18/07/2016

PATATES DOUCES, KUMARAS ... et MAORIS

 20080203 001 Patate douce

 

Patates douces, kumaras et ... Maoris

 

La patate douce, c’est un légume qui – bien que ses tubercules se préparent exactement comme des pommes de terre – n’appartient pourtant pas à la même famille botanique. La pomme de terre est une solanacée, tandis que la patate douce appartient à la famille des convolvulacées. Ce qui caractérise les convolvulacées (famille à laquelle appartient aussi l’envahissant liseron de nos jardins), c’est d’une part, sa végétation de type volubile, et d’autre part, ses fleurs aux pétales soudés en forme d’entonnoir.  

Au goût, ce qui diffère immédiatement la patate douce de la pomme de terre, c’est sa saveur nettement plus sucrée, due à une plus forte teneur en glucides. 

Mais d’une manière moins directement perceptible, la patate douce offre aussi dans bien des cas, sur le plan nutritionnel, des avantages supérieurs à ceux de sa grande concurrente dans nos assiettes occidentales.  

Comment se fait-il, dès lors, me ferez vous remarquer, qu’elle ne supplante pas davantage cette pomme de terre qui est devenue hors de prix en quelques années ? Tout simplement, parce qu’il s’agit d’une plante subtropicale dont la croissance optimale nécessite des températures supérieures à 20°C, et qu’il est malheureusement impensable de la cultiver en Île-de-France, en Champagne, en Picardie, dans le Valais, au Québec ou … dans mon cher Brabant. 

Qu’à cela ne tienne ! Observez bien lors de vos achats de légumes. Discrète, la patate douce est très souvent présente dans les étalages.. Mais elle il figure plutôt comme un légume exotique que les ménagères hésitent encore à utiliser. Si c’est votre cas, suivez le guide … vous changerez peut-être d’avis, surtout après en avoir goûté dans une préparation adéquate.

 

« Passeport, s’il vous plaît ! »

 

  • Nom français usuel : 

PATATE DOUCE

  • Synonymes et appellations vernaculaires françaises :

Patate

Kumara

  • Famille botanique :

Convolvulacées    

 

  • Nom latin :                             Ipomaea batatas
  • Nom allemand :                     Süsskartoffel, Batate
  • Nom anglais :                         Sweet potato
  • Nom espagnol :                      Batata, Boniato
  • Nom italien :                          Patata americana dolce
  •  Nom néerlandais :                Zoete aardappel      

 

L’origine de la patate douce a fait l’objet d’âpres discussions savantes, opposant botanistes, ethnologues, linguistes et archéologues. (J’en reparlerai ci-dessous, dans la partie historique de ce post.). Son origine méso- et sud-américaine ne semble pourtant plus pouvoir être sérieusement contestée, même si l’espèce sauvage qui a engendré les plus de 500 variétés de patates douces cultivées aujourdhui dans le monde n’a jamais pu être identifiée.

    

 

Observons un plant de patate douce !  

C’est une plante annuelle  formant d’innombrables rameaux rampant sur le sol, occasionnellement grimpante lorsqu‘elle rencontre un support . Selon les variétés, les tiges atteignent 3 à 5 m de longueur. 

 Patate douce (hort.cornell. edu°

Les feuilles - généralement de couleur vert foncé, parfois rougeâtres, sont alternes sur l’axe de la tige. Elles sont comestibles. Les pétioles sont longs, la forme du limbe est plus ou moins découpée et très variable.

 

Patate douce (Fleur) (plantoftheweek.org)

 Les fleurs, blanches ou rouge violacé, en forme d’entonnoir, donnent naissance à des fruits de type capsules contenant de 3 à 4 graines noires et très dures.

 Patate douce (concise.britannica.com)

 

Les racines sont des tubercules de formes et de tailles assez hétéroclites. La peau – de couleur différente selon la variété - est assez lisse, recouvrant une chair à la fois farineuse et juteuse, douce et sucrée. Il existe des variétés à chair blanche, jaune clair, violette ou orange. Pour les raisons que je vous donnerai plus loin, ma préférence va aux variétés à chair orange.

Il existe des variétés de type « mammouth » non commercialisées avec des tubercules de près d’un mètre de long ! Plus généralement, le poids d’une patate douce se situe entre 250 et 450 g. 

 20080203 010 Patate douce

 

Cuisinez joyeusement avec la patate douce !

 

  •  La cuisine des feuilles et les tiges

solé! Les jeunes tiges garnies de feuilles tendres (en fait, les sommités coupées à 40-45 cm de longueur) sont un ingrédient frais très difficile à trouver dans les zones septentrionales. (Anne et moi en avons trouvé quelquefois chez Kam Yuen Supermarket rue de Vierge Noire, à Bruxelles).  Préparées à l’embeurrée, elles constituent un légume marginal agréable. Mais à mon avis, pas au point de frustrer vraiment ceux qui ne peuvent pas s’en procurer.

      

  •  La cuisine des tubercules

Les tubercules eux, sont un légume original à part entière. On peut les classer en deux catégories : la première regroupant les variétés à chair sèche, l’autre les tubercules à chair humide. Pour faire le meilleur choix en fonction du plat que vous désirez préparer, retenez qu’une patate sèche est nettement plus farineuse après cuisson.

