03/11/2008

Légumes oubliés : la TÉTRAGONE CORNUE

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Légumes-feuilles :

La TÉTRAGONE CORNUE

Nous sommes déjà début novembre, et j'étais fort surpris de constater ce matin combien d'espèces de fruits (oui, même des fraises blanches et des fraises caprons!) et de légumes réputées d' "été" étaient encore présentes au potager, et cela dans un état de fraîcheur et de vigueur remarquable.

Parmi elles, la tétragone cornue (Tetragonia tetragonioides, O. Kuntze), que beaucoup d'entre vous connaissent mieux sous le nom d' "épinard de Nouvelle-Zélande" ou  d' "épinard d'été". J'ai pu en faire ample récolte aujourd'hui, avec l'intention de les préparer dans les prochains jours.

C'est l'occasion de vous dire un mot au sujet de cet autre légume injustement oublié. J'en parle avec enthousiasme , parce que ces dernières années, j'en suis arrivé à l'apprécier bien davantage que les véritables épinards (Spinacia olearacea, Linné), tant pour des raisons de goût que de qualité diététique.

La tétragone cornue est une plante herbacée de la famille des Aizoacées, originaire de la Nouvelle-Zélande et de nombreuses îles de l'Océan atlantique. Mais elle est appréciée et cultivée depuis longtemps aussi à l'île de la Réunion, où les créoles la désigne très cocassement "brède tétragone" ou "zépinard".

Dans le monde occidental, la tétragone cornue est d'abord arrivée en Angleterre - dans la foulée des expéditions du navigateur James Cook (1728-1779) - avant de se répandre dans plusieurs pays du continent européen, dont la France à partir de 1810. Parfaitement acclimatée, la tétragone était jadis très fréquente dans nos potagers. A bien des égards, c'est un légume absolument remarquable, auquel sa richesse en vitamine C confère d'ailleurs des vertus redynamisantes fort intéressantes pour notre organisme. (Riche en sels minéraux, elle contient aussi les précieuses vitamines B1, B2 et PP).

Mais, comme tant d'autres légumes d'antan, la tétragone n'a pas trouvé grâce aux yeux des "Merchant adventurers" cupides qui organisent  (lisez "banalisent") nos chaînes d'approvisionnement vivrier selon les règles du plus gros profit ... financier. Je n'avais jamais vu ce légume dans aucun commerce avant qu'Anne et moi ayons décidé un beau jour de le cultivernous-même pour pouvoir le découvrir et le goûter.

C'est une plante très facile à cultiver, qui ne demande presque aucuns soins. D'une année à l'autre, elle se réensemence toute seule avec une aisance désinvolte. Elle s'étale fortement, formant un excellent couvre-sol durant l'été.

En cuisine, on consomme les feuilles de la tétragone crues ou cuites. Les petites feuilles jeunes des sommités de la plante sont un délice dans les salades. Ces feuilles sont plus charnues et moins fibreuses que celles des véritables épinards. Hachées, cette verdure est plus veloutée que l'épinard. Il n'est pas nécessaire d'y adjoindre de la crème fraîche pour que la structure devienne agréable au palais. Et puis, il a ce petit plus qui me plaît personnellement beaucoup : une discrète saveur marine, un petit goût subtilement iodé (comme sa lointaine cousine, la ficoïde glaciale).

La tétragone cornue se prépare comme les épinards, et accompagne judicieusement les viandes blanches. On les cuit au beurre, au jus. en potage ou on les fait simplement sauter dans une poêle avec un peu d'huile d'olive, une pointe d'ail et de l''échalote. (Pour les connaisseurs, il est d'usage d'ajouter quelques feuilles de petite oseille à celles de la tétragone.)

En conclusion, je ne peux qu'encourager ceux d'entre vous qui, légitimement soucieux de biodiversité, déciderons de cultiver dès le printemps prochain dans un coin de leur jardin cet excellent légume introuvable dans le commerce standard. Ceux-là découvrirons qu'ils s'offrent un plaisir bien grand et fort sain pour un minimum d'effort jardinier.

Vous voulez tenter l'expérience ? Des graines de qualité (elles ont la forme particulière d'une petite tête de "diable") sont commercialisées par Vilmorin-Clause. Le semis est assez dur à démarrer (avril), mais la capacité germinative peut être grandement améliorée si vous plongez les graines pendant 48 heures dans de l'eau tiède ou mieux, pendant 24 heures dans un peu de petit lait. (Ce "truc" un peu étrange de jardinier s'explique par la présence dans le lait d'un enzyme qui fait réagir le germe.). Après, la culture se fait quasimment toute seule, avec premières récoltes en juillet.

