Les poires à couteau

Cette catégorie se divise elle-même en trois groupes distincts : les poires d'été, les poires d'automne et les poires d'hiver.

  • Les poires d'été regroupent les variétés qui sont mûres entre les mois de juillet et de septembre Belle d'Orléans - Beurré Giffard - Bonne d'Ézée - Boutoc - Clapp's Favourite - Comtesse de Paris - Cuisse Madame - Doyenné de Juillet - Jefkes (ou Beurré Chaboceau) - Poire à vin (ou Calebasse de la Reine) - Williams ...

 

  • Les poires d'automne sont les variétés qui se récoltent d'octobre à mi-décembre, comme : Beurré d'Angleterre - Beurré Gris - Beurré Hardy - Beurré SuperfluDoyenné du Comice Dubbel Flip - Duchesse d'Angoulême - Impératrice d'Hiver (ou Winterkeizerin) - Légipont - Jules d'Airolles -Triomphe de Jodoigne - Triomphe de Vienne ...

 

  • Les poires d'hiver sont les variétés qui récoltent très tardivement, de mi-décembre à la mi-mai. Parmi ses variétés : Bergamotte - Beurré d'Aremberg - Doyenné d'Alençon - Doyenné d'hiver - Esperen - Joséphine de Malines - Lectier - Olivier de Serres - Passe Colmar - Passe Crassane ...

 

 

Les poires à cuire

 

Comme leur nom l'indique, ce sont les variétés qui - n'étant pas agréables à manger crues - se consomment dans diverses préparations cuites, comme :  Belle Angevine - Bon Chrétien d'hiver - CatillacMartin Sec - Saint Rémy ...

 

 

Les poires à poiré

 

Ces poires appartiennent à des variétés qui permettent de préparer le "poiré", une boisson fermentée que l'on pourrait qualifier de "cidre de poire", mais qui se conserve infiniment moins bien que le cidre de pomme. Il existe du "poiré plat" et du "poiré pétillant".

Attention ! Le poiré  - boisson artisanale traditionnelle de Bretagne, du Maine et de Normandie  - est agréable à boire mais spécialement enivrant.

Voici quelques variétés de poires propres à cet usage :

Coignet - Plant du Blanc - Plant Roux - Poire de BosseuxPoire de Carise - Poire Cirole - Poire de Mande - Poire Normande - Poire d'OignonPoire de Renard - Poire de Souris - Rouge Vigny ...

 

Poire Alexandre Lukas

 

Tant de poires différentes, me direz-vous ?

Eh bien oui ! Et cela n'est encore qu'un échantillon succinct de tous les cultivars qui existent. La culture du poirier (Pirus communis) semble trouver son origine en Chine, où elle est cultivée depuis au moins 4000 ans.

 

Alors, pourquoi 5 variétés maximum dans les hypermarchés ?

Tout simplement, parce que les "organisateurs" de la grande production fruitière considèrent qu'ils doivent choisir les variétés avec "intelligence et réalisme", et que dès lors seules méritent d'apparaître sur le marché les variétés les plus belles et les plus performantes.

 

Performantes, fort bien ! Mais quelles performances ?

En tous cas pas celles que - outre un prix abordable - le consommateur est en droit d'exiger en tout premier lieu : la qualité sanitaire (sans pesticides) et le bon goût ! Hélas, nous avons perdu longtemps l'authencité de notre culture du goût et en sommes réduits le plus souvent à choisir entre "L'aile ou la cuisse". Sans presque nous en apercevoir, nos choix alimentaires sont essentiellement devenus visuels. Le marketing associe aux produit des noms qui chantent dans notre imaginaire, mais de la m... , bien et luxueusement emballée, ne sera jamais que de la m..., même si on la baptise "Kumato", "surimi" ... ou "huile végétale". 

Faut pas lacher la proie pour l'ombre ! Nous sommes en pleine saison des poires; fermez les yeux, prenez le temps de les goûter et comparez ! C'est édifiant sur les dérives agro-alimentaires de notre époque.

 

Poire à fruits rouges

 

A la lecture de ce qui précède, vous aurez constaté qu'il vous serait théoriquement possible de consommer chaque jour une variété de poire différente pendant de très nombreuses années.

 

 

Quel est l'intérêt de la poire dans notre alimentation ?