A l’achat, veillez à choisir des tubercules pas trop maltraités, sans coups ni blessures apparentes.

Toutes les variétés de patates douces permettent à peu près les même préparations conventionnelles que la pomme de terre : gratins, fritures (frites, chips, beignets, croquettes …), purées. Comme le potimarron, elles peuvent également entrer dans la préparation de succulentes pâtisseries. 

La cuisson classique à l'eau prend de 15 à 18 minutes.

Au four, vous pouvez cuire des patates de 300 à 450 gr en une heure environ (thermostat  6 = 180°C.). Un simple délice … Dans ce type de cuisson, préférez cependant une variété de patate à chair humide.

La patate douce se conserve très bien à l’abri de la lumière, dans un emplacement sec, frais et bien ventilé (cave, grenier ou garage sans humiditée excessive). Ne les placez surtout jamais dans votre réfrigérateur, pas même dans le bac à légumes.

La peau des tubercules est très fine, et parfaitement comestible. Il vous est loisible d’épluchez vos patates, mais il est préférable de les préparer « en chemise » après les avoir soigneusement lavées.

Comme je vous le disais ci-dessus, la chair des tubercules peut être de différentes couleurs, la couleur blanche étant la plus fréquente, quelle que soit la couleur de la peau. De réflexion et d’expérience, je pense cependant qu’il est préférable de privilégier les tubercules à chair orange, et ce pour deux raisons :

La première de ces raisons est d’ordre nutritionnel : par rapport aux patates à chair blanche, les patates à chair pigmentée (orange ou violette) doivent leur coloration à des composés antioxydants dont on connaît aujourd’hui les propriétés anticancérigènes et anti-inflammatoires sur l’organisme humain. Pourquoi dès lors de priver d’un tel avantage santé ?

La seconde raison est d’ordre culinaire. La belle couleur de la patate douce à chair orange suscite souvent plus d’appétence que celle à chaire blanche. L’ennui ne naquit-il pas un jour de l’uniformité ? Pensez-y lorsque vous préparer une bonne purée pour vos enfants.

 

  •  Le saviez-vous ?

Une confusion entre les tubercules de la patate douce et ceux de l’igname (dont il existe également de nombreuses variétés) est toujours possible, en raison de la similitude d’aspect de ces deux légumes. Certains commerçants n’hésitent d’ailleurs pas à vendre l’un pour l’autre aux non initiés. Ce risque de confusion disparaîtra lorsque vous aurez goûté les deux légumes; ils ne sont résolument pas destinés aux mêmes préparations.

 

  • Un truc magique (?!)

 

Votre autre moitié ronfle la nuit et vous empêche de dormir ? Selon les pratiques magiques du vaudou, il vous suffit de glisser une patate douce sous son oreiller et de la laisser agir. Le lendemain, vous récupérez la patate et allez la jeter en pâture au premier porc rencontré, qui la dévorera aussitôt. Le soir, tous les ronflements auront cessé. Ouf, bonne nuit ! 

(NB : J’ai la patate, mais pas le cochon, ni la ronfleuse ! Impossible de vérifier !)

  

Les recettes d’Anne

Anne n’est jamais à court de recettes de patate douce. En voici une liste extraite de ses fichiers. Il serait trop fastidieux de les détailler toutes dans ce post. Si l’une ou l’autre de ces recettes devait être plus spécialement plébiscitée par plusieurs blogonautes, nous nous ferons un devoir de la publier sur ce blog.

  

  • Beignets épicés à la patate douce et à la banane
  • Boudins blancs aux patates douces et pommes fondantes
  • Chutney à la patate douce
  • Couscous de quinoa aux légumes
  • Crème de navets et de patates douces au safran
  • Flanc de patates douces aux épices
  • Frittatas de légumes à l'houmous 
  • Gâteau créole
  • Gnocchis de patate douce au cresson
  • Gratin de patate douce
  • Navets, pois chiches et patates douces aux deux épices               (paprika + curcuma) 
  • Patates douces à la cannelle

  • Petite tatin de lapin au caramel de porto et sa crème de vanille bourbon aux groseilles, purée de patate douce revisitée à l'ananas
  • Pilus de Sulawesi (Indonesian sweet potato puffs)
  • Purée de patate douce
  • Purée de patates douces au lait de coco
  • Purée de patates douces au piment
  • Saint-Jacques rôties, gâteau de patate douce et boulette  d'Avesnes                                                                              (recette du chef Laurent Trochain, restaurateur au Tremblay-sur-Mauldre - 78)
  • Salade juive sur blinis de patate douce et mascarpone, purée de tomates séchées 
  • Salade tiède de patates douces et de pâtes 
  • Soupe de courge, patate douce et lentilles corail 
  • Soupe de patate douce au piment 
  • Tajine de canard confit aux patates douces et courgettes
  • Tarte aux patates douces et à la ricotta
  • Tempura aux légumes

  • Thon à la créole
  • Velouté de patate douce au fenouil
  • Velouté de patate douce et de poire
 

    

La culture de la patate douce

La patate douce ne résiste pas à des températures longtemps inférieures à 20°C. Elle peut néanmoins être cultivée en France, non comme plante vivace mais bien en annuelle, dans les régions les plus chaudes du Midi, des vallées de la Loire et du Rhône, soit en cultures arrosées, soit en cultures irriguées de type méridional. 