Votre bien chlorophyllement dévoué,

José

 

21/12/2007

La mâche dans tous ses états

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La mâche dans tous ses états

 

La salade préférée du poète … Une pléiade de variétés et de préparations

La mâche offre des possibilités de savoureuses salades en automne et en hiver. Dans un soucis de compréhension universelle, les botanistes l'appellent doctement «Valerianella olitoria Moench » ou «Valerianella locusta Linné ». 

Ce légume se mange le plus souvent cru, associé agréablement à l’échalote hachée, à la betterave rouge et aux carottes râpées,  dans les salades d’accompagnement. Mais on peut également consommer la mâche cuite, ce qui est beaucoup moins connu.  

La mâche possède une grande valeur vitaminique. Sa teneur en vitamines A, B et C est beaucoup plus élevée que celle de la laitue. Elle contient en outre une série de sels minéraux intéressants tels du calcium, du fer, du magnésium, du phosphore, du silicium, du zinc et du vanadium. Outre ses excellentes qualités gustatives, la « salade de blé » est particulièrement digeste, avec des vertus adoucissante, apéritive et  dépurative.  

C’est en Sicile et en Sardaigne que l’on relève les premières traces de consommation de mâche. Longtemps, cette petite plante au feuillage en rosette étonnament vert toute l’année, ne se cultivait pas dans les potagers. Mais les campagnards partaient volontiers à la cueillette de cette discrète valérianacée dans les champs de céréales qui, après la moisson, étaient laissés à l’abandon jusqu’au printemps suivant. Là, cette authentique sauvageonne, vigoureuse et volontaire,  poussait spontanément, résistant aux intempéries et au gel,  offrant tout au long de l’automne et de l’hiver une salade estimée et particulièrement délectable.

C’est par référence à ces endroits où l’on pouvait la trouver naturellement, que les Belges l’appellent d’ailleurs plus volontiers « salade de blé ».  

Nos amis suisses connaissent également bien la mâche, mais parlent de préférence du « rampon ».

Et par les beaux pays de France et de Navarre, la mâche est évoquée sous une multitude de noms évocateurs, tels que « barbe de chanoine », « clairette coquille », «galinette », « laitue de brebis », « oreille de lièvre », « salade royale », « doucette » ou … « boursette ». 

 

Les Hollandais sont les promoteurs de variétés blondes cultivées en serre, bestsellers maraîchers au feuillage plus clair, tendre, de conservation et de présentation impeccable, mais à mon avis  … de saveur relativement médiocre. Le bel attrait visuel n’est pas conforté par le goût. 

 

J’avoue ne rien savoir au sujet de la culture ou la consommation de mâche chez nos amis canadiens, et je serais particulièrement reconnaissant envers celle ou celui qui voudrait me fournir quelques informations intéressantes depuis son potager des rives du Saint-Laurent.  

C’est bien à la mâche que le poète Pierre de Ronsard (1524-1585) faisait allusion en évoquant la « boursette touffue» et en exhaltant son bon goût et ses vertus. Jamyn était le fidèle domestique qu’il chargeait d’aller la récolter sur les champs « en paresse laissé » : 

 

D'un vague pied, d'une vue écartée,
Deçà delà jetée et rejetée
Or' sur la rive, ores sur un fossé,
Or' sur un champ en paresse laissé
Du laboureur, qui de lui-même apporte
Sans cultiver herbes de toute sorte,
Je m'en irai solitaire à l'écart.
Tu t'en iras, Jamyn, d'une autre part
Chercher soigneux la boursette touffue,
La pâquerette à la feuille menue,
La pimprenelle heureuse pour le sang
Et pour la rate, et pour le mal de flanc
 


Sous le règne du roi-soleil (r.1643-1715), la mâche va acquérir enfin ses premiers galons de plante potagère parce qu’elle avait eu l'heur de plaire - à table -  à Mazarin, à Colbert et surtout… à Madame de Montespan ! Pendant les deux siècles suivants, agronomes et jardiniers s’attacheront à produire des cultivars aux feuilles plus larges, celles de la variété botanique étant relativement étroites et longues.  

Le premier cultivar de réelle qualité maraîchère dont j’ai retrouvé la trace historique aurait été commercialisé à Paris en 1873; il s’agirait de la encore célèbre mâche dite « Verte d’Étampes ». 