 

Outre les avantages bénéfiques pour notre organisme que nous offrent les fruits en général par leurs propriétés antiseptique, dépurative, laxative et diurétique, la poire possède des vertus sédatives, spécialement au niveau des voies urinaires

Fruit très reminéralisant, sa consommation favorise l'élimination de l'acide urique , la formation des globules rouges, la purification  et la fluidification de notre sang. Elle permet de combattre la goutte et les rhumatismes.

Plus nutritive que beaucoup d'autres fruits, son apport nutritionnel n'atteint cependant que 60 calories pour 100 gr. Et elle convient parfaitement pour les régimes amaigrissants.

Stomachique, légèrement astringente la poire est un fruit spécialement indique aux femmes pendant leur grossesse et l'allaitement. De même, les convalescents, les étudiants en période de bloc et les personnes en état de surmenage  - peuvent tirer de grands avantages thérapeutiques de ce fruit.

Parmi les principaux principes actifs contenus dans la poire, retenons sa teneur en vitamines - relativement faible - qui est de 5 à 20 mg par 100 gr (provitamine A, B1, B2, C ...), ainsi que sa richesse en minéraux et oligo-éléments.

Nonobstant sa teneur en glucides (5 à 12%), la poire peut être consommée en cas de diabète. En effet, elle contient de la lévulose, un glucide bien assimilable par les diabétiques.

 

Le jus de poire est très bénéfique pour la santé !

 

Recette du jus de poire

Choisissez de préférence des poires Williams (pour leur parfum exceptionnel) bien mûres. Épluchez les fruits, coupez-les en morceaux et épépinez-les. Passez la chair des fruits à la centrifugeuse et ajoutez du jus de citron. Pas besoin d'ajouter du sucre ! Conservez au frigo et consommez rapidement; ou mieux, embouteillez-le et stérilisez-le pour une conservation prolongée.

 

_DSC0049 poire Williams.JPG

 

 

Pour clore ce billet, je voudrais citer François Garagon, écrivain français contemporain, auteur d'un livre émouvant : "Jade et les sacrés mystères de la vie", publié en 1992. L'auteur y fait dire à son personnage cette phrase qui suscite une réflexion pas du tout mercantile :

 "Quand tu prendras la vie comme un fruit,

tu sauras que l'amour en est le suc et la beauté le noyau".

 

Votre bien chlorophyllement dévoué,

José 

Poire - fruit sur arbre 04

 

 

Poire Beurré-Hardy

Poires Beurré-Hardy

(photo : les Jardins de Pomone ASBL)

Poire Triomphe de Vienne

Poires Triomphe de Vienne

(photo : les Jardins de Pomone ASBL)

 

 

12/04/2008

Les tomates du supermarché ... beurk !

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Les tomates du supermarché : parce qu'il faut bien en parler (beurk!)

Remarque préliminaire : Les photos illustrant ce billet sont celles de variétés de tomates cultivées par Anne et José (Copyright : Les Jardins de Pomone). Elles ont toutes été cultivées en plein air et en pleine terre. Rien à voir avec les tomates de nos supermarchés !

Chacun peut le constater. Lorsque l’on promène son caddy entre les rayons d’un supermarché, on ne doit pas s’attendre à trouver au rayon légumes plus de cinq variétés de tomates, presque toutes de couleur rouge, à la peau dure et difficile à peler, trop parfaitement calibrées et bien mûres en apparence seulement. Quant à leur goût, il est sans surprise, uniformément acide et  médiocre.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque ces tomates - qui ne sont pas réellement à maturité et se conservent en chambre froide - sont essentiellement produites « hors-sol » et « sur greffes », selon les méthodes « ultra-performantes » de la culture dite « hydroponique ».


 

De l'hydroculture à la culture "hydroponique"

L'hydroculture est pratiquée par l’homme depuis la nuit des temps. Les Chinois, les Égyptiens, les Babyloniens s’y adonnaient déjà bien avant le début de notre ère.

Dès le début du XIVème siècle, les Aztèques, peuple amérindien nomade nouvellement installé dans les hautes vallées du Mexique, perfectionnent sur les rives des lacs andins les méthodes d’hydroculture de leurs prédécesseurs toltèques. Ils mettent au point les « chinampas », champs marécageux incroyablement fertiles qui permettent plusieurs récoltes miraculeuses au cours d’un même année. Avec le maïs et les haricots, ils font pousser des piments et … des tomates. On le voit, l’homme a compris très tôt la place indispensable de l’eau dans la croissance accélérée des plantes potagères.