 Elle n’est pas exigente sur la nature du sol, qui peut être pauvre. Mais elle préfère les terres meubles. La mise en place de la culture s’effectue au printemps, après les derniers risques de gelées nocturnes. On plante en ligne à 80 cm de distance sur billons (= 2 sillons adossés pour créer une surélévation), soit des tubercules eux-mêmes enfouis à 15-20 cm de profondeur, soit des boutures (stolons) d’environ 40 cm prélevées sur des tubercules forcés préalablement en milieu artificiel intensément éclairé. 

Il est important que la végétation (je rappelle que les rameaux rampants et volontiers grimpants peuvent atteindre 5 m de longueur !) puissent se développer librement et sans taille. Sauf en début de culture, le désherbage est pratiquement superflu. La croissance de la patate douce exige non seulement beaucoup de chaleur, mais encore beaucoup d’eau.

Lorsque le feuillage commence à jaunir, c’est-à-dire après le 3ème mois de plantation, une première récolte des tubercules les plus gros pourra avoir lieu en fouillant sélectivement le sol.  L'arrachage complet interviendra avant les premières gelées (fin novembre, début décembre). Chaque pied produira de 3 à 5 kilos de patates douces de poids et de formes très variés. 

Ces indications de culture valent pour la France méridionale. Elles sont sensiblement différentes dans les pays en voie de développement qui en pratique la culture à grande échelle. Il n’entre pas dans le cadre de ce post de détailler utilement les différentes méthodes de culture de la patate douce pratiquées dans dans le monde.

 

    

La patate douce et notre santé 

Particulièrement digeste, la patate douce contient 5 % moins d’eau que la pomme de terre. Mais elle est nettement plus calorique, avec en moyenne 110 kcal par 100 g de tubercule cru (Pomme de terre = 70 kcal/100g). Il n’y a cependant pas de quoi inquiéter ceux qui se soumettent à un régime amaigrissant, parce ce non seulement la satiété sera atteinte plus rapidement qu’avec la pomme de terre, mais encore parce que sa richesse en vitamines est plus diversifiée et très souvent plus importante. C’est un légume hautement revitalisant.

Parmi ses apports les plus intéressants figure en bonne place le bêta-carotène (6 gr/100 g), un des caroténoïdes indispensables à notre organisme, qui en dehors de son action vitaminique, possède des vertus antiradiculaires utiles à la prévention du cancer et des maladies cardiovasculaires. Le betacarotène est par ailleurs une des deux formes de la vitamine A, cette vitamine si déterminante pour la qualité de notre vue, la croissance, le développement et la protection de notre peau. 

Sa teneur en vitamine C est de 23 mg/100 gr (contre 19 mg/100 gr pour la pomme de terre). 

Côté macro-éléments, la patate douce est très intéressante pour sa teneur en calcium (22 mg/100gr) (La pomme de terre n’en offre que 9 mg/100 g). 

Parmi les éléments-traces,  sa bonne teneur en fer végétal (dit « non héminique ») combat l’anémie, notamment celle - fréquente – des femmes en âge de procréer. 

Enfin, autre avantage nutritionnel, ce légume contient près de deux fois et demie plus de fibres (3g/100 gr) que la pomme de terre. 

Cela vaut la peine d’essayer, non ?

 

Un brin d’histoire

Je vous avais annoncé, au début de ce post, que je reviendrais sur les âpres discussions savantes qui ont vu s’affronter depuis plus de deux siècles, botanistes, ethnologues, linguistes et autres archéologues au sujet de l’origine de la patate douce. En voici arrivé le moment ! 

Peu de gens, sortis d’un enseignement classique occidental, possèdent quelques notions précises de l’histoire les peuples qui occupent les îles du Pacifique en général, celle des Maoris en particulier. Comme il existe un lien important entre la patate douce et la civilisation maori, je saisis cette occasion pour évoquer cette civilisation méconnue.

Kumara ! C’est le nom qui désigne la patate douce dans toute l’Océanie. Le terme appartient à la langue maori.

 Patate douce - Maori (hps.com)

 

Les Maoris sont des populations polynésiennes dont les descendants actuels forment  le peuple autochtone (mais minoritaire) de la Nouvelle-Zélande. Leurs belliqueux ancêtres se sont lancés très tôt à la conquête de la mer sur de grandes pirogues bariolées qu’ils maniaient avec un rare efficacité. Bien sûr, comparaison n’est pas raison, mais la fièvre exploratrice et la dispersion de ce peuple dans le Pacifique rappelle furieusement celle des Vikings dans l’Atlantique, et se situe approximativement à la même époque !

Les premières vagues d’émigration des Maoris semblent se situer au VIIIème siècle, soit à l’époque du règne de l’empereur Charlemagne et autres carolingiens chez nous. Ils ne connaissaient pas l’écriture et nos sources les concernant sont essentiellement puisées dans la tradition orale, confortée parfois par des  données archéologiques et linguistiques.