Bien d’autres cultivars de cette petite plante bisannuelle se cultivent et se consomment aujourd’hui, tels que : « Blonde de Hollande », « Coquille blonde », «Coquille de Louviers », « Jade », « Mâche à grosses graines », « Médaillon », «Ronde maraîchère », « Topaze », « Trophy », «Verte de Cambrai », «Verte à cœur plein », « Verte de Rouen », « Vit » … et « Verte nantaise ». 

Dans un commentaire laissé le 5 décembre dernier sur ce blog par l’animatrice sympa de « Une cuillère pour papa »,  (http://unecuillerepourpapa.blogspot.com), Marie-France  demandait si la mâche nantaise était fort différente de la mâche de Cambrai qu’Anne et moi avions utilisée pour la recette au radis noir. Je lui réponds ici que la vraie mâche nantaise est un ingrédient beaucoup plus fin que la mâche de Cambrai. Mais en Belgique, où je me trouve, le climat est significativement plus rude que sur les bords de la Loire et la mâche de Cambrai est la variété qui m’a donné le plus de satisfaction en hiver.  

La mâche nantaise est un produit « haut de gamme » qui bénéficie, depuis 1995, d’un double certification : IGP (=Indication Géographique Protégée) et CCP (=Certificat de Conformité du Produit). Anne et moi en avons consommé plusieurs fois avec plaisir. Mais dans mon cerveau de brontosaure, j’entretiens presque malgré moi une défiance quasi-animale pour les grandes réussites commerciales. En admettant que la mâche nantaise soit le surfin du goût, ce que je peux ratifier sans trop de réserve,  je suis inquiet de savoir comment on pourrait en produire annuellement près de 25.000 tonnes en Loire-atlantique  (Question : Cela fait combien de rosettes ?) sans recours à des méthodes de culture intensive, de récolte et de distribution auxquelles je n’adhère pas.    

On l’aura compris, après avoir écarté d’office les produits sans saveurs conçus pour rester « beaux » dans leurs barquettes transparentes passées aux radiations ionisantes, chaque gourmet aura ses préférences gustatives. Mais quelle que soit la variété, rien ne vaudra jamais sans doute la « salade de blé » qui aura poussé dans un petit jardin. Pourquoi pas dans le vôtre ? 

C’est une culture hyper-simple sous un climat tempéré. La mâche n’a pas de grande exigence pour la qualité du sol, pourvu qu’il contienne de l’humus. Elle pousse bien dans un endroit ombragé. Il faut la semer idéalement  de juillet à septembre. Pour la réussite du semis, un excellent « truc de jardinier » consiste à utiliser, non pas les graines de l’année précédente, mais bien celles d’il y a deux ans, dont la force germinative est nettement plus performante. Donc, si vous voulez cultiver de la mâche en 2008, vérifiez bien que les graines qu’on vous a vendues ont été récoltées en 2006. (Les graines récoltées en 2007 seront plus utilement réservées aux semis de 2009.)  

Bien chlorophyllement vôtre,   

José 

 

 

13/12/2007

Le CHOU : minitrip à travers sa biodiversité

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J’enfonce une porte ouverte : l’hiver est là ! Avec le temps des derniers jours, vous devez vous en douter sans peine. Le gel, notamment, a déjà fait plusieurs fois son apparition dans les plaines brabançonnes.

Cette météo là, c’est l’idéal pour attraper la grippe ou pour … manger des choux ! Tant qu’à choisir, mangeons plutôt des choux ; cela nous évitera peut-être la grippe.

Un vieil adage d’arrière grand-mère me revient à l’esprit : « La gelée n’est bonne que pour les choux ». Certes, une telle affirmation ne doit pas être prise à la lettre; parmi les phénomènes naturels, le gel à bien d’autres fonctions positives. Mais cette sentence renferme une vérité que les jardiniers expérimentés connaissent bien :

Dès qu’ils ont affrontés les premières gelées, les choux d’hiver perdent leur amertume potentielle  pour prendre une saveur plus douce et plus sucrée 

Faites l’expérience et constatez le agréablement vous même (… pour autant que les choux que vous avez acquis aient poussé en plein terre et en plein air. Pas évident du tout !). Bref, la saison est optimale pour manger du chou, un légume qui offre une impressionnate biodiversité. 

Dans votre supermarché (le « super », dans ce cas, ce n’est que de l’autoproclamation commerciale sans contrepartie !), vous n’aurez le plus souvent que le choix entre « un » chou-rouge, « un » chou vert, « un » chou blanc, « un » chou-fleur dénudé de son feuillage protecteur trop encombrant, un tête de brocoli de 500 gr tout rond ( ?!) emballée sous sa pellicule plastique après traitement aux radiations ionisantes, et le petit filet de choux de Bruxelles. Cinq sortes de chou !?!