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Au XXème siècle, dans leur course une peu folle aux "progrès" économiques et agrotechnologiques, les professionnels du secteur ont métamorphosé l’hydroculture en culture hydroponique. Et la tomate, légume de loin le plus consommé au monde, est devenue assurément la grande vedette de ce type de culture moderne.  

La technique « hydroponique » a surtout évolué dans des pays au climat peu clément, comme les Pays-Bas, la Belgique ou le Canada. Elle est préjudiciable à l'environnement. Les plants de tomates – quelques variétés seulement, sélectionnées spécialement pour leur aptitudes à supporter ce type de traitement – poussent dans des rigoles en matière synthétique remplies de substrats inertes, parfois naturels comme le sable, le plus souvent artificiels comme la laine de roche, la vermiculite ou la perlite. Ces rigoles acheminent une solution dite « nutritive », en fait un cocktail chimique dont la composition devrait effrayer les consommateurs s’ils étaient correctement informés.


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Mais voilà, ce type de culture tente de se justifier par la préoccupation  - oh combien philanthropique ! - de nourrir l’humanité entière, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une performance économique, sans souci réel de la santé des consommateurs, des incidences sur l’environnement ou de véritable bon goût.


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Des cinq variétés de tomates rouges et rondes du supermarché aux milliers de tomates multicolores que nous offrent la biodiversité

Dans nos pays tempérés, la tomate peut être cultivée en pleine terre, où elle produira, selon la variété, de beaux fruits irréguliers et savoureux mûris à l’air et au soleil, chargés de vitamines et d’oligo-éléments tirés d’un sol vivant et sain dont notre santé tire les plus grands avantages.

La biodiversité des tomates est telle – sans doute plus de 12.000 variétes, dont au moins 2000  bien fixées, c’est-à-dire à caractères stables  -  que nous pouvons agréablement la décliner en cuisine selon toutes nos humeurs. Certaines se prêtent mieux aux préparations culinaires froides, d’autres offrent d’indiscutables avantages dans les préparations chaudes. Comme pour les vins typés, le gourmet  saura trouver l’accord subtil entre une variété de tomate et un plat spécifique. Inutile de dire que le nombre de recettes qui peuvent être concoctées avec des tomates sont légions.


Tomate Ildi 2007 09 12 Tomates 007
 

Mais où et quand trouver d'aussi étranges et succulentes tomates ?

 

Pour des raisons de conservation limitée, de tailles disparates, de croissance plus lente, de sensibilité aux conditions climatiques et de récoltes plus aléatoires, la grande biodiversité des tomates n’a jamais vraiment trouvé sa place dans la grande distribution. C’est assurément dommage, mais le consommateur attentif n’est pas irrémédiablement condammé aux « hydroponiques ». Comment échapper à ce type de produits agroalimentaires illustrant la « malbouffe » ?


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Tout d’abord, pour manger bon et sain, il faut tenir compte du calendrier des récoltes, lequel est rythmé par les saisons.  Manger des tomates aux crevettes à la Saint-Nicolas, ou des fraises à la Chandeleur et du melon à Pâques, c’est une véritable hérésie gustative et diététique rendue possible par l’opportunisme économique de la grande distribution. Notre organisme aussi est rythmé par les saisons, et ses besoins ne sont pas les mêmes du 1er janvier au 31 décembre.

Sauf chez des personnes souffrant de contre-indications ou devant combler des carences spécifiques, on doit constater l’harmonieuse adéquation qui existe entre la consommation des produits d’une saison déterminée et les besoins de notre métabolisme en cette même saison. Alors, pourquoi vouloir se nourrir de la même manière pendant toute l’année ?


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Si, en lieu et place de minables « hydroponiques », vous préférez savourer quelques unes des plusieurs milliers de tomates plus succulentes les unes que les autres quasi-introuvables dans le commerce, choisissez de les consommer chaque année entre les mois de juin et novembre de chaque année .