 

Patate douce - bateau maori

 

Les Maoris de cette époque étaient tout, sauf des agriculteurs. Les choses vont changer brusquement lorsque, au XIIIème ou au XIXème siècle de notre ère, une vague plus importante de Maoris accoste sur les côtes de l’actuelle Nouvelle-Zélande. Là, ils ne rencontrent aucune population humaine susceptible de s’opposer à leur installation et leur sédentarisation.

Tant sur l’île de Nord que sur l’île du Sud (les deux parties de la Nouvelle-Zélande), seule la forêt et sa faune particulière règnent en maître depuis la nuit des temps. Par rapport  aux îles polynésiennes qu’ils ont quittées, les Maoris découvrent un climat tempéré, plus chaud cependant au Nord qu’au Sud. C’est pourquoi sans doute, aujourd’hui encore, ce peuple fier, longtemps opprimé par les Occidentaux mais depuis reconnu officiellement, occupe principalement l’île du Nord. Ils y développeront, à une vitesse qui surprend, une agriculture performante avec, en proue de production, la patate douce : le kumara. Comme il s’agit d’une plante tropicale, on doit raisonnablement postuler qu’elle a été introduite là par l’homme. Par les Maoris, peuple guerrier et aventurier ?? Cela reste étonnant, mystérieux et controversé, mais les Maoris revendiquent culturellement haut et fort cette introduction d’un légume qui marque un tournant dans leur histoire.

La tradition maori rattache l’origine du kumara au légendaire royaume d’Hawaiiki, et l’époque de son introduction au XIIIème ou XIVème siècle de notre ère. L’arrivée du kumara, réprésentant les débuts de leur agriculture, a été utilisée comme repère de séparation entre les deux phases de la culture maori, la culture archaique (ou Moahunter) et la culture classique. 

Des études archéologiques récentes ont porté sur cette date inusuellement tardive  d’un développement agricole. La découverte par les archéologue de fosses garde-manger pouvant avoir servi à stocker les kumaraset datant de l’époque présumée être celle de l’introduction de la plante, implique, soit un développement ultra-rapide des procédés de conservation sans équivalent dans le reste de la Polynésie, soit une date significativement antérieure de l’introduction du kumara.  

Quelles que soient les postulations, un doute subsiste sur l’origine tropicale du kumara des Maoris. L’adaptation de la plante, pratiquement cultivée comme plante vivace sous les tropiques, sous le climat tempéré de la Nouvelle-Zélande, implique un entreposage annuel qui constitue une des avancées majeures de l’agriculture maori primitive. 

La technique des fosses de conservation a été rapidement encore améliorée avec les célèbres patakas édifiés par les Maoris. 

 Patate douce - Pataka (vacationzone.co.th)

Les patakas sont des constructions surélevées (pilotis) ressemblant à des chalets, et regroupant ingénieusement des conditions de stockage optimalisées de leurs productions vivrières, parmi lesquelles le kumaratient la première place. 

Le rôle du Kumara dans la vie économique a été largement décrit dans les études classiques de Sir Raymond Firth, anthropologue et économiste néo-zélandais décédé il y aura juste 6 ans dans quelques jours, et qui reste toujours, à mon avis, le meilleur auteur de référence sur le sujet. 

L’origine du kumara a donné lieu à d’autres spéculations reposant sur deux constations.  

Premièrement, au Pérou, des archélogues ont retrouvé dans des grottes préhistoriques habitées par l’homme des fossiles végétaux vieux de plus de 5.000 ans et identifiés avec la patate douce.  

Deuxièmement, les linguistes relèvent dans les civilisations précolombiennes le terme kumar, qui désigne la patate douce.  

Kumar = kumara, la tentation est grande d’établir d'office un lien entre les civilisations amérindiennes primitives et les Maoris. C’est ce que n’a pas hésité à essayer de démontrer le célèbre navigateur norvégien Thor Heyerdal, avec son célébre radeau de balza équatorien baptisé Kon-Tiki. Parti avec quelques compagnons du port d’El Callao au Pérou, le 28 avril 1947 (je n’avais pas encore un an, et je mouillais encore mes langes … en tissu !), il laisse dériver son embarcation insolite au gré des courants du Pacifique, en suivant le «vol des oiseaux» pour échouer sur une île de Polynésie. 

Le succès médiatique de cette expédition un peu folle en a occulté la portée scientifique. Certes, le projet de Thor Heyerdal était presque dément d’audace, mais sa réussite démontre que son hypothèse selon laquelle les îles Marquises avait été peuplées par des peuples venus d’Amérique du Sud ne pouvait plus être rejetée comme insolente et absurde par les scientifiques. 

Le kumara, alias kumar, alias patate douce, pourrait donc bien être originaire d’Amérique latine, comme on le considère généralement aujourd’hui. Légume répandu dans toute l’Océanie, il est devenu aujourd’hui une des productions vivrières majeures de la plupart des pays en voie de développement à climat chaud de la planète, parce que sa culture est relativement facile et résiste bien là aux d’autres cultures subissent régulièrement des désastres, comme des sécheresses ou des inondations brutales.  

 Aujourd’hui, la production mondiale de patate douce est dominée par la Chine, qui produit à elle seule près de 90% de la production mondiale (130 millions de tonnes  en 2005, selon l’ONU-FAO). Le deuxième producteur (avec environ 2% de la production mondiale est plus inattendu; il s’agit de l’Ouganda. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, il constitue un atout alimentaire stable de nature à combler la faim et le déficit en vitamine A constaté dans les couches les plus pauvres de la population. C’est un enjeu économique local important.

