06/10/2008

Vins de fruits : le VIN DE COING

A votre santé !

Vins de fruits :

LE VIN DE COING

 

Ce billet fait suite à celui que je consacrais vendredi à ce fruit extraordinaire qu'est le coing. (cf. http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/6309981/le-...)

Après avoir été éclipsés pendant quelques dizaines d'années par les boissons alcoolisées commerciales, les vins de fruits, que l'on pourraient qualifier de "vins familiaux" font un retour remarqué par les gourmets. Parmi ceux qui en ont goûté un jour, qui s'en plaindra ? Et pour les autres, pourquoi ne pas en faire l'expérience ?

Lorsque l'on parle de "vin", on pense immédiatement à la vigne et au raisin. Et la fabrication de ce vin là, qui est à la fois art et science, s'élabore avec des soins multiples et jaloux. Des secrets de fabrication séculaires, des manipulations savantes adaptées à chaque région et à chaque cépage ... et un matériel imposant sont nécessaires à sa fabrication. On doit donc considérer qu'il est quasi-impossible pour un particulier de réaliser lui-même un vin de raisin dont la qualité et les caractéristiques se rapprocheraient tant soit peu de la noble boisson produite par les viticulteurs.

Mais il existe toute une série de vins de fruits que chacun peut assez aisément préparer lui-même avec fort peu de matériel et à peu de frais en  respectant quelques règles simples. Et je ne dis pas l'immense effet convivial que produit, dans une réunion d'amis, l'arrivée sur la table d'une de ces bouteilles de votre fabrication-maison !

Voici - sans exhaustivité et en ordre alphabétique - quelques fruits avec lesquels on peut fabriquer du "vin familial":

Airelle - Alise - Arbouse - Betterave rouge - Cassis - Cerise - Corme (le fameux "cormé") - Cornouille - Figue (la "figuette") - Framboise - Groseille - Mûre (le "moré") - Myrtille - Nèfle - Orange - Pêche - Prune - Prunelle - Rhubarbe (je vous en ai déjà communiqué la recette sur ce blog : cf. http://lesjardinsdepomone.skynetblogs.be/post/5852873/la-...) - Sureau (mais oui, je pense à toi avec tendresse, Fabienne! cf. http://savoureusesaveur.canalblog.com/), ...

Mais parlons aujourd'hui uniquement du vin de coing. Ce billet est bien sûr pour vous tous, mais je le dédie aussi tout spécialement à l'érudite Labelga (http://www.leafy-cooking.blogspot.com), qui manie la langue de Shakespeare avec un raffinement académique, et à mon grand ami Mark "le brusseleir" (http://passion-cuisine.skynetblogs.be/) qui par son tempérament joyeux, sa générosité et son franc-parler s'est imposé comme un des plus puissants moteurs de ce groupe des blogueurs-blagueurs-noceurs que Fabienne à malicieusement appelé "les écaviens".

En gastronomie, le vin de coing bien préparé peut accompagner dignement et génialement le foie gras, les cailles farcies au chou ou les "boutons de culotte" (tranches chaudes d'un buchette de fromage de chèvre accompagnées d'une salade composée et nappées de miel) .

 

Recette du vin de coing

 

Ingrédients

10 l d'eau (ça commence soft !)

5 coings de belle taille

1 kg de sucre blanc

10 cc d'eau- de-vie blanche

5 gr de gros sel marin

1 clou de girofle

3 gr de levure de bière

 

Préparation

Choisissez des fruits bien mûrs. Lavez-les soigneusement.

Coupez-les en deux dans le sens de longueur pour en exciser facilement le coeur (semblable à celui d'un poire). Débitez la chair des fruits en morceaux avec leur peau.

Faites cuire les morceaux de fruits dans une grande casserolle en les couvrant d'eau. La cuisson doit être poursuivie jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement mous.

Broyez les fruits au pilon pour bien les écraser. Laissez reposer pendant 24 heures.

Pressez la pulpe pour en recueillir tout le jus, que vous filtrerez ensuite deux fois au torchon.

A part, délayez la levure dans un peu d'eau tiède avec le clou de girofle.

Dans un fût (un jerrican en matière plastique peu parfaitement faire l'affaire si le goulot est suffisamment large !), versez ce mélange eau tiède-levure-girofle, ajoutez le jus des coings, le sucre et le sel marin. Complétez le remplissage avec 10 litres d'eau.

Laissez fermenter le mélange pendant plusieurs jours à "bondeouverte". Lorsque la fermentation est terminée et que l'écume ne déborde plus du fût, soutirez le vin de fruit dans un second fût impeccablement propre. Ajoutez l'eau-de-vie blanche et fermez hermétiquement la bonde. Stockez en cave fraîche.

A présent, armez-vous de patience ! Votre fût devra reposer pendant au moins 3 mois avant que vous puissiez soutirer en bouteilles. Bien remplies, ces dernières devront être bouchée soigneusement et les goulots devront être solidement muselés avec du fil métallique.

 

Si vous vous lancez dans ces opérations au mois d'octobre (celui de la récolte des coings) vous pourrez enfin dégustez le premier verre de votre vin-maison à la chandeleur (2 février 2009). J'attendrai jusque là pour savoir ce que vous en pensez. A votre santé !

 

(*) On appelle "bonde" le trou percé dans un tonneau pour pouvoir le remplir. Mais la pièce de bois qui servait jadis à obturer ce trou était également appelée "bonde".

 

 

A votre santé ... hips !

 

José