Pour un maximun de plaisir, favorisez les tomates anciennes cultivées en pleine terre, selon les méthodes du jardinage biologique. Géantes ou minuscules ; rouges, roses, jaunes, vertes, oranges, bigarrées, noires ou blanches ; rondes, côtelées ou allongées ; elles vous séduiront et feront du bien à votre santé. 

Comme il y a – hélas ! -peu de chance d’en trouver dans les magasins, vous pouvez - si vous disposez d’un petit jardin d’ornement - en tranformer une petite partie en potager  - cultiver vous-même quelques variétés que vous apprécierez particulièrement.  

Si vous n’avez pas de jardin, retenez que plusieurs variétés de petites tomates très productives se prêtent avec complaisance à la culture en pots. Les petites tomates « Minibel », « Star des balcon», « Tiny Tim », « Totem », « Tumbling Tom » (rouge ou jaune), « Rotkäppchen » et autres « Balconi » ou « Maja » feront tout pour vous plaire.  Ces plants à la végétation généralement basse et buissonnante, ne nécessitent ni taille, ni tuteurage. Sur votre balcon ou dans la véranda, ils seront en outre du plus bel effet décoratif et rivaliserons avec originalité avec les traditionnels géraniums, pétunias ou impatiens. 

Mais peut-être n’avez-vous ni jardin, ni balcon, ni véranda. Il vous reste dans ce cas, la possibilité de repérer une petit producteur local ou un brave petit jardinier du quartier qui se fera un plaisir de vous « vendre » quelques tomates irrésistibles pour deux fois rien. 

Trois manières de faire le plein de vitalité …


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06/04/2008

Sauve qui peut la vie ! Nos légumes, nos abeilles et nos enfants ...

 

"Sauve qui peut la vie !"

Ce soir, à 20 h 10 sur la Une :

Un état des lieux de la biodiversité en péril

Une émission exceptionnelle à la préparation de laquelle a collaboré notre ami, le sympathique apiculteur bruxellois Marc Wollast.

http://www.apisbruocsella.be/


06/04/2008
La Une (RTBF), Faculté de Gembloux, Centre Wallon de Recherches Agronomiques

Ce dimanche 6 avril à 20h10 sur La Une (RTBF) sera diffusée en lieu et place du Jardin extraordinaire, une émission intitulée "Sauve qui peut la vie" dans le cadre de la série Planète Nature.

Cette émission a été enregistrée à la Faculté de Gembloux avec la participation du Centre Wallon de Recherches Agronomiques.

Vous y verrez notamment des interventions de Madame M.L. FAUCONNIER et de Messieurs P. du JARDIN, N. GENGLER, M. LATEUR, G. MAHY et G. MERGEAI.

Ne ratez pas cette émission Planète Nature "Sauve qui peut la vie" sur la Une, le dimanche 6 avril vers 20h10.

L'émission sera également rediffusée sur RTBF-SAT aux dates suivantes : 11/4 à 22h45, 12/4 à 20h30, 13/4 à 14h15 et 17/4 à 9h15. Cette chaîne couvre l'Europe et une partie de l'Afrique du Nord.

Sur le site de la RTBF

Une grande partie des êtres vivants, l'homme y compris, semble menacée de disparition. Et ce à une vitesse qui inquiète de plus en plus de scientifiques. La diminution de la biodiversité est la conséquence manifeste de l'activité humaine et du réchauffement climatique. Des chiffres criants témoignent des conséquences dramatiques de l'interaction permanente de l'homme avec son environnement. Georges Moucheron et Claudine Brasseur interpelleront des experts scientifiques, des chercheurs, des gens de terrain et des spécialistes belges et internationaux. Des étudiants participeront à ce questionnement. L'homme n'est-il pas lui-même, à la foi, une espèce invasive, prédatrice et dominante ?
 

Parmi les participants :


Ahmed Djoghlaf (Secrétaire Exécutif Convention ONU sur la diversité biologique)
Alain Lambert (Conseiller principal ONU Genève / Economiste UICN)
Camille Pisani (Directrice IRSN)
Roseline Beudels (Chercheuse IRSN)
Grégory Mahy (Professeur Ecologie FSAGx)
Patrick du Jardin (Professeur Biologie végétale FSAGx)
Jean-Pascal van Ypersele (Climatologue UCL)
Joëlle Smeets (Santé Publique)
Georges Evrard (Santé Publique)
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13:40 Publié dans BIODIVERSITÉ | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : biodiversite