 

Patate douce - Ouganda - Fermière (nri.org)

Plus près de nous, le renommé Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II du Maroc accorde de plus en plus d’importance à ce type de culture et la production s’accroît rapidement dans ce pays ami de la francophonie. L’île de Malte, dont la production de patate douce est encore relativement confidentielle, se spécialise dans la production des tubercules d’une excellente qualité gastronomique en utilisant des variétés soigneusement sélectionnées.  

Allez, assez « ziveré » (dialecte bruxellois, réservé aux initiés, « nîwoo ? ») ! Il fait beau dehors, je retourne entretenir mes planches de légumes.

A la prochaine, mes amis … 

 

Votre bien chlorophyllement dévoué, 

 José

 

 

15/02/2010

RISOTTO au fromage de GORGONZOLA et RADICCHIO

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Risotto au fromage de Gorgonzola et radicchio rouge

Le risotto, il y a mille manières de le préparer, selon ses goûts et selon les ingrédients de saison. Mais pour réussir ce plat, je vous conseille de proscrire les riz à longs grains précuits du genre Boston ou Uncle Ben's et de vous tourner résolument vers l'une ou l'autre de ces excellentes variétés de riz dont le Nord de l'Italie s'est fait une spécialité. L'authenticité de votre plat y gagnera beaucoup, parce que ces riz aux grains courts, presque arrondis, sont riches en amylose, ce qui  - à la cuisson - leur permet de rester consistant et ferme avec cependant une grande capacité à absorber le jus des autres ingrédients.

Le plus connu de ces riz italiens est l'Arborio, et il le mérite pour ses performances culinaires. Mais il existe d'autres productions locales, plus confidentielles, comme le Vialone à grains nains ou le Carnaroli, dont les gastronomes disent le plus grand bien.

 

Le Gorgonzola - du nom d'une localité du Milanais - est un fromage préparé avec du lait de vache. Sa pâte persillée a une intensité de goût qui pourrait faire penser au roquefort. Mais sa commercialisation ne lui a pas fait perdre autant  de son authenticité artisanale que son homologue français, surtout lorsque ce dernier est vendu sous le label "Société".

"Radiccio" est le nom générique donné en Italie à quelques variétés de chicorées sauvages (Cichorium intybus) avec un coeur très charnu formé par des feuilles serrées, généralement de couleur pourpre. Comme son proche cousin le chicon (= endive de Bruxelles), il apporte dans un plat une note d'amertume très appréciée et excellente pour le santé. C'est en outre un légume facilement disponible en hiver, un saison ou notre choix local est fort réduit. Parmi les variétés disponibles : le radicchio "Rouge de Trévise", allongé, le "Rouge de Chioggia" et surtout le "Rouge de Vérone", au coeur plus rond, plus gros et plus dense. (Je mentionne aussi - à titre documentaire - un curieux "Variegato di Castelbranco", qui fait défaut sur nos marchés et dont l'aspect est plus proche de celui d'une laitue au coeur étiolé blanchâtre, mais parsemé de gracieuses petites rayures et de fin mouchetages pourpres.)

 

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Ingrédients (pour 4 pers.)
 
400 gr de riz Arborio (300 gr suffisent, mais 400 gr c'est mieux; vous aurez de bons petits amuse-bouches pour l'apéro du lendemain - voir en dessous de la recette !)
2 radicchios
1 L de bouillon de poulet
1 oignon
2 éclats d'ail
3 c à S d'huile d'olive
125 gr de gorgonzola "piccante"
1 dl de vin blanc
2 c à S de beurre
75 gr de parmesan râpé
sel et poivre du moulin en QS

 

Préparation

 

Epluchez l'oignon et l'ail. Hachez le tout. Lavez les radicchios; égouttez-les, puis coupez les grossièrement.

Prévoyez deux poêles.

Versez 2 c à S d'huile d'olive dans la première poêle. Faites chauffer l'huile pour y faire revenir l'oignon et l'ail. Laissez cuire pendant 2 min. sans laisser brunir.


Incorporez le riz en laissant cuire pendant +/- 2 min. Remuez et déglacez au vin blanc. 
Ajoutez de petites quantités à la fois de bouillon de poulet tout en continuant à remuer votre préparation. Poursuivre la cuisson douce pendant +/- 20 à 25 min.


Versez 1 c à S d'huile d'olive dans la seconde poêle, déposez-y les radicchios et laissez cuire doucement pendant 2 à 3 min.
Coupez le gorgonzola en petits morceaux.
Coupez le feu sous le risotto. Versez par dessus le contenu de la seconde poêle : gorgonzola fondu et radicchios. Ajoutez et mélanger le beurre et le parmesan râpé.
Gardez à couvert pendant 2 min.
Salez peu et poivrez suivant votre goût.


Boulettes apéritives de risotto

 

Il vous reste un peu de risotto, mais pas assez pour une nouvelle portion ? Alors  confectionnez des petites boulettes de la grosseur d'une tomate cerise.
Passez-les dans un jaune d'oeuf battu, roulez-les en panure et plongez-les quelques instants dans la friteuse.
Délicieux à l'apéro!  (Même pas eu le temps d'en faire une photo, tout était déjà dévoré par mes loustics!)