Un « super-choix » assurément, si l’on considère les centaines et les centaines de cultivars dont nous pourrions disposer pour notre alimentation. Tout au plus, votre supermarché, s’il veut se donner un peu de distinction, vous offrira un encore un petit élargissement de choix avec deux choux chinois, « un » Pak Choï (Brassica pekinensis Ruplecht) et « un » Pe Tsaï (Brassica chinensis Juslen), en versions hybrides "améliorées" cultivées le plus souvent en serres aux Pays-bas ou au Canada.

 

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Chou Pak-choï

Cette assortiment de misère en regard de ce que la biodiversité peut nous offrir à au moins un avantage aux yeux de certains : aucun ver du chou (principalement, la chenille de la piéride), aucune "bestiole" n’a plus envie de mourir pour grignoter un petit bout de ces machins-là. 

Pour les jardiniers "potagistes", il existe 6 grandes races de choux et un nombre impressionnant de cultivars, que les grosses filières traditionnelles de notre alimentation ne reflètent absolument pas.  

1.  Les choux pommés

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Choux pommés 

Les choux à pommes sont des plantes bisannuelles dont les cultivars se répartissent en :

-        Chou cabus (Brassica oleracea var. capitata Linné) : Baccalan de Rennes, Baccalan de Saint-Brieuc, Brunswick, Louviers hâtif, Marché de Copenhague, Nantais hâtif, Pointu de Châteaurenard, Quintal d’Alsace, Vaugirard, Vertus … mais surtout, en cette saison, l’authentique et succulent chou de Noël.

-        Chou de Milan (Brassica oleracea var. sabauda Linné) : Pontoise, Roi de l’Hiver, …

-        Chou de Bruxelles  (Brassica oleracea var. gemmifera De Candole) : Askol, Bangalor, Igor, India, Précoce de Fontenay,  Roi Arthur, …

Curiosité : Il existe une variété anglaise de choux de Bruxelles, de couleur rouge violacé. Elle s’appelle « Rubine » ». 

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Petits choux de Bruxelles 

 

2.  Les choux feuillus non pommés (frisés ou non)

Délicieux en cuisine, les choux feuillus non pommés (Brassica oleracea acephala) sont méconnus parce qu’ils se prêtent mal au conditionnement et que leur conservation est trop brève chez le marchand. Ils ne sont pratiquement pas commercialisés.  

Dans cette catégorie, citons le choux d’aigrette (frisé), le chou palmier (frisé), le formidable chou vivace de Daubenton (ou chou à mille têtes), le chou coréen Green Seoul, le chou japonais Mizuna et surtout le délectable crambé maritime, une variété botanique des régions côtières atlantiques aujourd'hui protégée. Si je n’en pouvais goûter qu’un seul, ce serait assurément ce dernier. 

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Chou d'aigrette

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Chou japonais Mizuna

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Chou vivace de Daubenton

 

3.  Les choux-fleurs et brocolis

Ce sont les nombreuses variétés de choux dont ont ne mange pas le feuillage (encore qu’il puisse, s’il n’est pas traité, entrer dans les soupes et les pots-au-feu !), mais bien les inflorescences. Là encore, la plupart des gens n’imagine pas l’incroyable biodiversité qui existe … en dehors du commerce ! Les bourgeons floraux forment une pomme dont la couleur varie du blanc presque neige au violet, en passant par l’ivoire, le vert et le rose.

Parmi les variétés appréciées citons : l’Erfurt, l’Everest, le Flora Bianca, le Géant d’automne, le Jaudry, la Merveille de toutes les saisons, le Molène, le Samos, le Siria, le Taroke, le Viking … et tant d’autres encore. Le Brocoli, qui était presque absent sur les marchés français et belges il y a un quart de siècle, est devenu depuis un légume courant. Mais le marché privilégie seulement quelques variétés hybrides et non pas celles qui ont le plus de qualités gustatives : Calabrais, Minaret, Romanesco, Verflor, Violet, White Star … Impossible d’être exhaustif; le choix est trop grand ! 


