07/09/2008

La "Jacques Lebel" : la vraie "pomme à beignets"

20080907 003 Pomme Jacques Lebel

La pomme "Jacques Lebel", qui ne paie pas toujours de mine, mais dont l'authencité du goût de sa chair blanche un peu sucrée, légèrement acidulée, tendre et juteuse à souhait font le meilleur des ingrédients pour la préparation de vos beignets, de vos tartes et de vos compotes

 

La "Jacques Lebel", la vraie "pomme à beignets" de nos grands-mères

La cueillette des pommes et des poires bat son plein. Je parle de vraies pommes, de variétés anciennes et rustiques produites dans nos vergers. Pas les quelques variétés nouvelles stéréotypées que l'on trouve toute l'année dans les hypermarchés, suremballées, résistantes au choc,  d'aspects et de formes suspectement parfaits ... bref, tout un ensemble de critères commerciaux appréciés des producteurs qui excluent malheureusement celui qui devrait être le premier de tous pour les consommateurs ... le goût authentique.

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Ces pommes là ? Non, pas pour nous. Merci !

Les "pommes à caractère" du verger, elles, se récoltent dès le mois d'août pour quelques variétés précoces. Seuls ceux d'entre vous qui ont encore le bonheur de voir mûrir sur un grand arbre les petites pommes de la mi-août, ou qui ont gardé de leur enfance le souvenir du plaisir que l'on éprouve à croquer ces fruits-là, me comprendrons sans avoir besoin de se laisser convaincre. Le défaut commercial des pommes de la mi-août ? Elle ne se conservent que six semaines au maximum et n'acceptent pas le stockage réfrigéré. C'est typiquemment un produit de saison.

Dès le début de septembre, la cueillette d'une autre variété ancienne peut débuter. Celle de la "Jacques Lebel". Ces pommes-là peuvent se conserver jusqu'à la fête de Saint-Nicolas (6 décembre). C'est de ce cultivar que je voudrais vous dire quelques mots aujourd'hui.

Ce pommier doit son nom à celui de son obtenteur, un pépiniériste d'AmiensJacques Lebel - qui l'a obtenu par semis "chanceux" vers 1825. Rapidement, il gagne sa place dans les vergers de l'Amiénois et de la Touraine. Un bonne vingtaine d'années plus tard, juste au lendemain de la révolution de 1848 qui avait renversé la monarchie bourgeoise de Louis-Philippe, la commercialisation de ses fruits est entreprise à une grande échelle pour l'époque et franchit les frontières de l'Amiénois et de la Touraine d'abord, de la France ensuite.

Selon le lieu et l'usage, elle prend toutes sortes de noms différents, très évocateurs, comme "Pomme à beignets", "Grosse-queue", "Huileuse","Jakob". Certains l'assimilent encore aujourd'hui à la "Double des Vosges". C'est une confusion fréquente mais fort compréhensible. Si les pommes de l'une et l'autre variétés se ressemblent énormément, l'aspect de l'arbre lui-même est fort différent. Mais combien sont les gens qui - vivant aujourd'hui "hors-sol", selon l'expression humoristique de Pierre Rabhi - connaissent encore la forme de l'arbre dont ils mangent les fruits ?  Le "Jacques Lebel", qui est un grand arbre vigoureux aimant croître en plein vent et en pleine lumière, laisse  ses branches s'incurver vers le sol. Sa forme est beaucoup plus retombante - pleureuse presque - que celle de la variété "Double des vosges" avec lequel il est pourtant confondu sur d'autres critères.

Le "Jacques Lebel" est une variété type des anciens vergers, très vigoureux, à grand développement et fort productif. Un de ces pommiers qui - comme dans les images d'Épinal - nécessite une longue échelle et un grand panier pour la cueillette. Ah, nostalgie !

Au printemps, les branches poussent avec vigueur et verticalement. La floraison puis le feuillage sont abondants. Après la nouaison, le poids croissant des fruits incurve progressivement les branches érigées pour donner à l'arbre sa forme retombante caractéristique.

Les fruits sont relativement grands, de taille irrégulière. Leur forme est assez applatie, irrégulière au pourtour et au sommet. La couleur de la peau du fruit est variable; les fruits les plus exposés à la lumière et au vent se strient de rouge, tandis que ceux disposés au centre du feuillage conservent une couleur verte uniforme plaquée de fauve autour du pédicelle (= petit pédoncule). La conservation après la cueillette améliore les qualités gustatives de cette pomme.