 

Bon appétit,


Anne 


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12/07/2009

Petites quiches aux fèves des marais, crottin de chavignol et sarriette de montagne

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Petites quiches aux fèves des marais, crottin de chavignol et sarriette de montagne


Mon petit doigt me dit qu'il va y avoir une explosion de recettes à base de fèves des marais chez certains blogueurs ! 

Dans nos potagers, nous cultivons également la fève des marais; cette année nous avons obtenu une belle récolte avec la variété "aguadulce". Si vous voulez en savoir plus à propos de la fève des marais, je vous renvoie à un billet que José a consacré à cette légumineuse :

Le plus ancien de nos légumes : la FEVE DES MARAIS

Fève des marais


La recette que je vous propose aujourd'hui est très simple !

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Ingrédients (pour 4 personnes)

2 rouleaux de pâte brisée
+/- 250 gr de fèves des marais nettoyées (équivaut à +/- 1,2 kg de fèves en cosses)
2 Chavignols
150 ml de crème entière
2 œufs entiers
6 petites branches de sarriette fraîche hachées menues
40 gr de parmesan fraîchement râpé
sel et poivre du moulin

 

Préparation

Chauffer le four à 200 °.
Ecosser les fèves.
Faire cuire les fèves 5 min dans de l'eau bouillante salée. Egoutter, les rincer à l'eau froide.
Peler les légumes (c-à-d enlever l'enveloppe).
Casser le fromage en morceaux; battre légèrement les œufs et la crème. Ajouter le fromage, les légumes refroidis et la sarriette hachée. Assaisonner sel (facultatif) et poivre du moulin.
Garnir 4 moules à mini-tartelettes (ici 17 cm de diamètre); piquer le fond avec une fourchette.
Garnir les fonds avec la préparation.
Saupoudrer avec le parmesan.
Enfourner dans un four chaud pendant +/- 25 min jusqu'à ce qu'elles sont bien dorées.
Servir chaud, tiède ou froid avec une petite salade/vinaigrette bien fraîche.
 

Ne jetez pas les restes de votre pâte !

Ne pas gaspiller tout en se faisant plaisir ? La cuisine des restes peut être bien agréable. Avec les découpes inutilisées de votre pâte brisée vous pourriez par exemple réaliser de petits crackers maison pour l'apéro.

Rassemblez vos chutes de pâte et formez un pâton. Roulez finement ce dernier en forme rectangulaire. Décpupez-le en lamelles de 3 cm de large.
Avec un pinceau, badigeonnez les lamelles avec du jaune d'oeuf puis saupoudrez-les avec un peu de parmesan fraîchement râpé.  Enfournez pour 5 min à 200°.
Servez froid avec l'apéro.

 

Bon appétit,

 

Anne

  

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07/05/2009

Cannelloni de bettes au crabe des neiges et ricotta, scampis poêlés, émulsion au basilic

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Cannelloni de bettes au crabe des neiges et ricotta, scampis poêlés, émulsion de basilic

 

Notre (vieil) ami Mark du blog "PASSION CUISINE" m'a donné hier l'envie de cuisiner des bettes. Ce légume-feuille cher à nos grands-mères revient à la mode dans nos régions, et ce n'est là que justice. C'est un ingrédient  qui mérite mieux que d'être préparé "comme des épinards". J'ai donc voulu l'utiliser dans un accord un peu plus noble que d'habitude, mettant bien évidence ses qualités gastronomiques.

 

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Quelques jours auparavant, je m'étais rendue dans une grande surface réservée aux professionnels de la restauration (secteur HORECA), du côté d'Anvers. Ce grand magasin ressemble plutôt  à une fabuleuse caverne d'Ali Baba où tant de produits exeptionnels sont rassemblés que les cordons bleus et les gourmands y perdent la tête et font exploser leur budget.

Au rayon poisonnerie, je me suis laissée tenter par de la chair du très apprécié crabe des neiges. Ce crustacé est surtout pêché au Canada. La saison de pêche démarre en avril pour se terminer en novembre.

 

Pattes de crabe des neiges

Le crabe des neiges possède cinq paires de longues pattes aplaties, dont la première est munie de pinces puissantes. Le corps de ce crustacé peut s'inscrire dans un cercle presque parfait. Le dessus de sa carapace est brun clair et le dessous, blanc crème.

Les mâles sont nettement plus grands que les femelles, et sont pratiquement les seuls à atteindre la taille de capture légale.  La largeur du crabe capturé commercialement varie de 9,5 à 15 cm et son poids, de 350 g à 1,3 kg.

Quand elle est cuite, la carapace du crabe des neiges prend une belle couleur orange vif.

La chair du crabe des neiges est riche, sucrée et ferme. Rose orangé à l'extérieur et blanche à l'intérieur, elle se compose de filaments fins et tendres au goût délicat et exquis.


Crabe des neiges

Je vous présente ici une recette pour 4 personnes, qui peut être servie, soit en entrée, soit en plat principal.