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Chou-fleur 'Merveille des 4 saisons"

 

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 Chou brocoli Romanesco

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Chou-fleur vert

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Chou brocoli d'Angers

4.  Les choux-raves

Avec le chou-rave (Brassica oleracea var. gongylodes Lamarck), ce ne sont ni les feuilles, ni les inforescences que l’on mange, c’est la tige. Mais cette tige a la particularité de former un grand bulbe. Selon la variété, l’enflure de la tige peut peser de 100 gr (Blanc hâtif de Vienne, par ex.) à plus de … 15 kg (comme le Superschmelz) ! Beaucoup de choux-raves sont verts, certains violets (Azur Star, Blaro, Violet de Vienne …)

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Chou-rave Wener blanc

 

5.  Les choux-navets

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Rutabaga

Le célébre et injustement déprécié rutabaga consommé en période de disette, notamment durant la première et la deuxième guerre mondiale, est le représentant le plus notoire des choux-navets (Brassica napus var. napobrassica).

Ceux-ci, fort cultivés et consommés en Scandinavie, sont aussi désignés « choux de Suède ».  Ce ne sont ni les feuilles, ni les fleurs, ni la tige que nous mangeons, mais bien la grosse racine conique et allongée.

La chair du chou-navet proprement dit est blanche ; celle du rutabaga est d’une belle couleur jaune.

Si l’expérience potagère vous tente, choisissez plutôt les blancs d’Aubigny (deux variétés : l’une à collet vert, et l’autre à collet rouge), ou le rutabaga de Pontivy.

Un chou-navet bien cultivé et récolté à temps est une délice, que plusieurs grands restaurateurs remettent au goût du jour et servent comme un produit de luxe sur des plateaux d’argent. On est loin aujourd’hui de la qualité semi-fourragère qui a fait sa mauvaise réputation en période de disette et le réservait à une consommation populaire de survie. 

José

  

05/12/2007

RECETTE - Poêlée de chou de Savoie au vin blanc et au parmesan

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Poêlée de chou vert de Savoie au vin blanc et au parmesan 

Pour 4 personnes :  Préparation : 20 min.  -  Cuisson: 15 min. 

Ingrédients

 

  • ½ chou de Savoie
  • 120 gr de lard fumé
  • 2 x 25 gr de beurre
  • ½ verre de vin blanc (10 cl)
  • 6 pommes de terre   (La variété utilisée ici est la « Franceline »)
  • 100 g de parmesan râpé
  • Sel, poivre
  • 1 gros oignon

  

Préparation

 

  • Faites blanchir le ½ chou entier pendant 2 minutes dans de l’eau bouillante salée. Égouttez-le et couper le en lanières d’environ 1 cm de large.
  • Faites cuire les pommes de terre en chemise pendant 10 min. dans l’eau bouillante. Pelez-les et débitez-les en petits cubes.
  • Épluchez l’oignon et débiter le grossièrement en morceaux.
  • Coupez le lard fumé en petits lardons.
  • Dans un poêle, faites fondre la première portion de beurre, puis ajoutez le chou, les dés de pomme de terre, l’oignon et le lard fumé. Faites sauter le tout à feu vif, puis déglacez au vin blanc.
  • Salez, poivrez selon votre goût et laisser cuire encore pendant 5 minutes à feu doux en remuant.
  • Retirez la poêle du feu, ajoutez la seconde portion de beurre et le parmesan râpé en mélangeant soigneusement les ingrédients.

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31/10/2007

ARROCHE (Atriplex hortensis Linné) (Chénopodiacées)

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L'arroche rouge

(Atriplex hortensis Linné)

Synonymes : Arrode, Belle-Dame, Faux-épinard, Poule-grasse, Érible, Follette

 

Comme beaucoup de nos légumes, cette plante annuelle semble originaire d’Asie centrale. Les feuilles des arroches sauvages, telles l’arroche étalée et l’arroche hastée, étaient déjà consommées comme légumes dans l’Antiquité par les Grecs et les Romains. Du Moyen-Age à la fin du XIXème siècle, la culture et la consommation de trois variétés horticoles d’arroche étaient considérables. Ces arroches des jardins sont aisément indentifiables à la couleur de leur feuillage : vert pâle, vert foncé ou rouge pourpré. (Notons que l’arroche rouge, qui doit sa couleur à la présence d’anthocyane, perd sa couleur à la cuisson et apparaît donc verte dans les plats.)

Cru (salades) ou cuit (en soupes, braisés, à l’étouffée …), c’est un légume fort sain, de culture facile, revenant depuis peu à la mode. Les vertus de l’arroche sont :  calmante, laxative, et rafraîchissante. Outre sa teneur intéressante en vitamine C et en carotène, l’arroche contient du calcium, du fer, du magnésium et du phosphore. Elle stimule l’épuration du sang et le drainage des reins et de la vessie. Attention ! Contient un peu d’acide oxalique.

 

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Arroche rouge

 

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Graines d'arroche