Attention ! Si vous envisagez et pouvez vous procurer le plant d'un tel pommier chez votre pépiniériste, et si vous ne voulez pas être déçu par votre première récolte, vous devrez tenir compte que le "Jacques Lebel" appartient à une race triploïde (= à 3 lots chromosomiques au lieu de 2) et qu'il n'est pas autofertilisant. Pour avoir des fruits à profusion, - et Dieu sait s'il peut en donner ! - ,  il faut planter ce pommier à proximité de variétés telles que la "Reine des Reinettes", la "Keuleman" ou la "Transparente blanche".

Croquez des pommes de variétés anciennes, c'est plus savoureux et meilleur pour la santé. Préférez et plantez les arbres de ces varitiés chaque fois que vous le pouvez.

Bien pomologiquement vôtre,

José

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24/11/2007

ARBRES FRUITIERS : demain, fête de sainte Catherine

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Photo : poire Williams 4 semaines après la nouaison

Arbres fruitiers : demain, c'est la fête de sainte Catherine !

L'adage populaire est bien connu : « A la sainte Catherine, tout bois prend racine »! Il nous rappelle opportunément que c'est le moment idéal de plantation pour nos arbres et arbustes fruitiers. En cette saison, pas besoin d'acheter des plants en conteneurs, plus chers et « stressés » depuis des mois dans des godets. Faites l'acquisition de variétés à « racines nues »(=sans motte), c'est avantageux et bien plus efficace pour autant que vous les plantiez maintenant.

Alors, demain, en espérant qu'il ne pleuve pas et ne gèle pas trop non plus, prenez courageusement votre paire de gants, votre bêche et votre sécateur et préparez-vous à installer vos espoirs fruitiers en terre.

Dans un trou de plantation bien préparé et de bonne profondeur, versez du fumier bien décomposé ainsi qu'une poignée de poudre d'os. (Si vous n'avez pas de fumier humide à votre disposition, vous pouvez utiliser le fumier déshydraté en sac plastique que vous indiquera votre pépiniériste.)

C'est vrai que les arbres fruitiers ne sont pas notre spécialité, à Anne et à moi. Mais, dans nos potagers, nous avons réussi à associer arbres et arbustes à nos planches de légumes anciens, en veillant à ce qu'ils puissent bien prospérer ensemble. Dans cette complémentarité recherchée, nos résultats sont déjà très convaincants.

Encouragés par le succès des années antérieures, nous n'avons pas résisté longtemps à vouloir ajouter quelques variétés fruitières savoureuses et parfumées qui nous rappellent notre enfance, en se disant -sans trop vérifier d'ailleurs-, qu'on leur trouverait bien encore une « p'tit' place » pour les faire grandir.

Ce sont toujours les variétés anciennes que nous recherchons et privilégions. Nos coups de cœurs de cet automne : 2 poiriers « Jefke » ou "Beurré Chaboceau", 1 poirier «Bronzée d'Enghien », dont je vous reparlerai,  et 1 poirier « Saint Rémy » ou "Bellissime d'hiver", dont je vous ai déjà parlé. (Si vous ne pouvez attendre nos posts et avez des questions, laissez-nous un message et nous vous répondrons personnellement.)

Où les avons nous trouvés ? Tout simplement chez ECOFLORA à Halle. Cette remarquable pépinière, installée dans une grande et vieille ferme brabançonne située au bord de la route qui mène de Halle à Ninove à travers la campagne vallonnée du «Pajotenland », est une véritable caverne d'Ali Baba pour les amateurs de variétés de plantes rustiques rares, totalement  « hors commerce standard ». Les exploitants sont de vrais écologistes expérimentés, multilingues et sympas. Deux indices tangibles ?

Des dizaines d'hirondelles s'invitent fidèlement chaque printemps dans leurs installations pour y retrouver leurs nombreux nids et se reproduire. Le couple d'hirondelles le plus audacieux à même installé son nid au dessus du comptoir caisse, et personne n'a songé un seul instant à les déranger, au contraire !

Au dessus du présentoir d'un bel assortiment de semences paysannes, un clin d'œil discret : une plaque de rue ancien modèle avec mention « Zonder Haatstraat » ( « Rue Sans haine »). On aimerait retrouver partout cet esprit de tolérance, surtout dans une petite Belgique que nos politiciens déclarent déchirée. Faut-il  les croire ?

Une petite visite virtuelle chez ECOFLORA ? Cliquez sur le lien ci-après, et appréciez l'étendue et l'originalité du catalogue  :

http://www.ecoflora.be/HP_FR.html