 
Nous avons beaucoup aimé la légèreté de la farce dans le cannelloni, agréablement relevée par quelques pignons toastés, une saveur étonnamment en phase avec le goût délicat de la chair de crabe et l'émulsion de basilic.


Ingrédients
 
Cannelloni
4 tiges de bettes
100 gr de chair de crabe des neiges
100 gr de ricotta
1 c à S de pignons de pin toastés
1 blanc d'oeuf (moyen)
12 feuilles de basilic
1 c à S de parmesan râpé (avec Microplane on dirait de la neige !)

 
Emulsion

1dl de lait entier
50 gr de beurre doux de ferme
15 feuilles de basilic
sel et poivre
 

Scampis

16 scampis décortiqués(si le plat est servi comme entrée)
OU
32 scampis décourtiqués(s'il s'agit du plat principal)
+ beurre pour cuisson
+ sel et poivre

 

Préparation

 
Commencez par égoutter la ricotta.
Lavez les bettes. Découpez les feuilles en carré, en leur conservant un morceau de côte blanche de +/- 6 cm (voir photo ci-dessous).

Mélangez la chair de crabe en miettes avec la ricotta, le blanc d'oeuf légèrement battu. Ajoutez les pignons toastés. Hachez le basilic au grand couteau (il libère mieux son parfum) et le parmesan râpé. Salez peu et poivrez; mélangez bien.
Séchez les feuilles de bettes avec du papier absorbant. Déposez- sur chacune d'elles une bonne cuillèrée de farce; enroulez-les sur elles-mêmes en laissant la côte vers le haut. Maintenez le rouleau avec un cure -dent.

Placez les rouleaux dans un cuit-vapeur pendant +/- 10 à 12 min.

Faites fondre du beurre dans une sauteuse; déposez-y les scampis. Laissez cuire les scampis pendant plus ou moins 3 min. sur chaque face.
 
Pendant ce temps, faites chauffer le lait, mixez-y le beurre.  Au dernier moment, ajoutez les feuilles de basilic, mixez et émulsionnez.
 
Servez aussitôt sur assiette en placant le cannelloni d'un côté de l'assiette, de l'autre les scampis et terminez avec l'émulsion.

 


Bon appétit !

Anne


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01/01/2009

Carpaccio de thon, dés de foie gras poêlés, brunoise de légumes et crème de cèpes

2007 11 04 106 (600x450) Carpaccio thon foie gras

 

Carpaccio de thon, dés de foie gras poêlés, brunoise de légumes et noisettes, crème de cèpes

 

Il me restait des extrémités des lobes du foie gras cru que j'avais levé en escalopes pour une de mes préparations-maison de la semaine dernière.

Logo - Patrick Dalle

(cliquez sur l'image)

 

S'agissant d'un foie gras qui s'est avéré être d'une qualité exceptionnelle acheté directement chez Patrick Dalle, artisan éleveur-producteur selon la tradition française installé à Asse - à quelques km à peine de Bruxelles - j'ai souhaité utiliser ces excellents restes dans la recette que je vous propose ici. Voici ce que cela à donné, au plus grand plaisir de mes invités.

 

Ingrédients

(pour 4 pers.)

300 gr de thon frais
120 de foie gras cru
40 gr de tige de céleri vert (de préférence pas les tiges trop grosses)
40 gr de betterave rouge crue (épluchée)
15 gr de noisettes torréfiées et concassées
10 gr de graisse de canard
12 feuilles de pourpier (garniture)
6 tranches de navet blanchi (garniture)
Huile d'olive, sel, poivre du moulin
Fleur de sel
5 c à S de jus brun de volaille (légèrement citronné)

pour la crème aux cèpes

300 gr de cèpes frais (ou 100 gr de cèpes séchés, préalablement trempés dans de l'eau et bien épongés)
1 échalote émincée (finement)
1 éclat d'ail (dégermé)
3 dl de fond de volaille blanc
0.5 dl de crème (35 %)
0.5 dl de lait entier
20 gr de beurre doux
1 c à c de vinaigre de vin rouge de bonne qualité


Préparation

Placez le thon pendant une petite quinzaine de minutes au congélateur, afin de pouvoir couper ensuite des tranches de plus ou moins 4 mm d'épaisseur.

Pendant ce temps, coupez en très fine brunoise la betterave rouge, ainsi que le céleri vert. Déposez la bettterave sur du papier absorbant, laissez en attente.
Blanchissez le céleri vert pendant 1 min., puis rincez le à l'eau très froide pour couper la cuisson.

Préparation de la crème aux cèpes

Colorez les cèpes à la poêle; ajoutez les échalotes, l'ail, déglacer avec le fond blanc. Laissez réduire, ajoutez le lait + crème.
Faites bouillir (à petits bouillons) pendant 5 min, et passez au mixer.
Filtrez le jus au chinois fin.
Montez la sauce au beurre et ajoutez un trait de vinaigre de vin.


Important : Vérifiez le thon qui a été mis en congélateur.
Découpez-le. Comptez 3 tranches de poisson par plat.
A l'aide d'un emporte-pièce, donnez une forme aux tranches de thon. Placez les tranches de poisson sur les assiettes, huilez légèrement, au pinceau, chaque tranche. Assaisonnez de fleur de sel et poivre du moulin.
Déposez sur chaque carpaccio un peu de céleri vert, betteraves et noisettes.


Cuisson du foie gras
Taillez le foie gras en cubes réguliers. Poêlez-les vivement dans une poêle anti-adhésive. Avant de déposer les cubes de foie sur le carpaccio, pensez à les saler et poivrer légèrement.

Terminez la sauce aux cèpes
Dans votre poêle, après la cuisson du foie, déposez 10 gr de graisse de canard. Laissez fondre, et ajoutez-y un trait de fond brun citronné. Montez avec un peu de beurre, et ajoutez la crème de cèpes.

Versez un cordon de sauce tout autour du carpaccio.
Garnissez avec des feuilles de pourpier et des 1/2 tranches de navets, pour donner du relief et de la couleur au plat.

 

Bon appétit,

Anne

 

 

2007 11 04 105  (600x450) Carpaccio thon foie gras

 

 

 

 

 

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28/03/2008

Triolette de "Portabella"

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Triolette de "Portabella"

Le "Portabella" est un champignon dit "champignon marron", au  pied est très court et au chapeau pouvant dépasser 15 cm de diamètre. Sa chair est bien ferme, sa conservation plus longue que n'importe quel autre champignon; ce qui en fait la variété idéale pour les cuissons au barbecue. Il acquiert ces qualités grâce à son mode de culture: il s'agit en effet d'un champignon que les cultivateurs qualifient de "mûr", parce qu'ils le laissent croître plus longtemps que les autres variétés avant de le récolter.

Son grand chapeau le désigne idéalement pour des préparations farcies. Dérisoirement calorique, il est aussi particulièrements apprécié pas les "végés".


 
Recette pour 2 personnes

(Idéal en accompagnement d'une viande blanche rôtie)

Ingrédients


3 "Portabella"
3 c à S d'huile d'olive + 1 c à S pour le plat à four
4 demi tomates séchées conservées dans de l'huile aromatisée + 1 c à S d'huile aromatisée
40 gr de chorizo piquant
50 gr de fromage bleu Stilton
2 échalotes émincées très finement
1 c à c de vinaigre balsamique blanc
Muscade
3 c à S persil plat moulu 
1 gousse d'ail dégermé
Qqs brins de thym frais
Qqs brins d'origan frais
2 c à S de chapelure (neutre)
Poivre

Préparation


Brossez les "Portabella" à l'aide d'une petite brosse à champignons (voir photo ci-dessous). Comme la plupart des champignons, il est préférable de ne pas les laver, afin d'éviter qu'ils ne deviennent spongieux et perdent le meilleur de leur goût.
Enlevez le pied. Celui-ci se détache facilement et proprement par un léger mouvement vrille. Emincez finement la chair des pieds de champignons.
Cuisez les chapeaux des champignons dans une poêle avec 3 c à S d'huile d'olive, côté lamelles vers le haut, pendant 4 à 5 min.

Dès l'apparition d'un dépôt d'eau dans la cavité du pied, retournez les champignons dans la poêle et laissez les rôtir pendant 2 min. Mettez-les en attente dans le plat à four.

 


 
Préparation des différentes garnitures pour farcir


 
1 - Farce aux tomates séchées


Egouttez les tomates séchées et émincez- les. Mettez-les dans un bol, ajoutez-y le 1/3 de chair des pieds des champignons, la 1/2 des échalotes émincées, poivrez, effeuillez le thym, ajoutez 1 c à S d'huile aromatisée, mélangez bien le tout. Ajoutez 1/3 du persil haché, 1 c à S de chapelure, mélanger encore. Garnissez le premier Portabella avec ce mélange.


 
2 - Farce au chorizo


Enlevez la peau du chorizo, coupez-le en petits cubes. Faites cuire les cubes à la poêle anti-adhésive, et ce pendant 2 à 3 min.
Dans un bol, mettez les cubes de chorizo cuits,  1/2 des échalotes, 1/3 de la chair des pieds de champignon, quelques feuilles d'origan hachées, poivre, 1/3 du persil haché, 1 c à S de chapelure. N'ajoutez pas d'huile, le chorizo fera office de corps gras. Garnir un champignon avec cette farce.


 
3 - Farce au "Stilton" (*)

(*) Stilton est le nom d'un village d'Angleterre mondialement connu pour son fromage persillé, fabriqué à partir de lait de vache (50% de matières grasses). Produit exclusivement dans les comtés de Derby, Leicester ou Nottingham, ses règles de fabrication strictement respectées lui ont valu le label AOC octroyé par la Commission européenne.  Seules sept fromageries sont autorisées à le produire. De l'avis de nombreux chefs, c'est un fromage fabuleux, qui se démarque nettement dans certaines préparations culinaires ...


Débitez le stilton en petits cubes. Dans un bol, mettez la chair des pieds de champignon, le stilton, la vinaigre balsamique blanc, la muscade, poivre et le 1/3 restant de persil haché. Mélangez soigneusement le tout et poivrer. Garnir un champignon avec ce mélange.
 


Avantage appréciable pour la cuisinière : jusqu'à ce stade de la recette, les champignons peuvent être préparés quelques heures à l'avance.


Pour terminer, il suffit de les enfournez 15 min à 180°.

 

 

Bon appétit,

Anne 

 

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